Entre autres Vallet de Vir., Hist.y III, 10 et s. et
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Beaucourt, la naissance de cette seconde fille ne remonte même pas si haut.
Charlotte épousa, en 4462, Jacques de Brézé, fils de Pierre. Ce mariage avait donc lieu à peu près au même moment et dans les mêmes circonstances qui amenaient Tunion de sa sœur cadette, Jeanne, avec Antoine de Bueil. En effet, à l'avènement du Roi, Pierre de Brézc, qui avait été courageusement au-devant de lui jusqu'à Bavay, près Avesnes, fUt arrêté, puis remis eu liberté, sur la demande des frères de Croy. Cependant, a son arrivée à Reims, le Roi fui pris d'un retour de sévérité, car il refusa au duc de Hourgo^nie la grâce de Brézé, ainsi que celle de Dammartin. 11 alla même jusqu'à les dépouiller tous deux de leurs charges et les l)annit du royaume, en mettant leur têle à prix pour une somme de ijuinze cents écus*. Mais Brézé ne voulut pas quitter le sol de la France, el, après avoir mis ordre à ses affaires, il resta errant dans les forêts de cette Normandie qull avait gouvernée en roi^. Bientôt, apprenant que Louis XI le faisait chercher, il se rendit de lui-même à Paris. Enfermé à Loches, il fut interrogé, puis subitement élargi^. C'est alors
1. V. Chron, de ChasleUain, IV, 24 et s., 175; VII, 37, note. ~ Brézé Tint à Nogent-1e-Roiy où il tenait un prisonnier anglais, Roos, demi-frère de mère du duc de Sommerset et, comme Ormond et Bergavenny, l'un des otages livrés lors de la prise de Rouen (v. plus haut, p. clxij, note 5). Ce fat à ce Roos que Brézé demanda cx)nseil sur la conduite A tenir.
2. En noT. 1461 , il en était réduit à se tenir dans les k>ols près de Bayenx, où les agents du Roi assuraient qu'il conférait avec Tévéque de cette ville, Louis de Ilarcourt. — V. Basin, Hist. de Louis Xi, livre I, ch. ii, et M&s. fr. 2O486, 112, et GO08, 241, lu leUre de Labarde, commandant du Poot-d^l'Arclie (19 novembre 14G1). — L'on sait que Brézé passait pour être épris de la reine d'Angleterre. Dans ces conciliabules secrets, il s'agissait soit dc;^ atTaircs do ce dernier pays, soit aussi du mariage du duc de Calabre avec la Hlle du comte de Gharolais et de celui du tils de Brézé avec la fille du seigneur de Croy.
3. Cbastellain, /. c. — Cet auteur, plein de sympathie pour les malheurs de Brézé, lui a consacré une pièce en prose, écrite dans le style étran^ic qui lui est propre. Cette pièce curieuse est intitulée : Déprécation pour meuire Pierre de Brézé {Œuvres, VII, p. 37). Un jeune homme, nommé Noblesang, apparaît en songe à Chaslellain et lui fait, sous forme de prosopo|>ée, l'éloge de Brézé. Vient ensuite celui du roi Charles, du roi de Sicile, etc.. etc. Chacun de ces morceaux se termine par l'expression de la douleur causée au personnage loué, par les malheurs de Brézé. Le
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que le Roi conçut le projet de le rattacher à sa cause, exk mAme temps que Jean de Bueil. En effet, dès la fin de Tannée 44<M, il délivrait à maître Jean Dauvet, premier président de Toulouse, et à Jean de Beauvau, sénéchal d'Anjou, des lettres patentes les autorisant à traiter du mariage de Charlotte de Valois avec Jacques de Brézé^ Quelques mois après, ce projet était devenu un fait accompli et la paix conclue, du moins en apparence'.
L'union de Charlotte de Valois eut, d'après la Chronique scandaleuse j une fin tragique. Épouse infidèle, elle fut surprise, le 43 juin 4476, et tuée par son mari avec son amant, Pierre de la Vergne ^. La date de cet événement, ainsi que celle
tout finit par une adjuration au roi Louis XI. Nous donnons ici le passage qui concerne Jean de Bueil (p. 47) : « O clarté des Angevins, seic gneur de Bueil, le produiseur des vailians corps, le lyon des frontières f et Taspre mordant tigre des Mensois, qui armées sçais exploitier en a aigreur et sang cspargnier en compassion, que dira droit-cy ta noblesse? f Quel contenement sera en toy, quand tu oras dire que ton sang si c prochain aura pris une telle termination ? Hélas t et n'en seront les c vertus plaintes en toy de si tost faillir, et que tant de mentes qoi lay c doivent gloire seront recompensées de telle paye ? i Ce roorceaa renferme une allusion à la parenté unissant les Brézé aux Bueil (v. plot haut, p. xij, note 6). Ce n'est point du siège de Metz que Ghastellain parie ici, comme le prétend son éditeur, mais plutôt des combats livrés par Bueil aux Anglais autour du Mans. — On trouvera, dans ce même morceau, une mention de la mort de Robert de Brézé à Saint-Jacques en 1444.
1. Ms. fr. 6968, p. 3, en 1461 ; copie d^un inventaire de pièces despre* mières années du règne de Louis XI. Papiers concernant la délivramee et Vappoiniement de M. de Maulevrier. — Ms. fr. 6970, p. 111, lettre de Brézé du 8 juin 1403.
2. Vallet de Vir. {Nouv. Rech. sur Agnès Sorel^ p. 84) a pubtié aoe lettre de Louis XI, datée de Bordeaux, 18 mai 1462, accordant certains avantages à Pierre de Brézé, à l'occasion du mariage de Jacques, alors accompli. — Ms. fr. C960, Legrand, livre V, p. 36. — Le 21 juin 1462 (Ms. fr. 6969), Brézé est chargé de conclure une trêve avec la reine Marguerite d'Angleterre. — Le 16 août (Rouen), le Roi lui donnait ordre de rassembler des vaisseaux pour tenter en Ecosse, avec 2,000 hommes, one expédition dangereuse en faveur de Marguerite. Cette expédition n'anrait été entreprise, dit-on, que pour chercher à se débarrasser de Brézé. Cependant, elle avait été déjà projetée, par Charles VII, en 1461. — Ms. fr. 6969.
— Duclos, Ilï, 202 et 203 ; lettre du comte de Foix. — Vallet de Vir., lU, 439. — Du Clercq, Chron. Nat,^ III, 213. — Basin, 1. 1, ch. vn et xnr.
— Anciennes Chron. d'Angleterre, par Jehan de Wawrin, seigneur da Forestel, éd. de M"' Dupont (Publ. de la Soc. de l'Histoire de France), p. 317 et s.