V. plus bas, au début du ch. y, en t
9. Tringant, .\XI. — Bourdigné (II, p. 158 et 167) semble distiogaer ici deux événements, dont l'un serait le combat de Beanmont, vieioir«
1432] INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. xxxix
de Beauvau, ce dernier rassembla aussitôt à Sablé les garaisons frontières les plus voisines*. Une partie des troupes mandées n'avait encore pu arriver que déjà Ton était en route. Aussi, les forces de Bueil ne dépassaient guère le chiffre de quatre-vingts lances' ; mais c'était une troupe d'élite, composée de gentilshommes des meilleures lignées du pays'. « Et avecque « cette noble cohorte, dit Bourdigné, chevauchant à banière « desployée allèrent eulx rendre au seigneur de Loré. » Ceci ne signifie pas tout à fait, comme le dit le père Anselme, que Loré commandait l'expédition. Ces gens, pour la plupart Manceaux ou Angevins, étaient sous les ordres de Bueil et de Beauvau et non sous ceux de Loré, qui n'avait qu'un seul serviteur avec lui ^. Si donc Loré, un peu plus âgé et expérimenté que Bueil,
remportée par Loré, après la prise de Laval sar les Anglais (sept. 1429. Chartier, ch. lxiy), et Taotre, la levée da siège de Saiot^lerin racontée id. Il en est de même du Père Anselme {H. M. rojfoie de France, II, 939 c). CharUer (ch. lxxviii) ne fait pas cette distinction. En effet, ces deax événements semblent n'en faire qu'un. Cet épisode est raconté dans le Jouvaice/ (2* part., ch. yni) sous le nom de Levée du siège de Sardine. On y reconnaît fort bien le récit de Tringant et une partie de celui de Chartier. Bourdigné et Chartier paraissent placer ce siège en 1431, et la Chr&n Mariinienne (fol. 279, l. c.) en 1434, tandis qu'il est d'avril 143^ et contemporain de la prise de Chartres par Dunois (Chartier, ch. lxxx), qui eut lieu, d'après Monstrelet (t. Y, ch. gxyii), le 20 avril, jour de Pâques, 1432. — 11 ne £Eiut pas confondre cet événement (siège n* 2 de Saint-Célerin) avec deux autres faits analogues. En effet, Saint-Célerin, réparé en août 1429, avait été assiégé et délivré une première fois (n* 1), de janv. à avril 1430 (Chartier, ch. lx et lxix). Il fut de nouveau assiégé une troisième fois et pris par les Anglais en 1434 (n. s.). V. plus bas, ch. V. — CharUer, éd. Yallet de ViriviUe, I, 143, et III, 339. — Beaucourt, II, 44. — Pesche, à Freinay, SainUCéneri et Vivain.
1. On y vit, entre autres, Brussac, capitaine de Craon, Guill. filosset, dit le Borgne, le sire de Champagne et Pierre le Porc venu de Laval avec les gens de Loheac. Gautier de Brussac ou Bruzac est souvent cité, après le traité d'Arras, comme Tun des chefs des Écorcheurs (Olivier de La Marche, Mémoires^ ch. rv). — D'après Chartier, le duc d'Alençon et Chartes d'Anjou, qui se trouvaient à Sablé, se proposaient aussi de rejoindre l'expédition.
2. D'après Bourdigné. — D*après Chartier et le Jouvencdy huit cents iiommes.
3. Bourdigné en nomme trente-deux, outre Bueil et Beauvau. Nous remarquons entre autres un Montejean, probablement le futur beaufrère de Boeil.
4. D'après Tringant, il s'appelait le SUleuXy « et ne scay s'il estoit
Il INTRODUCTION B106RAPH1QUB. l.tU!
dirigea celte brillante compagnie vers Saint-Gélerin, ee éania peut bien prétendre à l'honneur de l'avoir commandée et, nrtout, d'avoir décidé du succès * .
Marchant vers le nord, les Français vinrent eoodHr i quatre ou cinq lieues au sud de Saint-Célerin, m<Htié i BMh mont et moitié à Yivoin '. Ces deux localités, situées à pen de distance l'une de l'autre, sur les deux rives de la Saribe, étakat reliées par un pont. Bueil et Brussac logeaient à Beaamooi, sur la rive droite, tandis que Loré et Champagne étaient à Vivoiii, sur la rive gauche'. Bueil disposait en outre de la gamifloo de la Tour-de-Beaumont, commandée par Pierre de Brézé et eomposée de vingt-cinq lances *. Les Français passèrent pluâieiifi jours dans ces cantonnements, recevant des renforts qui portèrent leur efTeclif à onze cents hommes'.
Un matin, de bonne heure, les Anglais, marchant de ouîU arrivèrent de Saint-Célerin. Us étaient divisés en deux eorps qui suivaient chacun Tune des rives de la Sarthe. Sur la rive gauche, le principal détachement, comptant de deux à trois mille hommes, avait pour mission d'attaquer les Français i Vivoin. Sur la rive droite, une deuxième troupe, ne comptant
homme d'armes ou archier. » Ce détail n'est pas rapporté sana bileBtion. — Monstrelet (t. V, cb. clziii) est d'accord arec Tringant En tétU, les hommes de Loré occupaient déjà Sainle-Susanne et Saint-CéleriB. — > V. aoftsi Rohert Gagnier, fol. 120, /. c.
1. Chartier et la Chron. Martinienne partagent le rommiadcMcat entre Loré et Bueil ; mais la plupart des historiens ne prononcent pas le nom de ce dernier en cette aflfaire. En reranche, le Guerres (ms. fr. 442, fol. 156) attribue à Bueil tout l'honnenr de featreprise.
2. Beau mont-le- Vicomte (Sarthe), au sud d'Alençon, est à deux Ul»* mètres de ViYuin.
3. Comme les récits de Tringant et de Monstrelet reposent nr etUê ré|»artition des cantonnements, il parait certain que CharUer se tiXMipe, lorsqu'il afiinne que Loré logeait aTec Bueil h Beaumont.
4. Dans le roman du Jourencel, on (Brézt*) oflfre au JouTencd (BveU) de loger dans U Tour (de B<raumont); main il refuse, disint que, lorsqu'une tnMipe e>t eifNisée, son chef ne doit pai» se mettre en sûreté.
5. D'après la Chron. Martinienne, quatorze cents hommes (fol. t79). lie corps anglais n'anrait compté que huit cents à mille liommes, cbifre trop peu éleTé si l'on songe que les Français n'osaient attaquer.
1432] INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. xlj
guère qu'une centaine de chevaux et des trompettes, devait, au point du jour, foire une bruyante démonstration à Beaumont devant le gros des Français, afin d'empêcher ces derniers de secourir leurs camarades. La perspicacité de Bueil déroula leurs calculs. Les allures de la troupe anglaise, qui menait grand bruit devant ses cantonnements, lui semblèrent suspectes et il comprit vite que Tennemi ne songeait qu'à Tamuser, pour porter ailleurs des coups plus sérieux.
D n'y avait pas de temps à perdre pour secourir ceux de Vivoin, qui avaient été faits prisonniers presque sans combat. Déjà les effets de cette déroute se faisaient sentir à Beaumont. On entendait des clameurs confuses, et fuyards et blessés commençaient à arriver pêle-mêle. « A cheval, à cheval ! » s'écria Bueil. < Et passa le pont à toute diligence^ dont chascun n'es-
< toit pas d'opinion ; mais il disoit que les ennemys estoient
< empeschez de leur proye, tellement qu'ilz ne se pourroient « mestre en ordonnance de combatre ^ >
Jean Y franchit au galop la demi-lieue qui le séparait de Vivoin. Là tout était comme il l'avait prévu. Loré, blessé, avait été pris ^ et toute résistance était terminée. Les Anglais, ayant rompu leurs rangs, étaient occupés à lier leurs prisonniers et leur butin. Tout à coup, au milieu de ce beau désordre, Bueil débouche à grande allure^ suivi par derrière de ses archers et de Ja troupe de Pierre de Brézé ^. Les survenants couchent leurs lances et se ruent sur les Anglais, arrivant à la file pour reprendre leurs places de combat. On ordonne aux Français de se jeter sur les enseignes et de frapper aux aisselles et à la
1. Tringant, L c. — Les paroles de Baeil se retrouvent aassi presque latuellement dans la bouche du Jourencel, L c,
2. Chartier suppose à tort, comme nous Tavons dit, que Loré se trou- Tait arec Bueil et conduisait les archers.
3. L'ensemble de ces troupes ne dépassait pas soixante à quatre-vingts lances et cent à cent soixante archers (Chartier, ch. lxxyui). — V., dans le Jouvencel (2* part., ch. viu, p. 145), la pittoresque description du désordre des Anglais.
xlij INTRODUOnON BIOGRAPHIQUE. (1432
gorge * . Leurs adversaires, engagés dans le bourg de Vivoin ', fiBûsaieut de grands et infiructueux efforts pour en sortir et se reformer en bataille, sans abandonner leurs prises. Bien que surpris, ils tenaient ferme et Ton combattît longtemps eorps i corps. Dans la lutte, le guidon de Charles d'Aiijou, que Buaîl faisait porter devant lui ' par deui chevaliers *y fut abattu. Le fidèle Guillaume de Courcillon ^ le releva, et, malgré tout kar courage, les Anglais durent s'enfuir en pleine déroute. On les poursuivit pendant deux lieues. Le bâtard de Salisbur;, qui conunandait, échappa ; mais beaucoup d'autres périrent, entre autres Jean Arthus.
Mathieu Gough * fut pris par un écuyer du nom de La Vaulue^. Us se blessèrent tous deux; mais le combat continuait encore, lorsque Bueil s^approcha : a Je me rends à vous, > s'écria l'Anglais. < C'est mon maistre, dit Jean de La Vaulue; « vous vous rendez à lui. Et le seigneur de Bueil respondit : c Ja <c à Dieu ne plaise, puisque vous l'avez conquis, que j'en preigne «la foy ^. » La Vaulue garda donc le prisonnier. Tous les capitaines de cette époque n'eussent pas été aussi scrupuleux. Mais Bueil avait des principes fort stricts en matière de jurisprudence militaire *.
En apprenant la victoire des Français, les troupes du sire de