PRIX EN GROS POUR LA GRANDE CULTURE
380 francs
| LE CEINAE
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CHRONIQUE ORCHIDÉENNE MENSUELLE
CATTLEYA REX. — Cette Reine des Orchidées vient d’être introduite pour la seconde fois par l'établissement L’'HORTICULTURE INTERNATIONALE dans les meilleures conditions, quoiqu’en nombre moins grand qu’on ne l'avait d’abord espéré, et après des difficultés inouïes. Deux cents plantes environ ont été expédiées par le collecteur, M. ELLNER, qui a consacré près de deux ans à la recherche de cette précieuse espèce, et a dû renoncer à la rechercher davantage (-). On sait que le Cattleya Rex a été découvert, il y a cinquante ans, par M. J. LINDEN et qu’il n'avait pu être introduit en Europe que l’année dernière en un très petit nombre d'exemplaires.
Une nouvelle et magnifique reproduction du Caitleya Rex a été faite, le mois dernier, par le peintre de grand talent qui avait déjà fait celle publiée dans la Lindenia, M. A. Goossens. Cette planche, exécutée d’après la plante qui a fleuri dans les serres de M. G. WAROCQUÉ, à Mariemont, est actuellement chromolithographiée pour être fournie aux amateurs comme un souvenir de la plus belle des Orchidées connues; elle formera un admirable tableau ayant o®59 de longueur sur o"47 de largeur, et qui, encadré, aura sa place marquée chez tous les orchidophiles.
Cette chromolithographie, soigneusement emballée dans un étui spécial, sera envoyée franco de port, à partir du 2 janvier prochain, à toutes les personnes qui en feront la demande à l'établissement de L’'HORTICULTURE INTERNATIONALE, contre la somme de 4 francs en timbres-poste ; soit le prix de revient.
CALANTHE HYBRIDES. — La principale attraction du dernier Meeting de, la Société Royale d'Horticulture de Londres, tenu le 8 décembre, consistait
(x) Il est probable qu’il se trouvera encore quelque Gascon d’Angleterre pour en promettre bientôt de ii grandes quantités aux amateurs. Mais ce sont des promesses dont on ne verra jamais la réalisation, et nous doutons qu’on en découvre encore de nouveaux exemplaires. Nos lecteurs feront bien de se méfier des plantes qui pourraient être offertes sous ce nom.
en un groupe remarquable d’Orchidées exposées par le président de cette Société, Sir TREVOR LAWRENCE, Ce groupe se partageait en deux divisions, l’une de belles plantes comprenant beaucoup de formes distinctes de Cypripedium Leeanum, l'autre, beaucoup plus importante, formée uniquement d’une série de Calanthe hybrides obtenus dans les serres de Sir TREVOR LAWRENCE, à Burford Lodge. On remarquait spécialement; un grand nombre de pieds du superbe C. X Vesichi splendens et du délicat C. X rosea, d’un blanc bleuâtre, le C. X Burfordiensis, d’un coloris cramoisi foncé éclatant, un lot du C. X bella, forme sombre ayant la base du labelle blanche avec un œil cramoisi foncé, le C. X porphyren, le C. X versicolor, à fieurs aussi grandes que celles du C. vestita gigantea et blanches avec le centre nuancé de jaune et de cramoisi, et enfin quelques nouveaux hybrides intéressants issus du C. labrosa.
Le Comité de la Société Royale d’'Horticulture a décerné à Sir TREVOR LAWRENCE la plus haute médaille (Silver floral Medal) pour cet apport, en même temps que deux certificats de mérite distincts pour le Calanthe X versicolor et pour le Cypripedium Lecanum var. giganteum.
LE CONCOURS DE CHAUFFAGES que nous avons proposé dans notre numéro précédent est soumis actuellement à l’examen de la commission spéciale chargée de l’élaboration du programme de l'exposition quinquennale de 1893, organisée par la Société Royale d'Agriculture et de Botanique de Gand. C’est ce qui résulte d’une lettre que nous avons reçue de M. le Comte DE KERCHOVE, président de cette société, qui veut bien nous faire connaître « qu’à première vue, il croit qu’un pareil concours serait fort intéressant, s’il « est possible d'arrêter les conditions de telle manière que le résultat obtenu « soit incontestable et mathématiquement exact. »
Nous ne doutons pas que la commission de l’exposition, qui a déjà prouvé maintes fois sa compétence, ne trouve le moyen de satisfaire pour le mieux à ces conditions évidemment indispensables. Le projet est donc actuellement en bonnes mains, et c’est avec une pleine confiance dans le succès de sa mise en pratique que nous adressons à M. le Comte O. DE KERCHOVE DE DENTERGHEM tous nos remerciements pour l’accueil qu’il a bien voulu lui faire.
UN DÉBALLAGE MONSTRE de plusieurs milliers de Cattleya Warocqueana vient d’être opéré à l'établissement L’HORTICULTURE INTERNATIONALE. Les
importateurs bruxellois, qui, s’il eût fallu ajouter foi aux racontars intéressés, ne devaient plus introduire d'exemplaires de cette précieuse espèce, en possèdent de nouveau actuellement un stock assez important pour pouvoir réaliser le projet qu'ils caressaient, et faire du C. Warocqueana l'Orchidée par excellence pour la fleur coupée.
NOTRE PLÉBISCITE sur la fleur coupée nous a encore attiré de nombreuses lettres de correspondants exprimant différentes opinions, remarques, etc. Il nous est impossible ici, soit de répondre à toutes ces communications, soit même de les mentionner. Nous relèverons seulement les suivantes :
1° Deux de nos abonnés nous disent qu'ils n’ont pas encore pu juger le Cochlioda Nôützhana, et qu’ils ne pouvaient, par suite, le faire figurer dans leur HSeess
Nous répondrons que cette Orchidée a été appréciée par d’autres cultivateurs très compétents, qui lui ont donné leur voix, qu’elle a fourni depuis deux ans, notamment à L/HORTICULTURE INTERNATIONALE, les preuves d’une grande floribondité et d’une rusticité égale à celle des meilleurs Odontoglossum, et que sur le mérite et la beauté de ses fleurs 1l n’y a eu qu’une seule voix. Si nous avions dû ajouter un commentaire au dépouillement du plébiscite, ç’aurait été pour dire qu’à notre avis il devra prendre dans l’avenir un rang meilleur encore sur la liste des Orchidées convenant pour la grande culture.
2° M. CROUSSE, de Nancy, nous écrit « qu’il est surpris de ne pas voir le Laelia purpurata cité plus souvent, de même que le Zygopetalum Mackayi, Si florifères tous deux ».
Nous sommes absolument d’accord avec M. CroussE sur la beauté de ces Orchidées, et surtout du Laelia purpurata, qu’on a pu appeler avec raison l’un des rois de la famille Orchidéenne. Mais nous nous expliquons un peu qu'il ait été laissé en dehors de beaucoup de listes, parce qu'il a le défaut d’être très encombrant. Puisqu'il était entendu qu'il s'agissait de juger les Orchidées au point de vue de la grande culture pratique, et qu’il fallait tenir compte de l’économie, les espèces de taille petite ou moyenne avaient forcément un avantage sur lui; une serre où l’on cultiverait aisément 5,000 Odontoglossum Alexandrae ne pourrait pas contenir 1000 Laelia purpurata ; il en est un peu de même du Zygopetalum Mackayi, qui a un coloris un peu sombre sur les segments, et n’est pas assez florifère pour convenir à la grande culture.
(#5) Ce] [e]
LE CATTLEYA WAROCQUEANA continue à faire beaucoup de bruit dans les publications horticoles, ce qui n’est pas surprenant, la réintroduction du fameux Cattleya labiata vera étant un des plus grands événements de l’histoire des Orchidées depuis nombre d'années. Un journal spécial français, qui en parlait le mois dernier, exprimait quelque hésitation à traiter des « questions de boutique. » Nous nous permettons de croire, et d'espérer, que toute polémique est close aujourd’hui sur ce sujet, faute de combattants, puisque la presse horticole et les principaux amateurs ont reconnu unanimement le bien fondé de la thèse que nous soutenions. Que les catalogues des ventes publiques d’un horticulteur anglais fassent une histoire ridicule de la découverte du Caïtleya labiata dans laquelle cet horticulteur continue à se représenter comme le réintroducteur de cette Orchidée, cela ne surprendra personne, et ce n’est pas dans les catalogues que s'écrit l’histoire. De telles affirmations attestent une confiance un peu trop naïve dans la crédulité du public; il ne reste plus, peut-être, qu’un journal qui fasse des restrictions, c’est celui dirigé par l’horticulteur qui est chargé de vendre en France les plantes importées en Angleterre.
Cet horticulteur, très boufiquier ici en somme, dit n’avoir pas vu une seule plante de Catileya Warocqueana supérieure, ni même égale, au Cattleya labiata de Rougier. » L’explication de ce fait est aisée : quand il est venu voir les C. Warocqueana à Bruxelles, il faisait complètement noir à l'heure où il les a examinés. Les personnes qui assistaient à la grande exposition de nos deux cents plantes en fleurs, en octobre, à Bruxelles et à Londres, ou au 31° meeting de L’ORCHIDÉENNE où figurait le lot merveilleux de M. WAROCQUÉ, ont jugé le C. Warocqueana, dans ses belles formes, bien supérieur aux anciens labiata. C'est également l’opinion qu’ont exprimée la plupart des journaux spéciaux, notamment le Northern Gardener, de Manchester, et le Garden and Forest, où M. W. WarsoN, de Kew, écrivait récemment ce qui suit :
« Parmi ces 200 plantes, beaucoup auraient pu être confondues avec le « labiata type précédemment représenté en Angleterre par une douzaine « d'exemplaires au plus, tous supposés provenir de la plante originale décrite « par LAINDLEY. Parmi les plantes de M. LINDEN, il s’en trouvait également « qui, tout en possédant tous les caractères de cette espèce, lui étaient « encore supérieures comme grandeur de fleurs et comme coloris foncé. »
Nous pourrions d’ailleurs trouver l'expression de la même opinion dans le journal de notre confrère lui-même, à qui nous rendons bien volontiers cette justice que sa polémique n’est jamais acerbe et reste toujours de bonne