Donné à Pont-de-rArche. — Ms. fr. 6971, n
3. Avant le 14 janvier 1466 (probablement le 13, d'après Quicherat, B<isin) ; car, à cette date, le Roi reçoit la députaUoo de Rouen et Isl pai^ donne (ms. fr. 6973, p. 125, copie), ayant toujours soin d'excepter les six conseillers nommés plus haut.
4. Hist. de Louis XI, de Legrand, ms. fr. 6%1, Ut. IX, p. 14 et s. — Le duc François venait de Gaen. Une sorte de sympathie unissait eet deux princes, tous deux faibles et incertains, et ils eurent Tite oublié leur querelle, ou plutôt celle de leurs conseillers. En effet, le Roi, ayant demandé, peu après, au duc de Bretagne, de chasser le duc de Normandie de ses états, se vit refuser sa demande.
5. t Or ainsi se retira le duc de Normandie, en Bretagne, paoTre et <x défait et abandonné de tous ses chevaliers qui avoient Mté ta Roy
1466] INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. ceUx
grâce; car, comme le dit Barante, il ne témoignait plus de rancune aux gens dont il avait quelque chose à espérer ou à redouter. La guerre du Bien Public lui avait enseigné à sacrifier ses ressentiments à ses intérêts.
Le 22 janvier 4466, à Pont-de-rArche, le Roi donnait des lettres de rémission à la douairière de Brézé ^ Le 2 février, le duc de Bretagne autorisait le Roi, par lettres patentes, à pardon* ner à BueiP. Au mois d^août suivant, Pierre et Charles de Ghaumont d'Amboise et Jean de Daillon sont encore seuls exceptés d'un pardon général^. D y eut cependant du sang versé. Louis XI^ qui cherchait à gagner les grands personnages, éprouvait moins de scrupules à Fégard des plus petits. Plusieurs serviteurs du duc de Normandie furent noyés et décapités; d'autres furent exilés et virent leurs biens confisqués ou détruits^.
Ainsi se termina cette grande lutte. La royauté, qui avait paru chanceler un moment, en sortait victorieuse, grâce aux divisions de ses ennemis. Sacrifié par ses alliés, le duc de Nor-
c Charles son père et aToient fait leur appoîQtemeQt avec le Roy, et c mieax appointez de lui que jamais n'avoient esté de son père. » — > Gomines, Ut. I, ch. xti.
1. Et non au patriarche Louis de Harcourt, comme Legrand le dit à tort. — V. un peu plus bas, en note, et cf. mss. fr. 6961, Ut. IX, p. 14 et s., et 6973, p. 293.
l. Caen, 2 féTrier 1466. — V. la lettre, ms. fr. 6963 (n* 1168); Mém, pour l'Histoire de Bretagne, par D. Morice, III, col. 143 ; et D. Lobineau, Hist. de Bretagne, II, 1283. Sont exceptés du pardon le patriarche et son frère, DaUlon et les deux Chaumont d'Amboise.
3. La Motte d^Esgry, 24 août 1466. Registres du Trésor des chartes, n* 194, p. 102. — Le Roi ordonne des commissaires pour leur faire leur procès. Jean de Uarcourt, d'abord fait prisonnier, aTait reçu sa grâce par lettres du duc de Brelafçne, le 16 féTrier. -- Morice, Hist, de Bretagne, III, 118. — Gaguin, fol. 145 r*. — En juillet, le patriarche reçut des lettres d'abolition et fut exilé momentanément à Rome. — Ms. fr. 6973, p. 293 et 311.
4. Réponse du duc de Normandie au comte de Charolais, ms. fr. 6973, p. 209. — V. aussi même toI., en 1466, les Interrogatoires d'Antoine Regnartf archer du maréchal Joachîm Rouhauit, touchant la prise de Pontoise. L'interrogatoire du 5 mars 1466 est principalement dirigé contre Chaumont et Daillon. Regnart dit à Chaumont que, lorsque lui et les autres grands seigneurs auraient fait leur appointement, les gens de peu seraient abandonnés à la Tengeance du Roi. — Mémoires de Duciereq, liT. V, ch. xux, et Ckron. Scandaletue, en 1465 et 1466.
eclx INTRODUCTION BIOGRAPHIQUI. \\m
^nandie en jugeait sainement les eonaéquenees, lorsqani prédisait à ceux qui l'avaient abandonné un sort semblable au lies*. Dix ans plus tôt, au moment de la fkiite de son fils en Bourgogne, Charles VII avait déjà durement entrevu Taveoir. Informé des égards dont le duc de Bourgogne eomblait le Danphin rebelle, il s'était écrié : « Mon cousin de Bcmrgogiie ne sait ce qu'il bit de nourrir le renard qui mangera ses poules. >
Quant aux conseillers du duc de Normandie, ce n'élaie&t pu seulement les avantages remportés par la royauté qui les poussaient dans les bras de Louis XI. Sans doute, les évéoeoients venaient de révéler tout à coup chez le fils de Charles Vil des talents qu'on ne soupçonnait pas, et Jean de Bueil et ses amis avaient pu s'apercevoir que, dans la partie engagée, ib n'étaient pas du côté du plus fort. Hais il convient de remirquer aussi, à la décharge des conseillers de Monsieur Charles, que les circonstances ne leur laissaient pas le choix du parti à prendre. Lia haine que, depuis l'afEure de Rouen, on leur portait en Bretagne, ne permettait ni à Bueil ni aux autres de suivre leur maître dans ce dernier pays, et le duc de Normandie loimême leur indiquait clairement la seule voie qui leur restât ouverte'. Enfin c'était à regret que quelques-uns des andeos compagnons de Charles VII s^étaient vus contraints, au début de la guerre du Bien Public, de prendre parti contre eeile royauté dont ils avaient été les fidèles soutiens'.
A cet égard, les sentiments de Bueil ne sauraient être douteux. Son pardon obtenu, il pouvait d'autant mieux se livrer à ses inclinations naturelles que, dès lors, il était redevenu, co qualité de comte de Sancerre, le vassal direct du Roi rentré en possession du duché de Berry. Les circonstances lui permettaient, d'ailleurâ, de servir, à la fois, les intérêts de Monsieur Charles et ceux du Roi, en cherchant à amener un rapproche* ment durable entre les deux frères.