‹ Le Jouvencel (volume 2)Chapitre 15 sur 321 · Tringant, XI · texte numérisé non relu

Tringant, XI

2. Aperçus nouveaux sur Jeanne d'Arc, chap. m. — Chron. de Cagny.

3. V. Chronique de G. Chastellain, l. c, II, 177 et s., le portrait de Charles VII.

4. V. Jouvencel{1' part., ch. xi et note, p. 220), la retraite du duc Baudouin devant Crathor, qui se rapporte aussi à la retraite du duc de Bedford devant Lagny. — D'après Tringant (XII), quelques imprudents furent pris en cette occasion par les Anglais, entr'autres un nommé Conyn [Jour., p. 214). Tringant déclare ignorer si c'était un personnage imaginaire ou réel, bien qu'il connaisse quelqu'un de ce nom. Ce passage, et d'autres analogues, montrent quelle est l'exactitude de cet auteur. — Chron. de la Pucelle. — Chartier, etc.

5. 18 juin 1429. La Hire et Bueil y figuraient parmi les coureurs qui ébranlèrent les Anglais avant le choc. Ces derniers furent surpris en pleine marche. — Jouvencel, ch. xvii, 2° partie. — Chartier. — Chron. de la Pucelle.

6. V. Beaucourt, II, ch. 5. — Bueil fut ensuite fait prisonnier. Comment

xxvj INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. [1430

qu'après une tentative sur Paris (8 septembre), Charles, à qui la fortune semblait sourire, licencia son armée et revint en Touraine, faute de vivres, comme le dit Tringant, ou, plutôt, poussé par les intrigues des ennemis de la Pucelle.

La dissolution de l'armée royale rendait Bueil à sa province. 11 rejoignit aussitôt, dans le Maine, Guillaume de Brézé, qui venait de prendre aux Anglais Château-l'Hermitage ' et s'y était établi avec quelques jeunes nobles, comme Pierre de Brézé, son neveu, et André d'Averton, seigneur de Belin^. Brézé et le sire de Fromentières servaient de mentors à toute cette brillante jeunesse.

Nous avons signalé l'énergique résistance des partisans du Maine au lendemain de Verneuil. Renforcé par les succès de -1429 et U30, ce groupe, composé de Tourangeaux, d'Angevins, de Manceaux et de quelques Normands, était le noyau de toutes les entreprises. Suivant la belle expression de Bourdigné^, ces gentilshommes « se travailloient pour la deffence de la « couronne royalle. » C'est de Château-l'Ermitage et de Sablé •• que rayonnaient leurs bandes, peu nombreuses d'abord, mais bientôt grossies par la victoire. Peu à peu, ils reprirent tout le Maine et rendirent possible la conquête de la Normandie, cette

et où? Peut-être au siège d'Auxerre? Le fait est aflirmé dans un passage obscur de Tringant (XIV), d'où l'on peut inférer aussi qu'il se libéra proniptement. Nous savons, en effet (le père Anselme, II. p. 939), qu'il assistait au sacre à Reims. Nous le trouvons aussi mentionné dans un vol. d'Extraits de la Chambre des comptes, parmi les capitaines présents à Reims et à Provins. — Bibl. nat., ms. fr. 20684 (Gaignières), p. 555 et 561. V., p. 540 et 559, les paiements faits à la Pucelle.

1. Chàleau-rilermitage, Sarthe, cant. de Pontvailain, près du Mans et à l'E. tle Sablé. — Nous croyons que Tringant (XIV à ,\VIII) est seul à mentionner ce fait. — Au Jouvencel. ChAteau-rErinilage cl Sablé sont représentés sous le nom collectif de Lucrator. Le coimnandant anglais était vraisemblablement Mathieu Gough. Il l'était du moins en 1428 (Tringant, IX).

2. Le Helinois confine au nord à la ville du Mans, et comprend Châteaul'Hermitage. La seigneurie (depuis comté) de Belin apparlcnait à la famille d'Avcrlon, dès le commencement du xiv" s. — Pescho et Tringant, l. c.

4. Sablé était la seule place du Maine restée au pouvoir des Français. — Chartier.

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citadelle de la domination étrangère. Ce fait est d'autant plus digne de remarque, qu'à cette époque, les compagnies formées de milices féodales étaient considérées, militairement parlant, comme inférieures à celles des routiers de profession. La noblesse du temps de Charles VI avait désappris la guerre^; mais elle la rapprit vite, sous l'aiguillon de la nécessité.

Dans les confins de la Normandie et du Maine, les gens d'église et le peuple s'étaient soumis aux Anglais ; mais les nobles avaient émigré sur les territoires demeurés au pouvoir de Charles VII, en emmenant avec eux leurs femmes et leurs enfants^. En un pareil milieu^ l'on ne songeait qu'à combattre, sans se soucier des intrigues de la cour et de l'élévation ou de la chute des favoris. L'auteur du Jouvejicel insiste volontiers sur cette distinction entre la noblesse qui se bat et celle qui intrigue ^ : « Mes beaux messieurs, » dit le Jouvencel à ses amis, « j'ay tant ouy parler du Roy et de la très grant « noblesse de sa court ; vraiement je le vueille aller veoir ; si a me donnera ung cheval''. » Un vieux compagnon se charge de faire changer d'avis à ce jeune innocent : « Ha-a! fait-il.

a Que c'est bien dit! Voulez vous ja aller faire la beste?

a Ne vous vault-il pas mieulx d'estre monté et armé de vostre

« adventure pour la guerre que d'aller à la court presser

« le Roy ne faire l'ennuyeux après les seigneurs, despendant «vostre argent et perdant le temps, comme font plusieurs « qui ne sçauroient vivre si on [ne] leur donnoit ? » Et il ajoute que les armes payent toujours le souldoyer; car, ou il meurt, ou il vit dans une pauvreté honorable. Enfin, il peut aussi devenir le plus grand empereur du monde. Cette question de la supériorité du métier des armes, qui revient souvent dans

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