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L'INTOXICATION DES SERRES

Le Fournal des Orchidées a déjà recommandé à plusieurs reprises à ses lecteurs l’emploi des côtes de tabac disposées sur les tuyaux de chauffage, et qui, arrosées d’eau plusieurs fois par jour, émettent une vapeur chargée de

nicotine qui détruit ou tout au moins fait fuir les insectes, fourmis, blattes, cloportes etc., sans distinction.

Plusieurs de nos abonnés nous ayant exprimé la difficulté qu'ils éprouvaient à mettre ces conseils en pratique, par suite de la cherté des côtes de tabac soit en France, soit en Angleterre, nous avons entrepris des recherches afin de substituer à cette matière, très commune en Belgique, mais moins répandue dans d’autres pays, un autre produit facile à obtenir à bas prix.

Après quelques essais, nous avons obtenu d’excellents résultats du procédé suivant, que nous soumettons à ceux de nos lecteurs qui voudront l’expérimenter.

Au lieu de couvrir les tuyaux des côtes de tabac il suffirait d'employer un corps quelconque, pourvu qu'il fût poreux et capable de s’imbiber, et de l’arroser de nicotine diluée ; on obtiendrait ainsi une évaporation abondante de nicotine, c’est-à-dire que les effets seraient les mêmes qu'avec le tabac.

Reste à choisir le corps poreux, l'éponge que l’on devra employer. Il ne faut pas qu’elle se dessèche trop promptement, afin qu’on n'ait pas à la renouveler souvent. Ce résultat est parfaitement obtenu avec des côtes de feuilles de betterave, qui présentent à peu près la même structure et la même consistance que les côtes de tabac.

Cette matière étant d’ailleurs facile à se procurer et d’un prix très modique, nous ne doutons pas qu’elle ne puisse être substituée avec avantage aux côtes de tabac, dans les régions où celle-ci sont difñciles à trouver. Leur préparation sera des plus simples ; il suffit de les faire macérer et bouillir une heure ou plus dans une solution assez concentrée de nicotine; elles pourront ensuite servir assez longtemps, puis être injectées de nouveau une ou même plusieurs fois.

Quelques autres débris végétaux pourraient également être employés avec succès, notamment de la mousse ordinaire; le procédé d’intoxication de l’air des serres s’accommode facilement à toutes les circonstances, et est bien préférable aux fumigations, dont nous avons déjà mentionné les inconvénients.

Juzes VAN Mo.

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