‹ Le Jouvencel (volume 3)Chapitre 269 sur 316 · Var. : « au mieulx qu'ilz peurent. i Éd. Vérard · texte numérisé non relu

Var. : « au mieulx qu'ilz peurent. i Éd. Vérard

2. D'après le Commentaire (XXXI) Guillaume Bouqueton désigne le capitaine anglais Mathew Gough (Matago). — Cette détrousse des ennemis du Jouvencel pourrait représenter la petite Tictoire que Jean de Bueil remporta à Etrépagny en 1435 sur

€ chevalier ? dist le Jouvencel, car vous en portés les c enseignes, ce me semble. » — c II est vray, dislc il, sire ; je me recommande à vous. » Et adonc k Jouvence! le prinst par la main et lui dist : c Ainsi, c sire chevalier, faittes bonne chière ; car vous estes € en mains où j*ay bien puissance ^ . » Puis dist à Ambroise qu'il le menast hors de la presse pour le laisser reposer; car il estoit moult lassé. Après demanda oii estoit le Mareschal et Gervaise. A quoy ung archier, qui là fut, lui dist que le Mareschal estoit dessoubi ung ormeau moult fort blechié et que là estoit Gervaise, qui le faisoit habiller.

Si tira incontinent celle part et demanda au Mareschal conunent il se portoit. Et il lui respondit que bieo, Dieu mercy ! et qu'il n'avoit garde au plaisir de Dieu. Puis lui dist qu'il, retour nast, lui et Gervaise, mettre leurs gens en ordonnance pour retourner en la ville de Grathor, et qu'ilz ne s'amusassent point à lui ; qui ainsi le tirent. Et ordonnèrent que le Mareschal fust porté par les archiers en une maison du villaige conquis, où l'en lui fist une lictière. Et, quant il fut couchié dedens, ilz ordonnèrent leur retour en telle manière, c'est assavoir que on bailla à Gervaise quarante hommes

Thomas Kyriel et Matago. A Etropagny, comme dans le pasnge qui nous occupe, les ennemis ne se doutaient de rien, Jean de Bueil ût une longue course pour les surprendre et fit prisonnier Matago. (Commentaire, XXV.) Il y a beaucoup de présomptions j)our que le passage ci-ilessus soit le récit déguisé de ce fait d'armes. — Quant au nom de Guillaume Bouqueton, Jean de Diieil ne Ta pas tout à fait inventé : on trouve comme Ueutenant (lu duc de Dedfonl à Bayeux en 1435 un messire Guillanme Bougrono (Arch. nat., K 6i, n» l^).

i. Var. : a où vous n'aurez nul mal. i G.

d'armes et tous les archiers ; après, le mareschal et tous les autres mallades et blechiés ou millieu, et puis les prisonnyers ; et le Jouvencel estoit derrière atout la graut bataille des lances.

Ainsi s'en retournèrent à Grathor sains et sauves à la mercy Dieu ! atout leur prinse. Et leur vindrent au devant le Gappitaine, le sire de Roqueton et ceulx qui estoient demourez en la ville avec eulx et qui les reçeurent à moult grant joye. Et, quant ilz furent dedens la ville, le Gappitaine et le Jouvencel commandèrent que messire Guillaume Boucqueton et tous les gens de bien de sa compaignie fussent bien et bon- . nourablement traictiez. Et baillèrent au Mareschal médecins, myres et barbiers pour faire garir ses playes. Et ainsi demourerent en la ville par une espace de temps et .acreut leur renommée par tout le pays. Si n'estoit nouvelles que d'eulx et de leur^ beaux fais d'armes. Parquoy ilz estoient amez et chéris de leurs amys, crains et redoubtés de leurs ennemis. Et tellement entretindrent la ville en paix et tout le païs d'environ selon le conseil et bonne ordonnance du Gappitaine, comme dessus a esté recité, que, en bien pou de temps, le pueple multiplia et fructiffierent les mardiandises. Et s'entretindrent et gouvernèrent bien et honnourablement. Ainsi appert ce qui est dit au conunencement de ce chappitre, et comment quant on est venu à chief d'aucune bonne œuvre, on ne doit pas estre refiroidy ; mais doit-on tousjours de plus en plus persévérer et en faire d'autres, en continuant et persévérant de mieulx en mieulx. Et en cecy est terminée la fin et conclusion de ce présent chappitre.

112 LE JOUVENGEL.

CHAPPITRE VI.

Comment rentreprinse fut faitte sur la ville d* EscaUm^ ; catnment les gens de guerre doivent sieuvre bonMi querelle et eulx humblement conduire à leurpovmr; et, qui vuelt faire bonne conqueste^ doit fuyr trm» principaulx viceSy c'est assavoir : orgueil^ envye H avarice j lesqueh sont bien deduitz en ce preient chappitre par belles histoires et exemples.

Tous oi^eilleux se veullent aucunement comparoir à Dieu, en tant (|u'ilz présument le bien et la vertu, qui est en eulx, s'aucune en y a, procéder d*eulx mesma et non mye de leur souverain Créateur. ParquoT à la partin ceulx sont dcceuz et puent recongnoistre leur oultrecuidance, ainsi qu'il sera recité plus amplemenl es instructions et cnseignemens, qui seront baillés et remonstrés au Jouvencel parle cappitaine de Luc* et aussi par le Mareschal , duquel nous avons parié plu* seurfTois par cy devant. Mais, premièrement et avaot toute œuvre, tault entrer en la matière principalle et reciter comme après la rencontre ' faitte par le Jouvencel et sa compaignie ou logis dessus dit, qui esloîl ù xn lieues^ ou environ loing dudit Gratlior, aprèi aussi ([uc le chief des ennemis fut prins et mené ai la ville prisonnyer, les nouveaubc victorieDS firent grant joye et menèrent grant feste et triumphe pour

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