‹ Le Jouvencel (volume 2)Chapitre 224 sur 321 · Var. : « gaignier. » B. E · texte numérisé non relu

Var. : « gaignier. » B. E

eussent voullu aider, ilz eussent paie bonne rançon, nonobstant qu'ilz fussent povrement habilliez et qu'ilz eussent de grandes souffraittes et neccessitez. Mais ilz estoient là niys et ordonnés pour apprendre le mestier de la guerre et pour eulx endurcir au travail ; car on ne puet mieulx apprendre le stille d'aucun mestier que de le fréquenter souvent et fuyr les aises du corps, comme trop boire, trop mengier et trop dormir, et plusieurs autres délices charnculx, qui obfusquent^ et empeschent tout entendement de prouffiter à apprendre et retenir ce à quoy on est adonné^, soit en opération pratique ou en science spéculative. Et ce nous est exemple famillier ; car nous voyons évidemment que, aux estudians es ars liberaulx et en phillosophie moralle ou naturelle, on baille peu de viandes et de plaisances corporelles ; mais on leur fait prendre paine pour les garder d'affetardir^ et adhérer en oysivcté, qui est marrastre et ennemye de tout bien et de toute bonne œuvre et de tout labeur proufFitable à l'ame et au corps. Et, à ce propos, dit-on en ung commun proverbe que ventre saoul n'a en saveur plaisance^. Et certes est-il ainsi de gens de guerre; car, quant ilz sont en pais plain, gras et fertile de tous biens, ilz oublient l'exercice de la guerre et des armes et convertissent toute prouesse en lascheté et en paresse. Si delesscnt leurs haults couraiges et les bonnes entreprinses qu'ilz

\. Var. : a assegncnt. » Éd. V6rard.

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