Ibid
3. Dép. de Jean de Bueil. — A ce moment, le prévôt de Montjou lit observer à Bueil, en manière d'aparté, que les grands seigneurs promettaient volontiers, quitte à ne pas tenir et à laisser leurs garants dans l'embarras. Toutefois Bueil le rassura sur les conséquences que pouvait avoir une garantie donnée dans de pareilles conditions.
4. Dép. de Valeran et de Valpergue. P. Juat. — Ceci est en complète contradiction avec les dépositions d'Olivier Barbier et de Jean de Bueil, desijuelles il résulte, sans aucun doute, que l'obligation destinée à ce dernier et les deux obligations de Chabannes ne furent écrites qu'au retour du duc ;\ Lyon et portées de là à Moulins, où se trouvait Chabannes (janv.juin 1453). En outre, celles des obligations ([ui avaient été rédigées avant le traité furent remises, ;\ Clcppié même, aux intéressés par Bueil (V. même chap., un peu plus bas). — Bueil et Villequier reçurent chacun
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dant, il faisait expressément la réserve que, s'il n'était pas content des résultats de l'entrevue, les obligations seraient annulées de plein droit.
Durant le voyage, le duc se montra très aimable, devenant toujours plus prodigue de promesses, à mesure que Ton se rapprochait de Gleppié. Bueil, tout en témoignant sa reconnaissance, crut, cependant, devoir refuser les pensions que le duc lui offrait, en disant que celles du Roi étaient suffisantes ' ; quant au reste, il n'éprouvait, semble-t-il, aucun scrupule à l'accepter.
Arrivé à Gleppié, le -iS octobre, Louis fut bientôt d'accord avec le Roi. Le 27 octobre, les deux souverains échangeaient des engagements réciproques 2. Celui du Roi, en forme de lettres patentes accordées à la prière du duc, offrait à ce dernier amitié et alliance perpétuelle, avec promesse de le défendre contre tous, excepté contre le pape, Tempereur et les rois d'Angleterre et d'Ecosse 3, L'engagement de Louis, qui se référait aux promesses contenues dans les lettres royales, n'était point rédigé comme celles-ci , mais sous forme de simple cédule. Le duc promettait aussi alliance et confédération perpétuelle à Charles VII, réservant, toutefois, sa fidélité au pape et à l'empereur. Il devait, en outre, mettre à la solde et à la disposition de la France, à première réquisition et dans le délai de deux mois, un corps de quatre cents lances, avec des gens de trait. Cette pièce, signée et scellée, devait être garantie, dans le délai de deux mois, par le serment de deux cents nobles savoyards, choisis par le Roi^.
10,000 écus. Chabaimes, bien ffue jadis ennemi déclaré d'Amédée VIII, reçut 12,000 écus, dont une partie était destinée à lui racheter certains droits. — Costa, Souvenirs du règne d'Amédée VIII, p. 103, note. — P. Just. Dép. de Jean de Bueil et d'Olivier Barbier.
1. En eflet, il donnait quittance, en date du 13 sept. 1452 (orig. signé), pour neuf mois de pension, se montant à 2250 1. t. — Ms. fr. 26081, n" 6486.
2. D'après le ras. Dupuy, n" 441 (p. 73), le duc aurait promis alliance dès le 24 oct.
3. Le cas de la ville de Fribourg était aussi réservé. — On verra, un peu plus loin, qu'au moment où le Roi stipulait ainsi en faveur de l'Angleterre, celle-ci recommençait brusquement les hostilités.
4. Le duc ne procéda à cette formalité qu'en 1456 (Lettres, datées de
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En dehors de ces obligations, qui constituaient, à proprement parler, le traité, les deux parties prenaient un certain nombre d'engagements spéciaux. C'est ainsi que, le même jour, le duc promettait, par cédule remise au Roi, de rendre, dans les trois mois, les biens des bannis, en annulant la sentence de condamnation *. Il était accordé à la Savoie un dornier délai de six mois pour faire ses preuves, en ce qui concernait l'hommage du marquis de Saluées. Ce délai expiré, l'arrêt du Parlement, qui adjugeait Thommage au Dauphin, devait être exécuté.
Il fut, en outre, convenu que le mariage projeté, depuis 1436, entre le fils du duc de Savoie, Amédée, prince de Piémont, et la fille du Roi, Yolande, s'accomplirait peu après 2. Enfin, le Roi remboursait au duc une somme de soixante-trois mille ducats d'or, prêtée jadis par Amédée VHP. Bien que le traité assurât quelques avantages au Dauphin, cette issue pacifique du différend excila au plus haut degré sa colère, contre son beau-père dont il devait peu après chercher à se venger ''.
Bourg, 13 mai). — Nous trouvons les deux engagements cités, datés du 27 oct. : 1° dans le ms. de la Bibl. nat. a° 590'J (fol. 227 v° et 228), qui est un recueil de copies du temps sur papier; 2° dans les Copies de Legrand (ms. fr. 6966, fol. 362 et 364). Ce dernier travail a été évidemment fait d'après le texte du ms. 5909. Dans l'un comme dans l'autre, le texte de l'engagement du duc parait être incomplet. L'engagement du Roi est signé par le Roi, en son conseil. Présents : le cardinal d'Estouteville, le comte de Vendôme, l'évéque de Langrcs, l Amiral (Bueil), le grand maître d'hôtel (Jacques de Chabannes), le maître des arbalétriers, les sires de la Forest, de Montsoreau, m" Girard Le Bourcier, Jean Bureau, Etienne Chevalier, Pierre d'Oriole, et certifié par J. de la Loère. — V. aussi Guichenon, flist. de la Bresse et du Bugeij (1650), I, p. 80, cl Hist. généal. de la maison de Savoie, I, 514 et s., par le même.
1. Cette cédule est reproduite par Guichenon {Hist. de Bresse, Preuves, p. 28) dans un acte notarié, du 6 aoiit 1454, émanant du Roi, qui conlient tout l'historique des négociations subséquentes.
2. Le mariage eut lieu en 1452. Amédée fut depuis duc sous le nom d'Amédée IX. — Un douaire de 10,000 écus était assigné à Yolande. — Legrand, ms. fr. 6966, fol. 361.
3. Pour la quittance du duc, datée du 31 oct., voyez Arch. nat., J 475, n" 96, et Invent, des layettes du Trésor des chartes, de Dupuv. Bibl. nat., ms Ir. 4443, fol. 511.
4. Le duc ne remplissant pas ses engagements concernant Saluées, le Dauphin lui déclara la guerre, avec l'aide de Sforza, et envahit la Bresse (13 mars 1454). Le Roi, le duc de Bourgogne et les Bernois réussirent à
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Durant son séjour à Gleppié, le duc de Savoie continuait à se dire très content du Roi et de son entourage. Un jour, il envoya quérir Bueil et lui remit un certain nombre de cédules souscrites en faveur de plusieurs des conseillers. L'amiral s'empressa de les montrer à Charles VII, qui, après les avoir examinées, lui ordonna de les distribuer, conformément aux indications du duc ' . A son départ, Louis témoignait encore sa satisfaction des résultats de l'entrevue et promettait à Bueil de lui prouver, d'une façon palpable, sa reconnaissance.
Toutefois, après avoir pourvu ainsi au plus pressé et écarté de ses États une guerre imminente, le duc ne se hâta point de mettre à exécution ses promesses. Bientôt même, changeant assez brusquement de ton et de langage, Louis et sa cour commencèrent à se plaindre ouvertement, affirmant qu'en signant le traité, la Savoie n'avait cédé qu'à la force brutale. Ils ajoutaient aussi qu'à leur passage à Lyon, ils avaient été rançonnés par Bueil et Ghabannes. Tendant impudemment la main au duc, ces deux personnages auraient signifié à ce dernier que, sans argent, il ne devait point songer à continuer son voyage vers le Roi. Ces accusations ayant été formulées, dans l'été de 4453, par Louis à JeanTudert^, envoyé du Roi, chargé d'insister sur l'exécution du traité de Cleppié, celui-ci ne jugea pas à propos de relever ce qui concernait les conseillers de son maître ; mais, peu après, entendant répéter ces propos par des familiers de la cour de Savoie, il perdit patience et répondit, assez vertement, « qu'il « congnoissoit bien ceux à qui l'argent estoit deu, et qu'ilz « n'estoient pas renommez ne tels qu'ilz voulsissent rançonner a monseigneur de Savoye, et que monseigneur de Savoye n'avoit
apaiser la querelle (accord du 14 sept. 1454), l'hommage devant rester en suspens pendant sept ans. — Legrand, ms. fr. 6966, p. 989 et s., 1025 et 1095; ms. G967, p. 71. — Escouchy, II, 265. — Guichenon, Bist. de la maison de Savoie, I, 516. — Vallet de Vir., II, 376, et III, 227 et s.
1. Nous avons vu plus haut que Bueil et Ghabannes n'étaient pas compris dans cette première distribution. — V. P. Just. Dép. de J. de Bueil et Bép. d'Olivier Barbier.
2. V. sa Dép. P. Just. — Ceci se passait à Genève vers juillet.
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tt pas passé ses choses sans conseil, et que, s'il avoil aucune a chose promis, il failloit qu'il' fust payé. »
Cependant, sous la pression des événements, le duc de Savoie finit par remplir ses obligations à l'égard des bannis 2. En même temps, son gouvernement, et en particulier son nouveau chancelier Jacques de Valpergue, décrivait, vers la France, une évolution très marquée. En ce qui concerne Bueil et Ghabannes, ils recevaient bien, dans les premiers mois de -1453, livraison de la cédule elle-même^; mais ils n'étaient pas encore payés à la fin de Tannée W6A^'.
Après les deux versions très différentes de cet incident, données par Bueil et par le duc de Savoie, il serait intéressant de connaître celle du cardinal d'Estouleville, témoin plus impartial et mieux placé que tout autre, pour faire la part de la vérité. Sur les plaintes répétées du duc, qui refusait à Bueil et aux héritiers de Chabannes et de Villequier l'entier paiement des sommes réclamées par ces derniers, le Roi se décida, à la fin de ^454^, à faire interroger aussi le cardinal. Malheureusement pour nous, ce dernier, en véritable diplomate, se renferma dans