‹ Le journal des orchidéesChapitre 12 sur 192 · MARS IS9I · texte numérisé non relu

MARS IS9I

Mais les amateurs débutants qui en feraient l’expérience trouveront, au bout d’un temps plus ou moins long, leurs élèves totalement privées de racines par suite de ce manque d’air et d’une humidité trop persistante.

Il faut que la grandeur du pot soit exactement proportionnée à celle de la plante; il ne faut pas non plus qu’il soit trop petit. C’est l’excès dans lequel tombent parfois les cultivateurs anglais; ses inconvénients ne sont pas moindres que ceux dont nous parlions précédemment.

Lorsque le pot est trop petit, les racines se trouvent resserrées et n’ont plus d’espace pour se développer; par suite, la plante est moins vigoureuse; en outre, il en résulte que les racines, ne pouvant s’allonger à l’intérieur, repoussent la plante au dehors; les bulbes nouveaux se forment à une hauteur supérieure à celle des précédents; la plante forme des étages, et se trouve alors avoir une végétation en partie aérienne, avec un abondant chevelu de racines qui divergent dans tous les sens au lieu de pénétrer dans le compost; dans ces conditions, nous l’avons remarqué très fréquemment, la plupart des espèces réussissent moins bien. Enfin, quand on emploie un pot trop petit, les racines se fixent considérablement sur les parois, et lors du rempotage on est obligé de les détacher en les brisant ou en les endommageant beaucoup, ce qui fait soufirir la plante.

Il va sans dire que certaines genres ou certaines espèces font exception. Les Orchidées à végétation robuste peuvent sans inconvénient être empotées dans de grand pots, mais il est nécessaire alors de leur donner un drainage important et d’aérer le compost en mélangeant à la terre fibreuse et au sphagnum du sable à gros grains et des tessons de pots neufs.

Il convient donc de n’employer des pots n1 trop grands, ni trop petits; un peu d'habitude suffira pour discerner immédiatement la dimension nécessaire. Par exemple, un Odontoglossum Alexandrae de quatre à cinq bulbes devra avoir un pot de dix centimètres environ de diamètre. Voici un criterium assez commode en pratique : il faut que la projection horizontale des sommets des bulbes tombe sensiblement sur la circonférence du pot, de telle facon qu’en regardant le vase d’en haut, on voie presque toutes les pointes arriver contre le bord, sans qu'aucune le dépasse.

Lorsqu'il est devenu nécessaire de rempoter une Orchidée, il convient d'augmenter la largeur du pot de deux centimètres environ, c’est-à-dire juste l’espace suffisant pour interposer une mince couche de compost entre les racines, qui forment le contour de la motte, et les parois du pot nouveau.

Si la plante a été divisée, ou si l’on a retranché des bulbes desséchés, il ne faut pas craindre de faire usage d’un pot plus petit que le précédent.

Il convient également de ne placer la plante ni trop haut, ni trop bas dans son récipient. Les cultivateurs inexpérimentés pêchent généralement par ce dernier défaut, et perdent beaucoup de plantes par cette raison. Lorsque les Orchidées sont enfoncées trop profondément, elles sont très sujettes à perdre leurs racines, qui manquent d’air, et si les arrosages sont un peu trop abondants, la pourriture fait périr en peu de temps non seulement les racines, mais aussi les bulbes, dont le collet est soumis à la même funeste influence.

Quand au contraire la plante n’est pas empotée assez profondément, l’inconvénient est moins grand, mais il est encore sensible; les racines se répandent en dehors du pot, et la végétation est moins prospère; les racines se brisent plus facilement et il devient difficile de manipuler la plante.

La hauteur convenable pour la base des bulbes est de un centimètre environ au dessus des bords du pot; le compost forme alors une petite butte, avec une rigole seulement indiquée à l’entour; ceci est une précaution des plus utiles, car sans cela l’eau glisserait sur le compost sans y pénétrer dès qu'il serait devenu quelque peu sec, et les arrosages seraient inefficaces.

Serre tempérée. — La serre des Cattleya vient de reprendre son plus vif éclat, et les magnifiques variétés du C. Trianae y sont épanouies en foule. Éviter soigneusement à ces Orchidées en fleurs les rayons les plus chauds du soleil, dont l’ardeur est déjà à craindre dans certaines belles journées de mars ; les abris doivent être toujours prêts, et l’on aura parfois besoin de les mettre en place à partir de 11 heures jusqu’à 3 ou 4 heures de l’après-midi.

Arroser abondamment les plantes qui commencent à former leurs tiges florales, notamment le bel Odontoglossum citrosmum, dont les fleurs vont bientôt parfumer les serres. On peut le cultiver en pot ou en panier; la première méthode est peut être préférable, car cette espèce ne réclame pas beaucoup de soleil. Le Maltonia vexillaria, qui va fleurir bientôt également, à besoin au contraire d’être bien exposé ; la culture en panier ne lui conviendrait pas; maïs on peut suspendre près du vitrage, au moyen d’un cercle de fil de fer, LE plantes qui sont dans des pots de petite taille.

Serre chaude. — Arroser fréquemment les sentiers, ainsi que les tuyaux de chauffage, afin de créer une abondante humidité atmosphérique, en même temps que l’on augmente progressivement les arrosages directs des plantes.

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