‹ Le journal de Quebec et le tombeau de ChamplainChapitre 6 sur 12 · CHAPELLE DE CHAMPLAIN · texte numérisé non relu

CHAPELLE DE CHAMPLAIN

A propos de la Chapelle de Champlain, que je fais surgir après la mort de ce regretté gouverneur, pour les raisons et autorités que j'ai citées en divers endroits de ma brochure du 20 décembre, MM. du Journal réclament comme suit :

« Si M. Drapeau n'a pas eu la gloire de participer à la découverte du tombeau de Champlain, il peut se vanter au moins d'en avoir fait une qui a son mérite aussi, c'est l'invention d'une Chapelle dont personne n'avait encore soupçonné l'existence ! Et ce qu'il y a de beau, ce qui prouve la puissance de son esprit, c'est qu'il y est arrivé uniquement par des suppositions. »

Comme le Journal aime à outrager la vérité ! Plus loin, le Journal ajoute :

« Il est seulement regrettable pour M. Drapeau, que les Relations n'en parlent pas, et le laissent ainsi dans la seule compagnie de ses hypothèses «mortuaires.»

C'est bien trouvé, cela ! Gomme si les Relations des Jésuites devaient renfermer tous les incidents et faits de ce temps !

Pourquoi les Relations ne constatent-elles que huit ans après la mort du sieur de Champlain le fait si important d'un «sépulcre particulier» érigé exprès pour honorer sa mémoire ? fait que nous eussions sans doute toujours ignoré, n'eussent été les dispositions généreuses de M. de Montmagny à récompenser, après la mort du P. Raymbault, les vertus sacerdotales du regretté défunt, en ordonnant

qu'il fût inhumé près du corps de M. de Ghamplain ! Et ce n'est qu'en cette circonstance que les Relations (celle de 1643) ont pu nous renseigner là-dessus. Sans cette mort de M. Raymbault, il est à croire que jamais nous eussions entendu parler de cette tombe, ni de sa découverte au XIXe siècle !

Pourquoi les Relations renseignent-elles si peu, en certains cas, sur la valeur et le mérite des services réels rendus par les Communautés Religieuses dans la colonie ? Ecoutez en quels termes la Mère Marie de l'Incarnation s'exprime au sujet de cette lacune : «Lorsqu'on envoie les exemplaires (les rapports manuscrits) d'ici, l'on en retranche en France beaucoup de choses » (1) On constate aussi que, lorsque M.

Cramoisy, libraire de Paris et imprimeur, recevait ces écrits des RR. PP. Jésuites, il en retranchait souvent les plus belles pages. (Voir Histoire des Ursulines, 1. 1, p. 145.)

Je vais faire voir, encore une fois, l'insigne mauvaise foi de mes antagonistes, lorsqu'ils m'accusent d'altérer avec intention l'acte de sépulture de M. Gand, pour en faire mon profit. Le Journal écrit :

« Il est si difficile aussi de comprendre un acte de sépulture sans V altérer ! Aussi M. Drapeau, par ce goût décidé et cette aptitude d'état qu'on lui connaît, a-t il cru devoir retrancher quatre ou cinq mots de cet acte, cité au complet par ceux qu'il appelle ses adversaires, et en mettre ia fin en italique, pour mieux l'interpréter ! » ( Les italiques appartiennent au Journal.)

Je ne crois mieux faire, pour punir le Journal, que de reproduire ici cet Acte, tel que je l'ai inséré dans ma brochure du 20 décembre, page 25, en regard avec le texte publié par MM. Laverdière et Casgrain, dans leur brochure du 6 décembre, page 6, afin que le public sache, une fois de plus, jusqu'où mes adversaires poussent la violence des attaques, pour anéantir et briser la position que j'occupe dans cette discussion. Vraiment, il faut avoir à soutenir une bien mau-

(1) Histoire du Monastère des Ursvlines, vol I, p. 144.

vaise cause pour se laisser ainsi entraîner à user de tels moyens. Voyons plutôt :

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