‹ Le journal philosophique de BerkeleyChapitre 51 sur 55 · Nous avons l'algèbre des intelligences pures · texte numérisé non relu

Nous avons l'algèbre des intelligences pures

(p. 500) — 879. Je peux prouver les propositions de Newton avec plus de précision, de facilité, que lui même, en m'appuyant sur des principes plus vrais que les siens. (*)

880. Barrow avoue la décadence de la géométrie. Je veux pourtant m'ed'orcer de la sauver, dans la mesure où elle est utile, réelle, imaginable ou intelligible. Quant aux riens, je les laisserai à leurs admirateurs.

881. Je veux enseigner au premier venu tout le cours de mathématiques dans l/,oooo ^^ temps qu'un autre y mettra, (p. 91)

882. Beaucoup de matière à raillerie tirée des préfaces des mathématiciens.

883. Newton dit que la couleur se trouve dans la matière subtile. D'où il résulte que Malebranche ne prouve rien, ou se trompe, en affirmant qu'il n'y a que figure et mouvement.

884. Je peux faire la quadrature du cercle ; ils ne le peuvent pas : quel est celui qui s'appuie sur les meilleurs principes ?

(1) Avec la plus grande précision, une perfection complète. Leurs solutions des problèmes (eux-mêmes doivent le reconnaître,) sont inflnim?nt éloignées de cette perfection. (Note marginale de Berkeley.)

885. Les de Billy [^) emploient une ligne finie visible pour représenter 7"\

886. L'apparition de Marcile Ficin, au moment de sa mort expliquée par mon idée de temps.

887. Les philosophes perdent leur matière abstraite ou non perçue. Les maLhcmaliciens perdent leurs sensalions insensibles. Les profanes perdent leur Divinité étendue. Oue perdent les autres hommes ? dites^le moi. Quant aux corps, nous les conservons toujours.

888. N. B. Les physiciens et les mathématiciens futurs réalisent un gain considérable. (-)

889. Il y a des gens ([ui prétendent qu'il y a des sensations échappant aux sens ; d'autres affirment que le mur n'est pas blanc, que le feu n'est pas chaud,. . . elc. TS'ous autres, Irlandais, ne pouvons arriver à ces vérités.

890. Les mathématiciens croient qu'il y a des lignes non perçues ; ils dissertent sur ces lignes Elles se coupent en un point, à tous les angles; elles sont divisibles à l'inOni. Nous autres, Irlandais, ne pouvons concevoir de telles lignes.

(p. 501). — .891. Les mathématiciens parlent de ce qu'ils appellent un point. Ce point, disent-ils, n'est paj5 considéré absolument comme rien, et ce n'est pas non plus véritablement quelque chose. Or, nous. Irlandais, sommes portés à croire que ce quelque chose et ce rien sont proches parents l'un de l'autre.

892. Engagements envers P. (') à cause du Traité qui s'est développé sous son regard; à cause également de l'approbation qu'il a donnée à ma thèse. Honorable de la part de P. de protéger des vérités utiles, quoique récemment découvertes, (p. 92).

893. Comment pourrais-je me risquer à publier mes pensées dans le monde, avant de connaître qu'elles seraient utiles au monde? Et comment pourrais-je savoir (qu'elles sont utiles), avant d'éprouver jusqu'à quel point elles s'accordent avec les idées d'autrui ?

894. .le ne publie pas cette étude en vue de savoir autre chose que si d'autres ont les mômes idées que nous, Irlandais : voilà mon but, plutôt que de faire connaître mes idées particulières.

fl) Jean de Billy et René de Billy, mathémalicîens français : le premier est l'auteur de la iVora /7eome/rKt' C lav is et d'autres ouvrages de mathématiques. (Note de Fraser.)

(2) Natural 2^hilosopher s (éd. 1900). Variante.

(3) Lord Pembroke (?) auquel les Principes ont été dédiés et auquel Locke a dédié son Essai, (N. de Fras«r>.

895. Les nihilistes et les, matérialistes n'ont pas besoin de former un parti. (')

896. Mes spéculations produisent le même effet que les visites en pays étranger : je retourne à la fin où j'étais avant, mais le cœur à Taise et jouissant de la vie avec une satisfaction nouvelle.

897. Quand nous parcourons toutes les sciences, quoiqu'elles soient fausses, pour la plupart, nous -y gagnons néanmoins plus de pénétration.

(p. 502). — 898. Celui qui veut amener une autre personne à partager son opinion, doit d'abord feindre d'etre d'accord avec elle, et lui plaire, en adoptant sa manière de parler.

899. Dès mon enfance, j'avais en ce sens un inexplicable tour d'esprit.

900. On ne prouve pas qu'un nain est plus fort qu'un géant, parce qu'il peut rejeter loin de lui la taupinière qui l'oppresse, tandis que l'autre se débat sous le poids d'une montagne.

901. Toute l'œuvre tournée vers la pratique et la morale, comme cela ressort, premièrement, de cequ-e je rends manifeste le voisinage et l'omniprésence de Dieu, deuxièmement, de ce que je retranche le travail scientih'que inutile, et ainsi de suite.

(1) Ed. 1871. Pensée omise dans Tédition do 1900.

Le Doye?î^ Le 'Président de Li thèse,

DUMAS. H. DUMÉl^IL.

Vu ET PERMIS d'imprimer :

Toulouse, le 15 Juin 1907,

Le Recteur, ^Président du Conseil de VUniversitè,

Cl. PERROUD.

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