En effet, elle se maria avant Charlotte
ccxxxviij INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. [1444
Marie fut donc, dans son enfance et par ordre du Roi, confiée a Prégent de Goelivy, amiral de France', qui, la gardant, sans doute, pour son frère, l'éleva, suivant l'usage du temps, dans son château de Taillebourg, tout comme Preuilly devait le faire pour la sœur cadette, Jeanne, lorsqu'elle devint sa fiancée^. Goetivy étant mort, ainsi que nous l'avons vu, en -l 450, son frère Olivier épousa à Vendôme, le 26 octobre -1458, la pupille de Pamiral. Or, d'après un document contemporain, Marie de Valois atteignait à peine, à cette époque, l'âge du mariage. De là, la supposition très vraisemblable, émise par M. de Beaucourl, qu'âgée d'une quinzaine d'années, tout au plus, elle n'a guère pu naître avant 1443 ^ Elle fut légitimée en novembre Ho8\
Charlotte, sur la naissance de laquelle on n'est pas bien fixé, et que le Père Anselme paraît considérer, à tort, comme plus âgée que Marie, serait, d'après Delort, née en 4434. Mais, cette date étant évidemment trop hâtive, divers auteurs ont pensé qu'elle ne naquit qu'en 4438^. En réalité, et d'après M. de
1. Bien avant la mort d'Agnès, d'après Vallel de Vir. {Nouv. Rech. sur Agnès Sorel, 1856, i>. 18 et s.). En même temps, le Roi donnait à Prégent le château de Taillebourg. — V. aussi Delort, p. 94 et 195. — Vallel de Vir., Hist , III, 14. — Le Père Anselme donne à Marie le nom de Marguerite et considère Charlotte comme l'aînée des filles d'Agnès (I, 119). C'était aussi l'opinion do Vallet de Vir. dans ses Nouv. Rech.; mais il l'a modifiée dans son Hist. de Charles VII. — M. de Beaucourt considère aussi Marie comme l'ainée.
2. Il était d'usage alors de confier l'éducation de la jeune fiancée à la famille du fiancé.
3. En effet, il est dit dans les lettres royales lui constituant une dot (28 oct. 1458), qu'elle était alors en âge de se marier, ce qui signihe qu'elle atteignait à peine cet âge. — Beaucourt, Agnès Sorel cl Histoire de Cliarles VII, III, 288. — Le Roi fait don, à cette occasion, à Coelivy des terres de Royan et de Mornac et de 12,000 écus d'or. — Ms. fr. 20431, fol. !). — Le consentement du Roi à ce mariage était d'autant |>lus singulier que, après la mort de leur frère Prégent, Olivier et Christophe de Coetivy n'avaient pas hésité à séquestrer à Taillebourg la veuve du mort, Marie, (ilie de Gilles de Raiz (et future femme de Lohéac). Le Roi avait dû intervenir pour la faire mettre en liberté et révoquer les promesses et i)rocurations qu'on lui avait arrachées. — D. Lobiiieau, Hist. de Bretagne, II, 1068 et s. — V. aussi Louis XI, Monsieur de Taillebourg cl M. de Maigné, par M. Marchcgay, 1854.
4. Arcii. nal., J.l 187, pièce 3i2. — V. Beaucourt, Agnès .Sorel, l. c.