‹ Le Jouvencel (volume 3)Chapitre 143 sur 316 · Notamment par Calais · texte numérisé non relu

Notamment par Calais

3. Spécialement du fer et du vin. C'est ainsi que nous voyons les navires de John d*Ormond, alors prisonnier de Dunois, faire, en avril 1454, avec un sauf-conduit signé par Dunois et l'amiral de Bueil, le commerce des vins avec l'Angleterre. Ces vaisseaux furent pillés par des Espagnols, en vue d'Harfleur. Plainte fut portée à la juridiction de la Table de Marbre, qui était celle de l'amirauté. Brézé fit arrêter les Castillans. — Vallet de Vir., Ill, 372, note. — Pour Ormond, v. plus haut, pages dxij, clxxi et clxxiij, note 2, et plus bas, cb. xvi. — V., Bibl. nat., ms. latin 6024, pièce 92, une lettre du roi d Espagne (juillet 1455).

4. D'après Escouchy, une des raisons qui porta Charles à leur laisser la vie sauve fut l'épidémie qui décimait alors son armée. Parmi les Gascons les plus compromis étaient les sires de Lesparre, de Duras et de Montferrand. Lesparre eut, deux, ans après, la tète tranchée à Poitiers (Chartier, ch. 272).

5. Enfin, quarante habitants avaient la faculté de s'expatrier. V. ci-dessus la note sur les Lettres du 9 octobre.

6. P. Just,, L c. — Le 12, ils livrèrent douze otages, six Anglais et six Bordelais. — Escouchy.

ccx INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. [1453

mardi 46, la remise en fût différée jusqu'au 49. Les bannièras de France furent alors arborées sur les portes, et les commissaires du Roi entrèrent dans Bordeaux * .

A la 8n d'octobre, le Roi revint en Touraine, où Bueil passa une partie de l'hiver avec lui *. Charles laissait en Guieime, en qualité de lieutenant général, le comte de Glermont, aidé, comme précédemment, de Théaulde de Yalpergue et de Jean Bureau. Mais, peu copflant, cette fois, dans les sentiments des Gascons, il ikisait garder le pays par une nombreuse forée armée. En outre, les ofBciers du Roi avaient ordre de oonstmire deux forts châteaux pour tenir Bordeaux en respect'. Toutefbis, quelques mois après, Charles confirmait de nouveau les [vivilèges de cette ville ^.

La Guienne définitivement reconquise, tout le sol de la France, sauf Calais, était désormais libéré de la domination étrangère.

A peine arrivé à Tours, le Roi, afin de donner à Bueil Toccasion de prouver son innocence, ouvrit une enquête sur les différentes accusations auxquelles ce dernier était en butte \ Cette

1. Escouchy. — Les soldats anglais furent divisés en bandes, conduits par des héraats d'armes et des gens de goerre, et rapatriés, chaque homme étant gratifié d'an écu.

2. *V. pins bas, même cbap. — Mentionnons ici deux quittances de Bueil, des 26 juin et 26 décembre 1453 (Coll, de P. arigin,, dossier Bueilf l)f pour ses 80 lances, payées en Normandie. La date d'une de cet quittances, donnée en pleine campagne de Guienne, nous montre Tordre avec lequel se faisaient désormais les paiements aux gens de guerre. — BoeU figure dans la suite du Roi lors de la translation solennelle de la tête de saint Martin dans une chAsse neuve.— V. le procès-verbal du 3 féTrier 1454 {Gallia ChristianOy XIV, prov. Tours, Inslr. 96 A). Cette translation est indiquée au 10 mars dans VBistoire de Saint-Martin de Town, de Raovl Monsnier (mss. de Tours, n** 1294 et 1295). — Grandmaison, Chdnet 4ê saint Martin^ p. 8. — Bueil est présent à la séance du conseil (avril, Montils), où il est décidé d'accorder à Saintrailles des lettres de maréchal de France. — Legrand, m», fr. 6964, p. 41, et 6965, p. 191.

3. Le Château-Trompette et le fort du HA. — Chartier, 271 et )74. — Berry, 472 et s. — Chron, Martin., fol. 297.

4. Ms. fr. 5909, fol. 241 v*. Copie du temps, sans date. — Ordonnamem^ XIV, p. 270. Lettres du U avril 1454 (Montils).

5. L'information se fit à Tours, sons la direction du chancelier de France et en présence de Bueil. — P. Just., 1454.

1454] INTRODUCTION BIOGRAPHIQUK. ocxj

enquête, mentionnée par nous, à propos des plaintes du duc de Savoie contre les négociateurs de Gleppié, portait encore sur d'autres points qu'il est nécessaire d'examiner en détail^

On se souvient que le Roi s'était servi, dans ses négociations avec le duc, d^un certain Amancy, messager quelque peu intri* gant, qui était tantôt au mieux, tantôt au plus mal avec le chancelier Jacques de Yalpergue. Au commencement de 4453, Amancy avait été chargé de s'acquitter, auprès de la cour de Savoie, d'une nourelle mission, dont le but principal était de poursuivre l'apaisement de l'affaire des bannis^ tout en mettant les Yalpergue dans les intérêts de la France^. Dans un moment d'eflùsion, Amancy révéla au chancelier que l'amiral de Bueil, malgré la grande faveur dont il jouissait auprès du Roi, entretenait avec le Dauphin une correspondance secrète et mettait ce dernier au courant de tout ce qui se passait dans le Conseil. Amancy engageait Yalpergue à s^adresser à Jacques de Ghalant, l'un des femiiiers du Dauphin et parent du chancelier lui-même, pour obtenir la possession d'une de ces lettres et s'en servir pour renverser TamiraP.

Telle est, sans aucun doute, Torigine de l'accusation qui ftiillit enlever à Bueil la confiance du Roi durant la campagne de Guienne. Peut-être, Yalpergue, désireux de perdre Amancy et de faire montre, envers le gouvernement de Charles YII, d'un dévouement encore de fraîche date, avait-il informé ce dernier des propos tenus par son agent^. La malignité des ennemis de Bueil, parmi lesquels il faut, sans doute, compter les Ghabannes, avait Mi le reste. Il importait aussi d^examiner la conduite tenue par les conseillers du Roi à Cieppié, ne fdt-ce que pour

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