Pape sous le nom de Félix V
5. Il accourut de Bàle à Thonon. La guerre du Milanais, à la suite de laquelle Compeys resta prisonnier jusqu'en septembre 1449, contribua à cet apaisement (Costa).
6. Ceci se passait en 1451, après l'entrevue du duc et du Dauphin, au pont de Beauvoisin. — Guichenon, Histoire généalogique de la maison de
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du duc de Bourgogne étant restée sans effet, les bannis s'adressèrent au Roi', alors très irrité contre la cour de Savoie, à cause du récent mariage du Dauphin et de l'appui prêté à ce dernier 2. Giiarles écrivit au duc, pour intercéder en faveur des bannis ; mais celui-ci refusa de faire aucune concession à des sujets qu'il qualifiait de rebelles.
Sur cette nouvelle, le Roi partit, avec ses troupes, des environs de Bourges (août 4452)', se dirigeant vers l'est et bien résolu à remettre aussi l'ordre dans cette région de ses États. Il arriva ainsi jusqu'en Forez, avec l'intention de pénétrer en Savoie-, mais bientôt il changea d'idée et s'arrêta près de Feurs, au château de Cleppié*.
En effet, le cardinal Guillaume d'Estouteville, légat du pape en France^, alors en route pour rentrer à Rome^, venait dac-
Savoie, I, 514 et s. — IJisl. de Bresse et de Bugey, par le même. Lyon, 1650, I, 78, et Preuves, p. 27 et s.
1. La plupart d'entre eux étaient aussi ses sujets ou vassaux.
2. Le Dauphin, fiancé, contre le gré de son père, à Charlotte de Savoie, (ille du duc, l'avait épousée à Chambéry (9 mars liôl), malgré la présence du héraut Normandie, chargé de protester au nom de Charles VII (v., dans Vallet de Vir., III, 224, et Duclos, III, le récit de Normandie au Conseil, Bueil présent). En outre, le Roi, mécontent de l'administration de son lils (Basin, liv. V, ch. u), avait dû l'aire garder la ville de Lyon contre les tentatives dirigées, par ce dernier, sur les privilèges de cette église et de celles du Dauphiné. Enfin, Charles était désireux de régler avec le duc, complice du Dauphin, la question de I hommage du marquisat de Saluces, déjà pendante en 1378 entre le Dauphiné et la Savoie. — Legrand, ms. fr. 0966. p. 989 et 1095. — V. plus haut (p. cxxxiv, note 2) d'autres dilVérends avec la Savoie.
3. Chartier, ch. 257. Le 7 septembre, d'après Vallet de Vir. — V. aussi Bcrry, p. 467. — Abrégé de l'hisl. chronol., p. 351. — Invent, du Trésor des chartes de Dupuy, ms. fr. 4443, fol. 511. — Ms. Dupuy, vol. 441, p. 73. — Guichenon, flist. généal. de la maison de Savoie, I, 515. — Costa, Fani. hist. de Savoie, p. 43 et 58.
4. Loire, arr. de Monlbrisou, un peu en aval de Feurs, sur la rive gauche.
5. Cet habile négociateur avait élé accrédité en 1451 (27 sept.) auprès du Roi qui l'avait d abord fort mal reçu. — Vallet de Vir., III, 218 et s. — Ce|icndant, d'accord avec le Dau])hin, Charles venait de prendre le cardinal pour arbitre, dans certaines (pieslions ecclésiastiques. — V., Escouchy, 1, 429 et s., les ambassades échangées, entre le père et le fils, avant Cleppié.
6. On remarque dans celte ville, non loin du palais de Farnèse, un petit hAtel gothique, du xv° siècle, de style français, qui ofTre un cou-
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courir pour s'entremettre dans une question qui intéressait aussi Nicolas V. Il obtint du Roi la permission de voir le duc. Du côté de Charles VII, Bueil et Jacques de Chabannes ^ , qui dominaient dans le conseil avec Villequier^, menaient ces négociations conjointement avec le cardinal. Ces hauts personnages employaient aussi fréquemment un certain Jacques d'Amancy, qui faisait, pour leur compte, de nombreux voyages en Savoie^.
Au mois d'octobre, les négociations étaient en bonne voie. Le cardinal et Amancy, porteurs d'une lettre royale, se rendirent alors à Genève, à la cour du duc, avec mission d'obtenir de ce dernier une entrevue et de l'amener auprès de Charles VIL Mais un incident faillit tout compromettre.
La belle duchesse Anne de Lusignan , femme aussi séduisante que dénuée de conduite et de jugement, avait récemment réussi à faire rentrer en grâce, auprès de son faible époux, Jacques de Valpergue, seigneur des plus compromis dans le parti cypriote''. Les bannis, qui espéraient tout d'un arrangement avec la France, virent, avec effroi, ce personnage revenir au pouvoir. Ce fut en vain qu^Amancy prit sur lui d'avertir le
traste complet avec tout ce qui l'entoure. Quicherat pensait que cette construction devait être attribuée à quelque prélat français, en résidence à Rome, et suivant toute apparence au cardinal d'Estouteville.
1. Jacques de Chabannes, devenu récemment sire de Curton, frère aîné de Dammartin, sénéchal de Bourbonnais et, pour lors, grand maître de la maison du Roi. Il mourut l'année suivante. — V. ch. suiv.
2. Villequier était alors absent. En effet, son nom ne figure pas au bas du traité de Cleppié.
3. V., P. Just. (12 janv. 1454), la déposition faite, par ce personnage, dans une enquête postérieure, et, aux 20 et 22 janvier, celles de Jacques de Beuil et Jean Valeran, pièces communiquées par M. Lecestre. On trouvera encore, à la même année, la déposition de Jean de Bueil (pièce indiquée par M. de Beaucourt) et d'autres dépositions relatives à la même affaire, que M. Lecestre a bien voulu relever pour nous sur le manuscrit. Ces pièces paraissent être des expéditions sur papier d'une minute originale. Seule, la déposition de Valpergue porte une signature de notaire. Ecrits sur des feuilles séparées et reliés, à une date récente, avec d'autres dossiers relatifs à la Savoie, ces documents composent le ms. fr. 18983 de la Bibl. nat.
4. Les Valpergue étaient fort nombreux. Louis, frère de Jacques, et son cousin Georges jouaient alors un rôle dans le duché. Théodore, ou Théaulde, bailli de Lyon, puis lieutenant à Bordeaux, servait la France.
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duc et la duchesse de la mauvaise impression produite par ces faits. Valpergue, qui avait eu connaissance des propos tenus sur son compte, n'en fut pas moins désigné, ainsi que son frère Louis, pour accompagner le duc en France. On ne le consulta pas, il est vrai, dans les premiers pourparlers ^ Mais, une fois Louis arrivé à Cleppié, cette exclusion ne put être maintenue, et, si Ton en croit Amancy, les deux frères firent de leur mieux pour faire échouer l'accord projeté. Toutefois, les choses étaient alors assez avancées, et le duc suffisamment désireux d'un arrangement , pour qu'il ne pût dépendre des Valpergue de brouiller les cartes 2.
Un fait qui montre bien les dispositions pacifiques de la Savoie est l'accusation portée contre Bueil, Chabanncs et Villequier de s'être, à ce moment, laissé corrompre par le duc, ou, plutôt, de lui avoir extorqué la promesse de grosses sommes d'argent^. Cette accusation se fil jour dans une enquête judiciaire ouverte, par ordre de Charles VII, au commencement de ■J454, enquête motivée, soit par les plaintes incessantes du duc contre tout ce qui s'était fait à Cleppié ^ soit par d'autres événements, sur lesquels nous reviendrons plus loin. Sur ces entrefaites, Chabannes était mort^ et Villequier, qui ne devait pas tarder à