‹ Le Jouvencel (volume 3)Chapitre 211 sur 316 · En tête, 7 folios, plus un feuillet blanc · texte numérisé non relu

En tête, 7 folios, plus un feuillet blanc

6. On lit sur le feuillet de garde (écriture du xvi* siècle) : « Des His- « toires et livres en Françoys, Polpito 3*, contre la muraille devers la « court. — Le Jeuveneel introduict aux armes. > En tète du texte, on

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variantes, dont quelques-unes sont très considérables ^ des interversions de passages et beaucoup de fentes de copie. Il faut enfln noter que la Table et les Sommaires des chapitres sont beaucoup plus développés que dans les autres manuscrits, et, notanunent, que dans celui de l'Arsenal.

(L.) — Manuscrit de Munich.

Nous tirons la description de ce manuscrit du Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque royale de Munich '. Manuscrit petit in-folio sur vélin du xv^ siècle, écrit en 4486, renfermant 240 à 242 folios, avec neuf miniatures de fecture soignée. D provient de la bibliothèque Palatine. Comme dans le manuscrit La Gruthuyso, le titre du livre est indiqué sous la forme /(mnencely et le manuscrit commence et finit dans les mêmes termes ^. On lit au folio 2^ : « lilscript pour le très noble et <c très puissant seifineur mons' Phelippe de Clcves^, par votre fit trèshumble et trèsobeissant serviteur Jehan de Rridien- « borch, anno 4486. » On trouve, en effet, au folio 208^ h signature autographe de Philippe et, au folio 3, ses armes.

Ce manuscrit, qui est le seul portant date certaine, pourrait bien être très voisin du manuscrit La Gruthuyse. Il a, comme lui, neuf miniatures.

Ut : c Le Jeuvencel noiivellemenl fait... par un discret et honooiinUe chevallier Jehan de Bueil... » Le dernier feuillet se termina par U réi>étition de l'en-U^tc du livre, n Cy fine le livre du Jennencel compilé... pour introduire et donner couraige... »

1. Par exemple à la iin du di. vu et au ch. viii de la 2* partie.

1. Catalogua Codicum Manuscriptorum Biblioih, Regiae monaeeniU. VII, p. 60, M* 4!K) {Cod, GalL, !)). — Nous devons cette indicalioB i l'obligeance de M. Th. Dufour, dire<tcur de la Bibliothèque pubUipie de Genève. Mal heureusement, nous n'avons pas pu obtenir de neoaeipements de la blbliothi''que de Munich.

3. Le ms. commence loi. 3, par la Table, en ces tenues : c Gy con- « mcncc la table d«^ ce présent livre appelle le Jennencd^ nouvellement « fait et compilé, etc.. • Il Unit au fol. 20:)^ à peu près dans le« mêmes termes, suivis de la mention suivante : c Krlekenborch me scripeltaono Domini 1486. o

4. Philippe de Clèves, né le I" janv. 1467, évoque d'Amiens, puis de Nevers et d'Aulun, (ils de Jean i", duc de Clèves, et d'Elisabeth, fille dk Jean de Bourgogne, comte de Nevcrs.

INTRODUCnON UTTËRAIRE. ccexxTÎJ

(G.) — Manuscrit du Brîtish Muséum.

Manuscrit sur vélin du xy^ siècle % in-folio, sans armes ni vestiges de propriété. Origine inconnue. Six miniatures aux folios 9, 44, 432, 473^, 224 et 227. Ce manuscrit, qui est incomplet, s'arrête dans le iii« chapitre de la 3"* partie, au traité fait par le roi Amydas avec les ambassadeurs du duc d'Ath, c'est-à-dire immédiatement avant les gages de bataille et un peu plus loin que le manuscrit Lia Vallière. Le Commentaire fait défaut. Le second folio du texte du roman commence par « [déjfendre et garder le peuple^. »

D'après van Praet, Louis de Bruges, seigneur de la Gruthuyse, fut créé comte de Wincester le 43 octobre 4472 par le roi Edouard d'Angleterre, qui, exilé, habitait alors comme lui Bruges et avait même été son hôte. Remonté sur le trône, le Roi voulut aussi avoir quelques-uns de ces beaux manuscrits qui se fabriquaient dans cette ville ^. PeuUêtre faut-il voir là l'origine du manuscrit du British Muséum,

Voyons, maintenant, quelles conclusions nous pouvons tirer du classement de nos manuscrits. En ce qui concerne la première famille, on peut considérer, à priori, les manuscrits renfermant le Commentaire comme moins anciens que les autres.

Le manuscrit de l'Arsenal, qui forme à lui tout seul le groupe n^ 4 de cette famille, présente cependant une exception unique et très importante à la règle que nous venons de poser. En effet, dans ce manuscrit, qui est la base de notre publication, le Commentaire est d'une autre écriture et d'une autre

1. Coté français 16 F, 1. Casley's, Catalogue of ihe Manuscrits of the King's library^ etc. Londres, in-4% fig. Index à Bueil et page 290.

2. Ceci se troure à la 2* ligne da second folio du ms. La Gruthuyse.

3. Van Praet (/. c.) renvoie, pour un second manuscrit du Jouvencel sans miniatures, à Casley, p. 292; mais nous n'avons rien trouvé à ce passage. Il dit aussi, nous ignorons d'après quelle autorité, que ces deux mss. du Jouvencd sont datés de 1470 et 1479.

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encre que le corps même du roman *. Nous possédons donc, dans ce texle, un manuscrit sui çeneris, qui est, d'une part, très rapproché du manuscrit original, et qui, d'autre part, a été complété quelques années après, soit par Trîngant lui-même, soit par quelqu^un qui tenait de près aux auteurs du Jouvened.

Nous avons compris dans un même groupe (n* 2) de la première famille les manuscrits a (sans Commentaire] et les manuscrits h (avec Commentaire], En effet, ces manuscrits, tous plus ou moins dérivés du manuscrit de l'Arsenal ou de manuscrits similaires, avant ou après l'adjonction du Commentaire^ sont très semblables les uns aux autres par le texte, malgré des différences d'âge assez sensibles. Remarquons entre autres que tous ceux de ces manuscrits que nous avons pu examiner renferment, à l'exception du manuscrit de Gotha, une variante assez importante, qui ne se trouve ni dans le manuscrit de l'Arsenal, ni dans le manuscrit La Gruthuyse*.

Les quatre premiers manuscrits du sous-groupe a, qui se tiennent de très près, paraissent dériver directement les uns des autres. Le manuscrit de Gotha, que son écriture permet, croyons-nous, de dater du xt* siècle au lieu du xn*, peut être considéré comme le plus ancien et sert d'intermédiaire entre les trois autres et le texte de l'Arsenal. On remarquera, enfin, que le plus récent des quatre (1) peut être daté, d'une ftçon presque certaine, de l'an 4475 ^.

Les deux manuscrits à Commentaire F et B du sous-groupe fr, tous deux du xvi' siècle, bien que d'un texte moins correct et

1. Ceci est également vrai de V Exposition ou résumé du Commeiiiainr, qui figure sur le premier feuillet dans ce seul manuscrit.

2. Cette variante, qui se trouve dans les mss. G, D, E, F, H, ininé* diateinent après la prise du Sap (3* partie, ch. m), commence ptr : c Aprez la prinse du Sap, plusieurs gens parlèrent ea la présence do

Roy > Elle se tennine à « sans y estre attrapé comme le poisson

dans la nasse. • Le ms. I est trop incomplet pour renfermer ce passage. Nous n'avons pu vérifier ce point sur les mss. K, N et L, ne les ayant pas sous la main. En dehors de ces derniers, le ms. de GoUia est donc le seul du groupe 2 dans lequel on ne trouve pas cette interpolttion.

3. Les deux derniers mss. du sous-groupe a (C et N), moins rapprochés de<; précédents, dérivent aussi d'un teite analogue A celnl dn ms. A.

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moins complet que celui de l'Arsenal, paraissent, cependant, dériver d'un ancêtre commun à tous trois. Il faut aussi, sans aucun doute, comprendre dans ce sous-groupe le manuscrit de TEscurial (K), que nous n'avons pas pu consulter. Ce manuscrit, dont récriture remonte au xV" siècle, serait le plus anci^ des Manuscrits à Commentaire,

Dans la deuxième famille, remarquons le manuscrit La Grutbuyse, dont le texte assez fautif s'écarte considérablement de ce que nous considérons comme le type original du Jouvencel*. La chose est d'autant plus singulière que ce texte assez ancien est, en outre, en quelque sorte, celui d^un manuscrit de famille. Il est vrai que le luxe des miniatures permet de supposer que son premier propriétaire attribuait au texte une moindre importance. Mais il fkut aussi conclure que, déjà à cette époque, une fréquente circulation avait altéré la forme du roman dans un certain nombre de copies'.

En résumé, nous pouvons remonter très haut dans Pbistoire du texte du Jouvencel^ par une série de cinq manuscrits en rapport de filiation directe, dont le plus moderne (I) est daté de 4475, et dont le plus ancien (A) devait être voisin d'un manuscrit original postérieur lui-même à 4466. Ces données chronologiques sont encore confirmées par le fait qu'il existait, avant la fin du siècle, toute une série de manuscrits déjà très éloignés du texte primitif.

En ce qui concerne Tantiquité du Commentaire^ il fkut se borner ici à constater qu'il était déjà transcrit sur certains manuscrits avant la fin du xv'' siècle. La composition de ce travail peut donc bien, comme nous l'avons supposé, remonter aux dernières années de Louis XI ^.

t. V.. |Mr ex., 2* partie, fin du chap. ru et chap. tiii, on récit toot à fait différent de celui du ms. A.

2. Noua rattachoni^ à ce groupe le ras. M daté de i486, qui, autant que nous pouToiiA eu juger, présente, avec le ms. B, certaines analoglea. — Le ms. G du British Muséum, que, faute de renseignements suffisants. Dons ne pourons classer, pourrait bien aussi le rapprocher de ce groupe.

3. n n'y a aucune conclusion à tirer, à ce propos, dn fait que le ms. L,

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L'eiamen des manuscrits du Jauveneel nous conduit ainsi à des résultats qui concordent entièrement avec ceux de nos rechercties biographiques * .

§ V. — Éditions imprimées du Jauveneel.

Ces éditions, au nombre de cinq, imprimées à la fin da XY* siècle et au commencement du xvi*, sont dévalues très rares. Suivant une habitude fréquente à cette époque, elles ont été considérablement tronquées. Aussi, Sainte-Palaye, qui connaissait celles de 4493 et de 4529, fait-il observer, avec raison, qu'elles sont de nature à donner une idée tout à ftdt déftvorable et feusse du Jouvencel.

W Édition de 4493, d'Antoine Vérard,

Intitulée le Jouvencel. Petit in-folio gothique, orné de vignettes sur bois^, comptant 98 feuillets, y compris le titre et la table qui est à la un. Le livre commence au Prologue de la première partie en ces mots : <c Au commencement du monde, après que Dieu eut créé... » Il se termine par : « Gy finit le Jouvencel^ c imprimé à Paris, le 27* jour de mars 4493, par Antoine a Vérard. »

Cette édition, très rare, ne renferme que la première partie du Jouvencel et la première moitié de la seconde-, car elle s^arrête à la fin du chapitre xvii, avec la Collation de màUre Nicole^, Il en est de même des autres éditions qui ne sont, vraisemblablement, que des réimpressions de celle-ci.

daté de 1486, ne renferme pas le Commentaire. En effet, ce dernier foa* Tait fort bien exister à cette date, tout en étant inconna oo indiffémit à une partie des lecteurs du Jouvencel, et, notamment, à ceux qui éCaiaBt étrangers à la France.

1. V. plus haut, Introd, biogr.y p. ccxlv et chap. xv, et IntroiL IUL, 1 1.

2. La vignette qui est en tète représente saint Jean écriTint sor u lutrin.

3. Un exemplaire, relié en maroquin et portant le n* 4128, a été rmà» 73 livres le 12 janyier 1784, à la vente de la collecUon La ValUère. On peut supposer qu'il provenait de Vaujours, et il avait peat-^tre appirtewi aux Bueil. — Un exemplaire sur vélin, orné de 25 belles miniatnrw^ fUI partie de la fiibl. impér. de Vienne, venant de la BiU. de Hoheadorf,

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r. Édition de U97, d'Antoine Vérard.

Imprimée par Antoine Vérard à Paris, et citée par Hain ^ . S*". Édition de 4 520, de Phitippe Lenoir.

Indiquée par Brunet', citant Panzer, qui cite lui-môme Menzel. Elle est aussi mentionnée par du Yerdier'. Cette édition in-4® est intitulée : « Le llyre de Jouvencel traictant de « diverses matières bdliques et munitions, tant pour assiéger « forteresse que duire gens au fait de guerre, selon Vegeoe, « Frontin, Spartien et autres auteurs. »

4^ Édition de 4 523, de Philippe Lenoir.

In-4'' gothique de 84 feuillets numérotés et un non numéroté, orné de gravures sur bois, imprimé à Paris le 20 avril 4523, par Philippe Lenoir. Elle est intitulée : « Le livre du Jouvencel, « lequel traicte de la guerre, tant de assiéger forteresse et pais « que assembler ostz, etc..., selon Yegece, Frontin, Sparcien, « etc..., nouvellement imprimé à Paris. » Cette édition se termine au même endroit que l'édition de U93.

5<>. Édition de 4529 (v. s,), de Philippe Lenoir,

Porte le même titre que celle de i 520, sauf les derniers mots, à partir de selon Vegece. A la fln^ on lit : « Nouvellement « imprimé à Paris le dernier jour de mars mil cinq cens vingt « et neuf^, par Phelippe le noir... » Petit in-4® gothique de

où il a été daté, par erreur, de 1497 {Cafal., l'* partie, p. 220, n* 1435). ~ Un autre exemplaire sur yélin se troure au British Muséum {Caial., III, Repert. Bibl., p. 47). — Enfin on en trourera un, sur papier, à la Bibl. nat. de Paris (Réserre, 217 A). — V. Saiute-Palaye, L e. — Panlmy, Mélanges, I, 222, et Catal,, Ms., t. IV, n- 4160. — De Bure, Cafal. de la CoU, La VaUière, II, 44, et 111, 31 . — Van Praet, Caial. des livres imprimés sur vélin, Il (B L), p. 203, n* 445, et Recherches sur L. de la Grufhuyse. — Brunet, Manuel, III, 581, et La France liUéraire au XV siècle, 1865, p. 101. — L. Hain, Reperiorium biblioirrapkkum, usque ad annum M D, II, p. 167, n* d462.

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