‹ Le Jouvencel (volume 2)Chapitre 130 sur 321 · Chartier. — Escouchy. — Tringant · texte numérisé non relu

Chartier. — Escouchy. — Tringant

G. D'après une lettre dAngouIéme (v. plus bas), Talbot avait avec lui 7,000 hommes; 8 à 10,000, d'après Escouchy : d'après Chartier, 1,000 cavaliers et 4 à 5,000 hommes de pied. D'après Basin, ces troupes, en partie conqmsécs do Bordelais, se montaient à 10,000 hommes. Enhn, d'ajirès le Joavencel (2° partie, ch. xvii), les Anglais étaient beaucoup plus nombreux que les Français.

7. V. Chartier et Basin. — Cette date est confirmée dans une lettre écrite par un hahilanl d'Angouh'^me, le 19 juillet. D'après ce document, le Roi apprit la nouvelle île la halaille à la Hocheloucaulil, où il lit cliaiiter un Te Deutii. Uuc heure ajirès, ou en avait connaissance à Angouléme. L auteur de la lettre allirme avoir vu un témoin oculaire et des lettres de Gui

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jou eL de Berry. Les hommes de Rouhault et de la Vaissière furent culbutés et se retirèrent en désordre vers le camp, tandis que Rouhault, qui leur avait promis de mourir avec eux, soutenait héroïquement la retraite ^

Pendant ce temps, les chevaliers français, s'enfermant dans le camp retranché, avaient envoyé en arrière, sous l'escorte de leurs valets, leurs chevaux, devenus inutiles. Gomme le temps était chaud et sec, il s'éleva bientôt, sur le passage de cette colonne, un immense nuage de poussière. Trompés par ce phénomène et par de faux rapports, les Anglais crurent à une panique de leurs adversaires ^ et s'avancèrent en toute hâte avec leur seule cavalerie, laissant les gens de pied en arrière.

Ils marchaient donc en très belle ordonnance, au bruit des trompettes et des clairons, en criant à haute voix : a Talbot! Talbot ! Saint-Georges ! » lorsqu'ils vinrent tout à coup se heurter aux retranchements français, hérissés d'artillerie et remplis de troupes immobiles et intactes 3. Le brave Talbot eut alors un instant d'indécision. Mais, se souvenant des promesses de victoire par lui faites aux Bordelais, il se crut engagé d'honneur à ne pas reculer. Son porte-étendard, Thomas Evringham, lui ayant conseillé d'attendre son infanterie et son artillerie, pour s'emparer ensuite des ouvrages par la force ou par la famine,

de la Roche, sénéchal d'Angoulême. — Bibl. de l'Ecole des chartes, 2' série, vol. III, p. 245 et s. — Escouchy fait donc, à tort, usage de la date du 22 juillet et la Cfiron. Mart. de celle du 13.

1. Chartier. — Escouchy. — Basin dit, à propos des francs archers, « sine castris et disciplina evagantes. » — D'après la Lettre d'Angoulême et la Chron. Mart., Rouhault et Jacques de Chabannes auraient été au-devant des Anglais, avec 100 ou 200 lances, l'espace d'une demi-lieue. Jacques de Chabannes, en faisant rentrer ses gens dans le camp, fut pris, puis délivré.

2. Basin. — Chron. Mart. — A cette nouvelle, Talbot, alors en train d'entendre la messe, quitta brusquement son chapelain. — Escouchy.

3. A propos de cette bataille, l'auteur du Jouvencel {2" part., ch. xvii) parle encore du danger qu'il y a, pour une armée, à se porter en avant, en présence de son adversaire. Or, ce danger n'existait pas, en réalité, pour les Anglais, qui avaient laissé en arriére leur infanterie. 11 eût donc été plus juste de leur reprocher d'avoir attaqué, avec leur seule cavalerie, des retranchements bien défendus.

ce INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. [1453

Talbot lui répondit rudement et le gourmanda sur sa lâcheté. Puis il fil mettre pied à terre à ses cavaliers et marcher, enseignes déployées, à l'assaut du retranchement*. Evringham s'avança, par son ordre, et vint planter sa bannière contre la porte du camp. 11 se tint là, dans une héroïque immobilité, entourant de son bras la hampe de son drapeau et le poteau de la barrière, jusqu'au moment oi^i il reçut la mort et où l'étendard de Saint- Georges roula dans le fossé 2. A son exemple, les Anglais se ruèrent à l'assaut. Le combat corps à corps dura plus d'une heure. Mais les Français, protégés par leurs retranchements et leur artillerie, qui tirait à bout portant, résistèrent avec succès^. D'après Tringant, Bueil, comme commandant en chef, avait lui-même distribué les postes de combat et placé Rouhault, Scépeaux et Sorbier ^ à cette fameuse barrière colisse, qui servait de porte au camp et sur laquelle se concentra refTorl des Anglais. D'après la Chronique Martinienne, au contraire, ce serait Jacques de Ghabannes qui aurait dicté les dispositions de défense. A la fin, les Bretons *■', qui n'avaient pas encore donné, conduits par les sires de la Hunaudaye et de Monlauban, remplacèrent les défenseurs de la barrière, complètement épuisés ''.

1. Talbot, lui-ni<*me, resta seul à cheval sur sa petite haquenéc blanche, son ilge ne lui permettant plus de descendre, une fois en selle. — Quelques-unes des huit bannières anglaises étaient chargées d'inscrij)lions injurieuses. — Cbarlicr, III, 260. — Chron. Mari. — Basin.

1. Basin. — Escoucby. — L'étendard l'ut |)ris par un chevalier breton, Olivier Gillarl. — Lettre d'Angoulrme.

3. L'artillerie était dirigée par le canoniiier Girault, (|ui avait fait ses débuts au siège de Caen et que l'on retrouve construisant un pont sur la Seine pour le compte des Princes, dans la guerre du Bien public (Coniines, liv. 1, ch. ix). Chaque coup enlevait cinq ou six Anglais. — Lettre d'Anyoulrme.

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