De cinq à sept jours après son arrivée
5. Dép. de Benoist, 5. — L'intention de Benoist était do dénoncer les
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relièrent, et Benoist prit alors congé, en disant qu'il se voyait obligé de se pourvoir de meilleurs amis.
A peine arrivé à Chinon ' , il alla trouver le sénéchal et passa à son service. Par l'ordre de ce dernier et du Roi, il se mit aussitôt à fréquenter un nommé Galchaut, agent inférieur de Bueil, afin de tirer de lui ce qu'il savait. Galchaut ne se défiait nullement d'un homme qu'il considérait encore comme le serviteur de son propre maître. Il était d'ailleurs, paraît-il, un peu trop bavard pour un conspirateur. Aussi parla-t-il sans se faire priera conseillant à Benoist de ne pas abandonner Bueil, alors en passe, suivant lui, d'arriver à une haute fortune. Le complot, disait-il, était appuyé par tout le monde ^ : le roi de Sicile, le comte du Maine en étaient. Galchaut se répandait aussi en plaintes contre le sénéchal et assurait qu'il ne tarderait pas à être mis à l'écart, sans opposition de la part du Roi. Il devait en être de même du chancelier Juvénal ■*.
L'affaire en était là, lorsque Dammartin dénonça les conspirateurs. L'histoire des dix mille écus étant parvenue aux oreilles du Roi^ le Dauphin fut interrogé et dit qu'il avait agi sur les
mystérieux correspondants de Bueil. Il est fait, semble-t-il, allusion à cette trahison dans le Jonvencel (3° part., fin du chap. m), à propos des serviteurs qui ne doivent pas être retenus contre leur gré. De même, ailleurs (2= part., ch. xi, p. 219), à propos d'un prisonnier, personnage peu véridique.
1. Dix jours, environ, après son arrivée du Dauphiné (fin sept.) et, sans doute, peu avant la déposition de Dammartin,
2. Par contre, Merry de Couhé et d'autres se tinrent sur la réserve. — Dép. de Benoist, 6 et 7.
3. Hors le duc de Bretagne et le comte de Foix. Le duc de Bretagne était alors en très bonne intelligence avec Brézé, qui prétendait lui donner plus d'influence que n'en eut jamais Charles d'Anjou. Quant au comte de Foix, il aurait dit plusieurs fois à Mariette « qu'il estoit à mondit « seigneur (le Dauphin) et que l'entretenement qu'il faisoit avec le dit « sénéchal (Brézé) n'estoit que faincte. » — Escouchy-Beaucourt, III 278 et 314 ; Pièces du procès de Mariette. ' '
4. Jean Rabateau prétendait le remplacer. Seigneur de la Caillerie et d'Ausance, ce dernier fut aussi président de la Chambre des comptes, puis président au Parlement. - V. plus haut, p. cxxv. — Escouchy-Beaucourt, I, 30 et s. — Tuetey, Les Ecorcfieurs, II, 186.
5. Alors à Chinon. Peut-être Dammartin lui-même se chargea-t-il de faire arriver cette histoire au Roi.
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conseils de Dammarlin. a Loys, dit le Roi, Saint-Jehan! je ne vous crois pas. » Dammartin, que l'on envoya quérir, affirma, au contraire, qu'il n'avait fait qu'exécuter les ordres du Dauphin, ce qui lui attira de ce dernier un formel démenti. La conclusion de celte scène fui que Charles bannit son fils pour quatre mois, avec ordre de demeurer en Dauphiné ' . Toutefois, Louis ne partit pas aussitôt pour l'exil, et attendit à Tours les couches de la Reine, alors enceinte. Quant à Dammartin, il fit, sur ses rapports avec le Dauphin, une déposition très complète et rentra en faveur auprès du Roi - ; mais il fut dès lors considéré comme un traître par les conspirateurs^ et pris en haine par leur chef. Qualifiée de faux et calomnieux rapport, sa déposition fut un des principaux griefs relevés dans les poursuites à lui intentées*, lors de l'avènement de Louis XL
Cependant, ces divers incidents et, surtout, la déposition de Dammartin^, reçue par une commission spéciale à Gandes, (27 sept.), avaient causé une vive émotion. Jean de Daillon*, un des plus compromis parmi les familiers du Dauphin, quitta
1. Le Dauphin sortit de la chambre du Roi, nu-t^te, jurant, par sa tête sans chaperon, qu'il se vengerait de ceux qui l'avaient jeté hors de sa maison. — Chron. Mariinienne. fol. 289. — Escouchy-Beaucourt, 1, 110.