Lettre d'Angouléme, — Tringant
14^] INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. ocj
La porte du camp fut levée, et les Français se précipitèrent sur rennemi. Lassé par tant d'efforts et décimé par Fartillerie^ celui-ci s'enfuit, laissant, sur le champ de bataille, une bonne part de son ancienne réputation militaire ^
Les Anglais furent poursuivis jusqu'à Saint-Ëmilion sans qu'on leur accordât quartier^. Deux cents seulement furent faits prisonniers'. Parmi les morts, on trouva le corps du vieux Talbot qu'un archer avait traversé d'un coup d'épée. Cette noble dépouille fut rapportée au camp français, où Ton eut peine à constater son identité^. Mille à deux mille hommes réfugiés dans la ville de GastlUon demandèrent à capituler. La chute de cette place' fut suivie de la capitulation de Saint-Ëmilion*, et de celle de Libourne.
Du côté français, les pertes furent peu importantes, sauf parmi les francs-archers. Bueil reçut deux blessures sans gravité^. En
1. Dans la plaine de Colle, on voit encore des débris de la chapelle commërooratiTe, nommée Notre-Dame de CoUe. On y allait en pèlerinage le jour de l'Assomption. — O'Reilly, Hist, de Bordeaux, 11, 56.
2. Va corps français, commandé par le comte de Penthiè^re, réussit à monter à cheval pour effectuer cette poursuite. — Chartier.
3. D'après la Lettre d'Angouléme et d'après Chartier, 5 ou 600 furent tués derant le camp même, un plus grand nombre encore noyés ou tués sur les chemins. D'après une chronique manuscrite (Bibl. Sainte-Gene- ▼ière, n' 1156, fol. 131), plus de 2,000 hommes et, d'après Escouchy, plus de 4,000 hommes auraient péri a?ec Talbol, entre autres son propre bis et son neveu, ainsi qu'un personnage inconnu, nommé le Bâtard d'Angleterre. D'après un passage d'iEneas Sylvius reproduit par M. de Beaucourt (Escouchy, II, 41), Talbot aurait vainement adjuré son fils de se retirer.
4. Sa petite haquenée avait été tuée raide d'un coup de couleuvrine, et Talbot renversé (Chartier) ou blessé. 11 aurait offert de l'or aux archers pour sauver sa vie, mais ces derniers, irrités du massacre de leurs compagnons, auraient refusé (Basin). — Escouchy (/. c.) raconte, d'une façon touchante, Témolion du héraut d'armes de Talbot, qui, venu pour chercher son maître, qu'il croyait encore vivant, fut mis tout à coup en présence de son cadavre, complètement défiguré.