‹ Le Jouvencel (volume 2)Chapitre 147 sur 321 · Par Dammarliii. — Chartier, ch. 28'7 et s · texte numérisé non relu

Par Dammarliii. — Chartier, ch. 28'7 et s

4. Lettre du comlc de Koix <\ Louis .M. — V. Legrand, Ms. fr. 6968, p. 271, et Durios, III, 198.

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s'aggravanl, les gens du conseil écrivirent, de Mehun-sur-Yèvre, au Dauphin pour lui en donner avis^ Le 22 juillet ^46'^, Charles VII expirait à Mehun ^. D'amers regrets le suivaient dans la tombe ^, à l'amertume desquels venait se joindre la crainte d'un avenir se présentant sous de sombres couleurs.

1. « Comme ceux qui, après luy, vous désirons servir et obéir. » — Legrand, Ms. fr. 6968, p. 1 (fopie), et Duclos, III, 196. — Parmi les signatures, nous remarquons, outre celles du comte de Foix, de Charles d'Anjou et de Lohéac, celle d'un personnage nommé Jean, dont le deuxième nom n'a pu être déchiffré et qui est certainement Bueil. — V. aussi Escouchy, III, 449 et s.

2. Le corps, qui avait été apporté à Paris, à Notre-Dame-des-Champs, le 5 août, fut transporté à Notre-Dame, en grande pompe, le 6 août. Bueil figure au cortège, à cheval (Escouchy, II, 428). A Notre-Dame, Louis de Harcourt , évoque de Bayeux et patriarche de Jérusalem , officiait. Le deuil était conduit par le duc d'Orléans, le duc d'Angoulême, les comtes d'Eu et de Dunois. Puis venaient le maréchal de Lohéac, Torcy, l'amiral de Bueil, etc.. Le 7, le corps fut porté à Saint-Denis et enterré le 8. La cérémonie, suivie d'un repas, étant terminée, Dunois s'écria à haute voix « que lui et tous les autres serviteurs avoient perdu leur maistre, et que « ung chacun pensast à soy, et que chacun en son particulier pourchassât « de soy pourvoir » (Chartier). Ce langage, que plusieurs trouvèrent cynique, caractérisait la situation. — Escouchy, II, 438, et III, P. Just. — Chartier, ch. 288 et note.

3. On trouvera au Jouvencel (1" partie, ch. m, et 2" partie, ch. xxiv) deux éloges de Charles VII, écrits, il est vrai, sous le règne de Louis XI et destinés à faire ressortir la différence des deux régimes. Cependant, cet éloge exprime les véritables sentiments des compagnons d'armes du Roi et les regrets presque unanimes des contemporains. — Sans rentrer ici dans le débat, que soulève la personnalité de Charles VII, il nous sera peut-être permis de présenter, à ce propos, une simple remarque. Charles avait pour père un insensé. Lui-même finit ses jours dans un état de défiance extrême, voisin de la folie. Louis XI, plus vigoureux que son père, n'était pas non plus exempt de cette propension maladive. Quant au second fils de Charles Vil, le duc de Berry, il était plus ou moins faible d'esprit. Ajoutons à ce trait héréditaire l'abandon où vécut Charles VII, dans un âge encore tendre, et les circonstances terribles de son enfance. En voilà assez pour ébranler un jeune cerveau et pour expliquer, en partie du moins, les accès d'apathie et les défaillances morales que l'histoire a enregistrés. La faiblesse nerveuse de Charles fut exploitée par des favoris (comme La Trémoille) qui entretenaient sa défiance à l'égard de tout ce qui n'était pas leurs créatures. Mais, lorsque les circonstances devinrent meilleures, le Roi reprit possession de lui-même et traduisit en actes remarquables ses bonnes intentions. Il devint alors Charles le Bien aimé et le Bien serai. Quel que soit le jugement que l'on porte sur un prince qui a commis des actes condamnables, on ne saurait nier cpi'il ait fait de grandes choses. N'est pas bien servi qui veut. Les grands rois seuls le sont. — Conf., avec

ccxxx INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. [1461

Le Dauphin accourait de Bourgogne, irrité par dix années d'exil et altéré de vengeance. Parmi ses anciens ennemis, sept, dont il n^avait pas dit les noms, ne devaient espérer aucun pardon. Son caractère sombre, soupçonneux et défiant inspirait les craintes les plus justifiées. Aussi, tandis qu'on criait : Vive le Roi ! à Reims, la tristesse et le deuil régnaient à Saint-Denis.

Cependant, l'avenir devait faire mentir ces tristes pressentiments. Quelques années après, ceux que le Dauphin poursuivait de sa haine étaient devenus ses meilleurs conseillers, Louis XI s'étant promptement aperçu qu'il était peu profitable au roi de Francedevenger les griefs du Dauphin. Longtemps après, couché sur son lit de mort, il déplorait encore amèrement le fatal désir de vengeance qui avait pesé sur les premières années de son règne et lui attribuait, non sans raison, une grande partie des malheurs de ses débuts ' . Le repentir du mourant ne témoignait pas seulement de regrets causés par une faute politique. Il signifiait aussi qu'après s'être servi de ses anciens adversaires, Louis reconnaissait les avoir méconnus. En effet, ceux qui furent longtemps ses fidèles serviteurs n'avaient pu être pour son père de mauvais conseillers.

le Jouvencel, le portrait du Roi tracé dans la Chron. de Chastellain (III, 177 et s.). Cet auteur, qui, en qualité de Bourguignon, ne peut être suspecté de partialité en faveur de Cliarles VII, lui reproche, il est vrai, sa muableié, sa diffidence et son envye, mais rend pleine justice à ses grandes qualités.

l. Instruction baillée par Louis XI, peu avant sa mort, à son fils. Aniboise, 21 sejit. 1482, Ms. fr. n° 2831, p. 57 (copie). Les Mémoires de Comines (éd. Gotlefroy, Preuves, III, livre 6) confirment ce point de vue : « Nous lui avons reinonstré (au Dauphin), disail le roi Louis, les « grands maux et dommages irréparables, qui nous advindrcnt, peu de « temps après notre advènement à la couronne, junir n'avoir entretenu les « dicts seigneurs et ofliciers de nosire royaume en leurs estais, charges et ( offices, (pii bien longtemps ont duré à la très grande foule, dommage « et destruction de |)lusieurs de nos pays et subjecls et qui encores « durent sans y avoir lin ne paix. »

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