‹ Le Jouvencel (volume 3)Chapitre 178 sur 316 · CHAPITRE XVn · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVn

Sommaire. — Guerre avec la Bourgogne (1470-1471). — Conseil de guerre tenu à Beauvais. Changements survenus dans Tari militaire depuis Charles YII. — Dernières années de Jean Y. La collégiale de Bueil. Mort de Jean de Bueil (7 juillet 1477). Son tombeau. — Conclusion.

Après avoir réglé les affaires de Guienne et de Bretagne, le Roi se décida à déchirer le traité de Péronne et à rompre avec la Bourgogne, désormais isolée. A partir de juillet 4470, il mit tout en œuvre pour s'emparer des villes de la Somme. Aux préparatifs militaires se mêlaient des négociations secrètes, qui avaient pour but, soit de se faire livrer ces villes, soit de soulever la Bourgogne ^

La campagne commença subitement, sans aucune déclaration préalable. Le 3 décembre 4470, le Roi tenait à Amboise un conseil où la reprise des hostilités fût résolue^. Le 40, le connétable de Saint-Pol, qui venait de surprendre Saint-Quentin',

1. Mft. fr. 6758, fol. 53 ▼*, 56 et passim, et Comines, 1. ni, ch. i. — Le tnité d'Angers concla, Bueil, après aToir passé à Amboiae et y avoir reça 8,000 1. sur sa pension, était rentré à Vaujours. — Ordonnaneês, XVII, W, au 13 mai. — CUirambanlt, 144, au 14 mai. ~ CoU, de P, origin,, 4 âueil, 101^ En effet, il reçoit, dans cette localité, en join 1470, une lettre des seigneurs du Grand Conseil, à laquelle il fait réponse. — Ms. fr. 6578, p. 50. ~ En juillet, Bueil et son lieutenant et Toisin Merry de Goalié reçoivent à Vaujours et à Pontenailles des lettres du Roi datées des Pontft-de-Cé. — Ms. fr. 6758, /. c. — En septembre, Jean V est aax Montils-lez-Tours. — Ms. fr. 6982, p. 257. Confession de Jean Bressin.

2. Ms. fr. 6961, 1. Xill, p. 80. — V. aussi dans Comines, éd. Godefroy, III, p. 128 et s., le manifeste daté d'Amboise, 3 décembre, lancé par le Roi contre le duc de Bourgogne. On peut voir par cette pièce que Bueil o'assistait pas aux états de Tours, au mois de mars précédent.

3. Chron. Scandaleuse^ p. 167. — Basin, Ut. III, ch. vu. — D'après Comines, le connétable de Saint-Pol et les ducs de Guienne et de Bretagne étaient d'accord pour pousser à la guerre, dans Tespoir que le due de Bourgogne, effrayé, consentirait à marier sa fille au duc de Goienne qui n'y avait jamais sérieusement renoncé.

cclxn INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. [1470

y faisait son entrée avec deux cents lances et des archers. Quant au duc de Bourgogne, qui n'était point préparé à cet acte d'hostilité et, disons-le, de mauvaise foi, il hésitait encore à comprendre la signification de cette entreprise ^

Cependant, le Roi continuait ses préparatifs, concentrant des troupes vers le nord et se transportant lui-même d'Amboise sur Paris (janvier)'. Bueil, qui se trouvait alors à Vaijyours avec son lieutenant Fontenailles, recevait des ordres, sans doute destinés à l'appeler auprès de Louis'. En même temps, on apprenait que Dammartin s'était emparé d'Amiens, de Roye et de Montdidier^. Le Roi lui-même, amenant avec lui rarrièreban, traversait Senlis et Compiègne et rejoignait le connétable à Saint-Quentin, où se trouvaient concentrés quatre mille lances et vingt mille hommes de pied. De son côté, le duc de Bour^ gogne, un peu revenu de son étonnement, partant d'Arras, s'emparait de Picquigny et venait, accompagné d'une armée formidable, planter son camp devant Amiens, sans oser toutefois entreprendre aucune opération sérieuse'.

L'occasion semblait belle pour le Roi, qui s'était rendu à Beauvais*, de combattre le duc, en se feisant appuyer par une sortie de la garnison d'Amiens. Cependant, ne pouvant se résoudre à donner Tordre de l'attaque, il réunit les principaux capitaines de son armée pour les consulter. Bueil parla le premier ^ : c Sire, dit-il, je suis prêt à donner ma vie pour vous,

t. Chron, Scandai. — Rasin. — Déjà, aa mois de mare 1470, le Roi, ayant rassemblé Jes états généraux à Tours, avait fait sommer le dne, par huissier envoyé à Gand, de comparaître devant le Parlement. Cette brusque attaque avait forcé le duc à faire quelques préparaUfs de guerre; mais, ne voyant rien venir, il avait, peu après, congédié ses miUoes qni lui coûtaient fort cher. — Comines.

Page 1