Celte troupe réclamait un mois de solde
6. Maine-i'l-l.(iirc, arr. et au S.-O. d'Angers. Les révoltés y étaient aussi. Bourré restait à Angers pour acheminer renforts et vivres. — Ms. fr. 6975.
7. Lettre du Roi à Bourré, ms. fr. 6975, n" 1298 (Legrand) : « Bourré,
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écrivait à Bueil, La Forest, Graon et au sénéchal de Poitou, pour leur donner l'ordre d'aider son ambassadeur de leurs conseil s ^
Par le traité d'Ancenis, conclu le -1 0 septembre 'l 468, le duc de Bretagne consentait à soumettre l'apanage de Monsieur Charles à l'arbitrage du duc de Galabre et du connétable de Saint-Pol. Il promettait aussi de servir le Roi, envers et contre tous, si, dans le délai de deux ans, son allié n'acceptait point la dotation qui lui serait assignée. Les villes prises de part et d'autre devaient être remises entre les mains du duc de Galabre 2.
Restait encore à accomplir un acte important. Il avait été convenu qu'un certain nombre de seigneurs des deux partis donneraient leur scellé en confirmation du traité 2, formalité alors très usitée et destinée à être remplie aussi bien du côté du Roi que du côté du duc-*. Cet usage caractéristique convenait merveilleusement au génie défiant de Louis. Les Bretons apportant de leur côté des dispositions analogues, cette affaire prit de vastes
« j 'envoyé par delà Monsieur de Calabre pour les causes que verrez par « le double que j'escript à Monsieur de la Forest, Monsieur de Craon « Monsieur de Bueil et le sénéchal de Poitou. J'ai baillé à mondit sei- « gneur de Calabre un pouvoir... avec un blanc pour faire un autre pouvoir « s'il en est besoing... et se ils ont à besongner de lettres closes demoy, « ou de blancs signez pour en faire, fournissez les en... » (Senlis, 21 août 1468.) — Le 9 août, le Roi avait nommé le roi de Sicile son lieutenant en Anjou, Maine et Bretagne.
1. Senlis, 21 août. — Lettre du Roi au sénéchal de Poitou, ms. fr. n" 20427, fol. 47 et 48 (Gaignières). Une lettre de Crussol (mention de Bueil, Chàteau-Gontier, 28 août 1468), adressée à Beaumont, nous montre, amsi que la révolte de l'arrière-ban, que le payement de la solde était redevenu très irrégulier sous le nouveau règne. — Ms. fr. 20488, fol. 29. -- La même année, les gens d'armes de Falaise n'avaient rien reçu depuis un an. — Ms. fr. 6975, 2 février 1468.
2. La place de Champtocé, occupée par Bueil, dut être rendue en ecbange de celle de Caen. - Dom Plancher, IV, 363. -Les ratifications du duc de Bretagne et du Roi furent données les 17 et 18 sept. Celle de Monsieur Charles ne vint que plus tard. — Legrand, ms fr 6975 — Comines, 1. II, ch. v. — Earante.
^r^'r^^^^î^i "^"^ *^ trouvaient Bueil et son lieutenant Fontenailles. — Ms. fr. 6975, au 21 août 1468.
4. C'est à tort que Daru {Hist. de Bretagne) considère celte condition comme une exigence du Roi imposée aux seuls Bretons. Pour s'en convaincre, il suffit de considérer la forme des scellés, ainsi que la déclaration qui lors du traité d'Angers (v. plus bas), régla cette épineuse affaire.
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proportions el ne put être réglée définitivement que plus d'un an après.
Dans l'intervalle, le Roi, échappé à la prison de Péronne\ avait accordé à son frère le duché de Guienne^ et s'efforçait de plus en plus de le détacher du duc de Bourgogne. C'est ainsi que, peu après (^" août 4-'569), Louis fondait l'ordre de chevalerie de Saint-MicheP, dans le même esprit qui lui avait fait détacher du Berry le comté de Sancerre. Cet ordre, destiné à contrebalancer l'influence du lien féodal et à rattacher à la personne du souverain les grands personnages du royaume, devait compter trente -six chevaUers. On n'en nomma d'abord que
1. Le traité de Péronne est du 14 oct. 1468. — Comines, III, 79.
2. Amboise, avril 1469. — Ordonnances, XVII. — Le Roi lui refusa la Champagne et la Bric, qu'il avait consenti à lui accorder lors du traité de Péronne. — Comines, 1. II, ch. ix, xiv et xv.
3. V., Ordonnances des Rois, XVII, p. 237, l'institution, les statuts et les noms des chevaliers. — Lettre du Roi à Dammartin du 26 octobre, Ms. fr. 6976, Legrand, flist. de Louis XI, 1. XII, p. 45. — Saint Michel était considéré comme le prince de la chevalerie et le patron de la France. Outre les 36 chevaliers, l'ordre comptait 4 odiciers. Le Roi n'avait que deux voix (trois pour départager) et était soumis à la correction fraternelle du chaj)itre. Les chevaliers devaient toujours porter le collier, formé d'une chaîne d'or chargée de coquilles lacées l'une avec l'autre ou, du moins, la médaille à l'elfigie du saint, avec lacet de soie. Le costume de cérémonie était de damas blanc fourré d'hermine, avec une bordure d'or à coquilles. Le chaperon était de velours cramoisi. Seize chevaliers seulement furent nommés directement par le Roi, lors de la première promotion. Les autres furent nommés en chapitre. Voici les noms des premiers, non compris le Roi : 1* le duc de Guyenne-. 2° le duc de Bourbon; 3° le connétable de Saint-Pol ; 4' André de Lohéac, maréchal; 5° Jean de Bueil ; 6° Louis de Beaumont, seigneur de la Forest et du Plessis ; 7° Jean d'Estouteville, seigneur de Torcy ; 8° Louis de Châtillon; 9° Louis, bâtard de Bourbon, comte de Roussillon, amiral ; 10° Antoine de Chabaniies, grand maître; 11" Jean, bâtard d'Armagnac, comte de Cominges, maréchal et gouverneur du Dauphiné ; 12° George de la Tréraoille, seigneur de Craon; 13° Gilbert de Chabannes, seigneur deCurton, sénéchal de Guiennc; 14° Louis de Crussol, sénéchal de Poitou; 15* Tanneguy du Chastel, gouverneur de Roussillon et Cerdagiie. On remarquera (jue le roi René ne faisait pas partie de cette promotion. Quant au duc de Bretagne, il refusa d'abord (v. un peu jilus bas). Au siècle suivant, l'ordre de Saint-.Michel étant tombé en discrédit, Henri III fonda, le 31 déc. 1578, celui du Saint-Esprit. Dès lors, les chevaliers reçurent le collier de Saint- Michel la veille de leur réce|>tion dans l'ordre du Saint-Esprit, doii le titre de chevalier des ordres du Uoi. — Outre les ouvrages déjA cités, v. Moréri, Dict. Ilist. — Slaluts de l'Ordre, avec i)ièces, de 1725. — Ms. fr. COGl. p. 45 et 88. — P. Just. au 31 juillet 1478.
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seize, parmi lesquels Jean de Bueil occupait le cinquième rang. Le nouveau duc de Guienne reçut le collier au moment oîi il quittait la Bretagne pour entrer dans son nouvel apanage. Le -15 août, à la Rochelle, il jurait fidélité au Roi^
Enfin, le 7 septembre, les deux frères avaient, sur la rivière de Brau, une entrevue qui scella leur réconciliation 2. Louis vint de Niort^ à Puyravault, tandis que Charles se logeait sur l'autre rive de la Sèvre, au château de Gharon. Le jeudi 7 septembre, Bueil, envoyé par le Roi, vint le premier visiter le duc de Guienne, qui raccueiUit affectueusement et devisa avec lui, tout en s'habillant, sur la manière dont il devait se comporter à l'égard de son frère. Les autres personnages de la suite de Louis XI parurent aussi successivement à Gharon. Dans l'aprèsmidi du même jour et le lendemain (8 septembre) Pentrevue eut lieu"*. Commencée non sans méfiance, elle se termina avec la plus grande cordialité. Le duc de Guienne rejeta toutes ses fautes sur ses conseillers, et le Roi parut abonder dans son sens. Par un singulier retour, la plupart de ces anciens rebelles, et Bueil tout le premier, étaient maintenant en faveur auprès de Louis XI et chevaliers de son ordre. Au bout de deux ou trois jours, les princes se transportèrent au château de Maigné, près Golonges-les-Réaux^, et se livrèrent au plaisir
1. Ms. fr. 20430, fol. 37. — Comme symptôme de l'intérêt porté, alors, par le Roi à son frère, on peut noter une lettre pressante de Louis au capitaine de Lusignan, pour lui donner l'ordre d'admettre Monsieur Charles dans la ville, afin de le mettre à l'abri des maladies régnant alors en Saintonge. — Legrand, Hist. de Louis XI, 1. XII, p. 74 (ms. fr. 6961). — Le favori de Monsieur Charles, Odet d'Aydie, avait été gagné par le Roi. V. ms. fr. 20430, fol. 41, son serment au Roi du 6 février 1468.
2. La rivière de Brau désigne ici la Sèvre Niortaise. — Le pont de Brau répond à un village appelé le Braud sur la carie de Cassini et placé sur la rive S. de la Sèvre, près du bourg de Charon. — Ms. fr. 6970, p. 10, et 6961, 1. XII, p. 62. — Mém. de Comines, éd. de M"'= Dupont, III. Preuves, n° 15. On trouvera, dans ce dernier ouvrage, une lettre d'un des familiers du Roi donnant d'intéressants détails sur cette entrevue.