‹ Le Jouvencel (volume 2)Chapitre 26 sur 321 · V. plus has, au début du ch. v, en · texte numérisé non relu

V. plus has, au début du ch. v, en

9. Tringanl, XXI. — Bourdigué (II, ]). 158 et 167) semble dislingaer ici deux événenieiils, dont l'un serait le combat de Bcaumont, victoire

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de Beauvau, ce dernier rassembla aussitôt à Sablé les garnisons frontières les plus voisines'. Une partie des troupes mandées n'avait encore pu arriver que déjà l'on était en route. Aussi, les forces de Bueil ne dépassaient guère le chiffre de quatre-vingts lances^ ; mais c'était une troupe d'élite, composée de gentilshommes des meilleures lignées du pays^. « Et avecque « cette noble cohorte, dit Bourdigné, chevauchant à banière « desployée allèrent eulx rendre au seigneur de Loré. » Ceci ne signifie pas tout à fait, comme le dit le père Anselme, que Loré commandait l'expédition. Ces gens, pour la plupart Manceaux ou Angevins, étaient sous les ordres de Bueil et de Beauvau et non sous ceux de Loré, qui n'avait qu'un seul serviteur avec lui ''. Si donc Loré, un peu plus âgé et expérimenté que Bueil,

remportée par Loré, après la prise de Laval sur les Anglais {sept. 1429. Chartier, ch. lxiv), et Tautre, la levée du siège de Saint-Célerin racontée ici. Il en est de même du Père Anselme {H. M. royale de France, II, 939 c). Chartier (ch. lxxviii) ne fait pas cette distinction. En effet, ces deux événements semblent n'en faire qu'un. Cet épisode est raconté dans le /owvencel (2° part., *h. viii) sous le nom de Levée du siège de Sardine. On y reconnaît fort bien le récit de Tringant et une partie de celui de Chartier. Bourdigné et Chartier paraissent placer ce siège en 1431, et la Chron. Martinienne (fol. 279, l. c.) en 1434, tandis qu'il est d'avril 1432 et contemporain de la prise de Chartres par Dunois (Chartier, ch. lxxx), qui eut lieu, d'après Monstrelet (t. V, ch. cxvii), le 20 avril, jour de Pâques, 1432. — Il ne faut pas confondre cet événement (siège n° 2 de Saint-Célerin) avec deux autres faits analogues. En effet, Saint-Célerin, réparé en août 1429, avait été assiégé et délivré une première fois (n* 1), de janv. à avril 1430 (Chartier, ch. lx et lxix). Il fut de nouveau assiégé une troisième fois et pris par les Anglais en 1434 (n. s.). V. plus bas, ch. V. — Chartier, éd. Vallet de Viriville, I, 143, et III, 339. — Beaucourt, II, 44. — Pesche, à Fresnay, Saini-Céneri et Vivoin.

1. On y vit, entre autres, Brussac, capitaine de Craon, Guill. Blosset, dit le Borgne, le sire de Champagne et Pierre le Porc venu de Laval avec les gens de Loheac. Gautier de Brussac ou Bruzac est souvent cité, après le traité d'Arras, comme l'un des chefs des Écorcheurs (Olivier de La Marche, Mémoires, ch. iv). — D'après Chartier, le duc d'Alençon et Charles d'Anjou, qui se trouvaient à Sablé, se proposaient aussi de rejoindre l'expédition.

2. D'après Bourdigné. — D'après Chartier et le Jouvencel, huit cents hommes.

3. Bourdigné en nomme trente-deux, outre Bueil et Beauvau. Nous remarquons entre autres un Montejean, probablement le futur beaufrère de Bueil.

4. D'après Tringant, il s'appelait le Silleux, « et ne scay s'il estoit

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dirigea cette brillante compagnie vers Saint- Céleri n, ce dernier peut bien prétendre à l'honneur de l'avoir commandée et, surtout, d'avoir décidé du succès ^ .

Marchant vers le nord, les Français vinrent coucher à quatre ou cinq lieues au sud de Saint-Célerin, moitié à Beaumont et moitié à Vivoin ^. Ces deux localités, situées à peu de distance l'une de l'autre, sur les deux rives de la Sarlhe, étaient reliées par un pont. Bueil et Brussac logeaient à Beaumont, sur la rive droite, tandis que Loré et Champagne étaient à Vivoin, sur la rive gauche^. Bueil disposait en outre de la garnison de la Tour-de-Beaumont, commandée par Pierre de Brézé et composée de vingt-cinq lances"*. Les Français passèrent plusieurs jours dans ces cantonnements, recevant des renforts qui portèrent leur effectif à onze cents hommes^.

Un matin, de bonne heure, les Anglais, marchant de nuit, arrivèrent de Saint-Célerin. Ils étaient divisés en deux corps qui suivaient chacun l'une des rives de la Sarthe. Sur la rive gauche, le principal détachement, comptant de deux à trois mille hommes, avait pour mission d'attaquer les Français à Vivoin. Sur la rive droite, une deuxième troupe, ne comptant

homme d'armes ou archier. » Ce détail n'est pas rapporté sans intention. — Monslrelel (t. V, ch. clxiii) est d'accord avec Tringant. En clVet, les hommes de Loré occupaient déjà Sainte-Suzanne et Saint-Célerin. — V. aussi Robert Gagnier, fol. 120, l. c.

1. Chartier et la Chron. Martinienne partagent le commandement entre Loré et Bueil ; mais la plupart des historiens ne prononcent même pas le nom de ce dernier en cette atTaire. En revanche, le Rosier des Guerres (ms. fr. 442, fol. 156) attribue à Bueil tout l'honneur de l'entreprise.

2. Beaumont-le-Vicomte (Sarthe), au sud d'Alençon, est à deux kilomètres de Vivoin.

.3. Comme les récits de Tringant et de Monstrelet reposent sur celte répartition des cantonnements, il parait certain que Charlier se trompe, lorsqu'il aflirme que Loré logeait avec Bueil ;\ Beaumont.

4. Dans le roman du Jouvencel, on (Brézé) olVre au Jouvencel (Bueil) de loger dans la Tour (de Bi'aumonl); mais il refuse, disant <jue, lors- (]u'une troupe est exposée, son chef ne doit pas se mettre en sûreté.

5. D'ajtrès la Chrùn. Marlinienne, quatorze cents homines (fol. 270). \j& corps anglais n'aurait compté que huit cents ;\ mille hommes, chifl're trop i)eu élevé si Ion songe que les Français n'osaient attaquer.

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guère qu'une centaine de chevaux et des trompettes, devait, au point du jour, faire une bruyante démonstration à Beaumont devant le gros des Français, afin d'empêcher ces derniers de secourir leurs camarades. La perspicacité de Bueil déroula leurs calculs. Les allures de la troupe anglaise, qui menait grand bruit devant ses cantonnements, lui semblèrent suspectes et il comprit vite que l'ennemi ne songeait qu'à l'amuser, pour porter ailleurs des coups plus sérieux.

Il n'y avait pas de temps à perdre pour secourir ceux de Vivoln, qui avaient été faits prisonniers presque sans combat. Déjà les effets de cette déroute se faisaient sentir à Beaumont. On entendait des clameurs confuses, et fuyards et blessés commençaient à arriver pêle-mêle. « A cheval, à cheval ! » s'écria Bueil. « Et passa le pont à toute diligence, dont chascun n'es- « toit pas d'opinion ; mais il disoit que les ennemys estoient « empeschez de leur proye, tellement qu'ilz ne se pourroient « mestre en ordonnance de combatre ^ . »

Jean V franchit au galop la demi-lieue qui le séparait de Vivoin. Là tout était comme il l'avait prévu. Loré, blessé, avait été pris^ et toute résistance était terminée. Les Anglais, ayant rompu leurs rangs, étaient occupés à lier leurs prisonniers et leur butin. Tout à coup, au milieu de ce beau désordre, Bueil débouche à grande allure, suivi par derrière de ses archers et de la troupe de Pierre de Brézé ^. Les survenants couchent leurs lances et se ruent sur les Anglais, arrivant à la file pour reprendre leurs places de combat. On ordonne aux Français de se jeter sur les enseignes et de frapper aux aisselles et à la

1. Tringant, l. c. — Les paroles de Bueil se retrouvent aussi presque textuellement dans la bouche du Jouvencel, l. c.

2. Chartier suppose à tort, comme nous l'avons dit, que Loré se trouvait avec Bueil et conduisait les archers.

3. L'ensemble de ces troupes ne dépassait pas soixante à quatre-vingts lances et cent à cent soixante archers (Chartier, ch. lxxviii). — V., dans le Jouvencel (2'^ part., ch. vni, p. 145), la pittoresque description du desordre des Anglais.

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gorgée Leurs adversaires, engagés dans le bourg de Vivoin^, faisaient de grands et infructueux efforts pour en sortir et se reformer en bataille, sans abandonner leurs prises. Bien que surpris, ils tenaient ferme et l'on combattit longtemps corps à corps. Dans la lutte, le guidon de Charles d'Anjou, rpie Bueil faisait porter devant lui ^ par deux chevaliers *, fut abattu. Le fidèle Guillaume de Gourcillon ^ le releva, et, malgré tout leur courage, les Anglais durent s'enfuir en pleine déroute. On les poursuivit pendant deux lieues. Le bâtard de Salisbury, qui commandait, échappa; mais beaucoup d'autres périrent, entre autres Jean Arthus.

Mathieu Gough * fut pris par un écuyer du nom de La Vaulue^. Ils se blessèrent tous deux; mais le combat continuait encore, lorsque Bueil s'approcha : « Je me rends à vous, » s'écria l'Anglais. « C'est mon maistre, dit Jean de La Vaulue; « vous vous rendez à lui. Et le seigneur de Bueil respondit : « Ja « à Dieu ne plaise, puisque vous l'avez con(iuis, que j'en preigne « la foy*. )) La Vaulue garda donc le prisonnier. Tous les capitaines de cette époque n'eussent pas été aussi scrupuleux. Mais Bueil avait des principes fort stricts en matière de jurisprudence militaire ^.

* En apprenant la victoire des Français, les troupes du sire de

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