‹ Le Jouvencel (volume 3)Chapitre 12 sur 316 · Comptes de Tours, Reg. XXIII, 107 v et passim · texte numérisé non relu

Comptes de Tours, Reg. XXIII, 107 v et passim

5. Découragé, il avait même songé un instant à casser toutes ses oom-

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rigueurs de Ricbemont, n'obtenaient pas toiyours un plein succès. Le plus sûr était donc, pour les Tourangeaux, de ne compter que sur eux-mêmes. Aussi, dès que les troupes font leur apparition dans le voisinage de la ville, on ferme les portes et Ton braque des couleuvrines sur les places publiques. On ordonne des rondes et des veilleurs de nuit sur les tours. Le chef de bande demande alors à traverser Tours ou à y loger, exposant de la façon la plus courtoise qu'il s'en va à la frontière combattre les Anglais pour le service du Roi. Cette autorisation lui est poliment refusée par les Élus; mais, en même temps, l'on cherche à se concilier ses bonnes grâces par l'offre de quelque cadeau * .

Toutefois, les Anglais se rapprochant de Tours, le Roi joignit à plusieurs reprises ses représentations à celles de ses officiers, pour forcer la ville à accepter une garnison. Dans l'automne de 4428 (26 sept.)^ ces craintes devinrent très vives', l'ennemi menaçant la Loire en aval d'Orléans^. Le 4 octobre, on le disait àBeaugency. Lebruit se répandit alors que Charles avait donné la garde et le gouvernement militaire de la ville et de la province au comte de Vendôme et à son lieutenant Bueil^. Les magistrats décidèrent d'abord de ne point admettre la garnison. Puis, revenant sur cette décision, ils se résolurent à accepter quarante hommes d'armes et de trait, de la compagnie du sire de Bueil,

pagnies de gens d'armes GanY. 1424, ÉUto généraux de Selles, en Berry), poor ne conserrer à son serrice que les Lombards et les Écossais, dn reste mtsi pillards qne les autres. — Qaicherat {Aperçus nouveaux sur Vhist, de Jetmne d'ArCj ch. u, et Rodrigue de ViUandrando, P. JusU/ic., n* 2) attribue au chagrin que le Roi aurait conçu de ces désordres ses accès de découragement et d'apathie. Peutrétre est-ce aller trop loin.

1. Sn Yin, poisson, matériel de guerre ou en argent. Le 29 férrier 1429, la ville de Tours prête 100 écus à la Hire, alors occupé devant Orléans {Reg des Comptes, XXIV, 64). Peu après (<d., fol. 193 v), on donne 200 livres à l'Écossais Kennedy, qui pille les environs avec 800 chevaux (malgré la présence de la reine de Sicile), pour qu'il s'en aille Outre-Seine au service du roi.

2. àeg. des Comptes, XXIV, 47, et Reg. des Délibérations, t. lY, aux S et 7 octobre 1428. — Le Père Anselme, II, 939.

X Au mépris de la trêve conclue par Dunois pour l'Orléanais. 4. Ils disposaient de 200 hommes d'armes et de 100 archers.

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mais en ayant soin de poser leurs conditions ^ Bueil s'engageait entr'autres à prêter serment, au nom de Vendôme, en présence des gens de la justice du Roi et des Élus et à donner un état de ses hommes avec leurs noms et surnoms. Le 7 octobre eut lieu la revue de la compagnie de Bueil, passée par le comte de Vendôme, devant la croix du bois de Saint-Gôme s, en présence des autorités de Tours'. Toutes les formalités une fois remplies, on introduisit la petite garnison dans Tenceinte des murs. Le siège était mis devant Orléans^ (42 oct. 4428). Les Anglais,

1. Baeii deyait loger au château a[j|ec Yingt de ses hommes, pendant 15 jours ou un mois; les autres dans les hôtelleries et à leurs dépens, c pourTU qu'ils ne prennent rien sans payer, d — Arch. de Tours, {. c.

2. Prieuré, jadis entouré de bois et situé dans le Yoisinagir immédiat et à ro. de la Tille, au bord de la Loire et près du pont du chemin de fer du Mans (Busserolle à Cômé) .

3. Conformément à la couTention, la montre de cette troupe a été enregistrée en grand détail au Registre des Délibérations de la TiUe (/. c). Ces détails ne figurent pas d'habitude sur les montres officielles, simples procès-verbaux destinés à faire foi pour le paiement des compagnies. — La troupe de Bueil comptait vingt et un hommes d'armes et écuyers (y compris le trompette), et un nombre analogue d'archers (à pied), armés de cappelines (casque ouvert), et de doublets (chemise en toile double, parfois apparente) et garnis d'arc et de trait. Us ont aussi des haubergeons (tunique de mailles) et des paletots (vêtement porté snr l'armure, sorte de hocqueton à manches courtes et à capuchon). — En outre, un arbalétrier à pied est destiné sans doute, comme Ureur pourvu d'une arme de précision, à accompagner le chef de la compagnie (Viollet le Duc, IHct. du Mobilier, V, 38, et plus bas, ch. iv). ~ Les hommes d'armes sont censés équipés à deux chevaux seulement. On distingue les hommes suffisamment armés de ceux qui affirment qu'ils ont chez eux les pièces nécessaires pour compléter leur équipement. Trois écuyers sont refusés. Bueil reçoit de Vendôme pleins pouvoirs de les admettre après inspection. Tous les hommes admis jurent qu'ils serviront le Roi, en la compagnie de Mgr de Bueil, sous Mgr de Yendôme, que leurs harnoys sont leurs (c'est-à-dire qu'ils ne les ont point empruntés pour la durée de la revue) et qu'ils les compléteront. — Parmi les hommes d'armes, nous trouvons un J. Tibergeau, probablement le fils de celui dont nous avons parlé plus haut, p. xv. Notons encore un autre personnage, du nom d'Yvon du Val, procureur de Bueil au 9 juin 1458 {Coll. de pièces originales, dossier Bueil, pièce 137). Bueil est qualifié, dans la montre, « d'escuier-banneret. » En effet, il n'avait pas encore été armé chevalier. V. plus bas.

4. Tringant, X à XIII. — Chartier, Chron. de la Pucelle, — Journal du siège d'Orléans (dans Quicherat, Procès de Jeanne d'Arc, IV, 101 et 204 à 222). — Perceval de Cagny, Chronique d^Alençon, dans Quicherat {L c. Procès de J, d'A», IV, p. 1 à 37), qui en a reproduit un fragment

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oommandés par le comte de Salid)ury, marchant par la Beauce, s'étaient solidement retranchés sur les deux rives de la Loire et le sort de la France semblait dépendre de la résistance de eelte ville. En attendant que les travaux des Anglais fussent achevés, les Français continuaient à passer à travers les lignes, soit pour ravitailler les assiégés, soit pour exécuter des sorties ^ D'après le Journal du siège et la Chronique de la Pueelle^ Bueil aurait &it partie des renforts amenés dans la place, dès la fin d^octobre 4428^, par Dunois et la Hire. Il accompagnait, dans la pr^tnière semaine du carême de 4429, Texpédition du comte de Glermont. Parti de Blois avec une armée et rejoint par la garnison d'Orléans, ce dernier vint se faire battre à Janville, par l'escorte d'un convoi anglais, à la fiimeuse Journée des Harengs^. Les débris de ses troupes regagnèrent Orléans pour se disperser de nouveau ; mais Bueil demeura dans la ci té, sous le eommandemrat du bâtard d'Orléans et de la Hire^. Sorti de nouveau, il rentrait dans la ville le 4 mai, avec la Hire, pour y introduire, à travers les lignes anglaises, un convoi de vivres et d'artillerie venant de Blois par la Beauce. Dès le matin , la

eoDceniant U Pacelle, et ms. Dachesne 48, p. 63 et ft. Le même ma. cootient (fol. 114) une deuxième chronique des Comtes et dues d'Alenftm, — Chronique inédite du siège, pabl. par A. Salmon, Bibl. de l'Éc. des chartes, 2* s., III, 500 et s.

1. Au Jouvened, bien des détails dn siège de CreUhor (2* part., ch. nr) sont empruntés au siège d'Orléans. D'autres concernent le siège de Lagny-sar-Mame, en 1432 (Tringant, XVI et XVII). L'auteur du Jouv. (t* part., ch. zTi) considère les bastilles comme un système vieilli. Les bastilles anglaises étaient reliées entr'elles par des fossés doubles.

2. Le 25 octobre, d'après le Journal. Le 31 octobre, d'après la Chron. Cependant, c'est le 7 octobre seulement que nous arons vu Bueil entrer à Toars, pour y tenir garnison pendant quinze jours on un mois.

3. V. Tringant. — Pâques tombait le 27 mars. Le carême commençant le 9 février, la journée des Harengs eut lien du 9 au 14 février (le 12 d'après M. de Beaucourt). En effet, les Reg. des Comptes de Tours rapportent une lettre du comte de Glermont, datée du 14 et faisant mention de ce combat. Entre Tours et l'armée, la correspondance était coûtante. Le Roi et les seigneurs écrivaient à leurs familles ou aux Magistrats pour donner des noovelies. Les lettres qui n'étaient pas adressées à ces derniers leur étaient communiquées.

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