Mss.fr. de la Bibl. du Roi, II, 131, au ms
8. V., École nat. des Chartes, Positions des élèves de la promotion de 1870-1872, un résumé de notre thèse. Ce ms. de l'Arsenal est celui qui a servi de base à la présente publication.
9. V. Introd. biogr., passim, entre autres p. xxv, note 4, et p. cxcvj, noie 6, à La Forest. — Nous avons déjà remarqué que, dans plusieurs
ccciv INTRODUCTION LITTERAIRE.
En effet, Tringant, serviteur de Bueil et de ses collaborateurs, avait assisté à la genèse du. Jouvencel. Il avait entendu le vieux soldat raconter ses hauts faits et savait de première main quel était le but de cet ouvrage et le sens des allusions historiques * . Loin de chercher à se faire valoir et de trouver partout des dates et des noms propres, Tringant, en chroniqueur consciencieux, distingue soigneusement ce qu'il sait de source certaine de ce qu'il ne connaît pas, et ne recule pas devant un aveu d'ignorance. Bien plus, lorsqu'il relève une allusion d'un caractère général et par suite nécessairement vague, il se garde bien de la dénaturer en lui donnant un sens précis^. Ajoutons enfm que, si Tringant ne donne guère de dates dans son Commentaire, en revanche ce travail est établi dans un ordre chronologique exact et que ses renseignements nous ont paru, à l'usage, en parfaite concordance avec les certitudes ou les probabilités historiques^.
Voyons maintenant quels sont les renseignements donnés par Tringant. D'après lui, Bueil ne serait pas l'auteur unique du Jouvencel; mais trois autres personnages qu'il nomme, tous trois serviteurs de Jean V, auraient été ses collaborateurs dans la rédaction de cet ouvrage"*.
Le premier est Jean Tibergeau, seigneur de la Motte ^', issu
passages, les expressions de Tringant suivent celles du Jouvencel, non, sans doute, que Tringant copiût ce roman, mais parce qui! avait entendu raconter les mômes faits dans les mômes ternies. V., par ex., plus haut, p. XV, note 5.
1. V., Tringant, g I, le passage commençant par : a Et moy, Guillaume Trint;anl, dit messire Odez, » etc.
2. C'est ainsi que, pour prendre un exemple caractéristique, parlant du comte de Parvenchères, Tringant (g XX.VVII) nous expli(|ue que ce per- 8onnat;e du roman symbolise, d'une façon générale, les liculoiiants du roi de France, mais que, dans certains cas, il représente Dunois ou Charles d'Anjou.
3. Pour l'explicalion des passages historiciues du Jouvencel, v. plus bas, p. 1 et s., la clef du roman, résumé du Commentaire de Tringant. — V., en outre, iiolre Jnirod. biogr., passim ; les noies de notre collaborateur sur le texte du Jouvencel et, enlin, le Commentaire lui-même.
i. TringanI, i 1.
5. Le lief de la Moite (paroisse de Fiée, près Château-du-Loir, Sarlhcl élail encore possédé par la famille A la fin du .wir siècle. Les Tlber-
INTRODUCTION LITTERAIRE. cccv
d'une famille connue. A la fm de i 427, il prend part au siège du Lude comme capitaine des gens d'armes de Beaufort^ C'est probablement lui qui, comme maître d'hôtel du Dauphin, est présent, en ■1443, aux conférences de Reims et à Châlons^. Le -10 janvier -1455, il assiste au Conseil du roi René, comme maître d'hôtel de ce prince^, et, le 29 janvier 4457, au contrat de mariage de Bueil avec Martine Turpin''. Enfui, le 25 octobre -1463, il figure parmi les vassaux de Jean de Bueil, dans l'aveu fait par ce dernier, au comte de Vendôme, pour la seigneurie de Saint- Calais^. Jean Tibergeau était, suivant toute apparence, déjà mort le 4 juillet -1476 : car, à cette date, Guillaume Tibergeau, qui est probablement son fils, conclut, comme procureur de Jean de Bueil, un accord avec l'abbé de Saint- Galais. Un autre Jean Tibergeau, qui paraît être le fils ou le neveu de fauteur du Jouvencel^ sert comme homme d'armes, à la fin de -1428, dans la compagnie de Bueil ^.
geau, ou Thibergeau, avaient de nombreuses attaches à Saint-Calais, où ils étaient très connus. Us portaient d'or à quatre fasces de gueules, les deux premières ondées. Guillot de Tibergeau fait hommage pour la Yillatte, en 1394. — Le grand-oncle de Jean (qui se nommait aussi Jean) était abbé de Saint-Calais et mourut en 1415. — Nous trouvons un Tibergeau parmi les curés de Bueil. — M. Mégret-Ducoudray {l. c.) cite les vers suivants attribués à un Tibergeau :
« Longtemps ay combattu, mon corps ne vivra guère.
Tost sonnerez pour moy cloches du monastère.
Quand elles sonneront, bonnes gens à genoux,
Priez pour moy, bonnes gens, priez tous,
Pour que Dieu fasse paix à l'ame de mon père,
Pour les sires de Bueil, occis à la grant guerre.
En bataillant pour la France et pour vous. » Quel qu'en soit d'ailleurs l'auteur, ces vers montrent que le talent littéraire était héréditaire chez les Tibergeau. — Cauvin, Armoriai du Maine {Annuaire de la Sarthe de 1840J. — Lettre de M. Mégrel-Ducoudray à M. Hucher, Bullet. de la Soc. archéol. de Touraine, 1875, p. 228 et ss. — Pesche, art. Saint-Calais. — Hucher, Monum. funér. de la famille de Bueil. — BusseroUe, l)ict.