Guill. de Brézé
xW INTROmJCTKNf BIOGRAPHIOnK. (14f7
rir SUS à cette foule. « Vous verres tantosl, > ajoutât-il, € boo « esbaiemenL > En effet, fusant un détour pour arriver à eoiivert, la troupe vient fondre au beau milieu des badauds épars dans la prairie. « Qui veist variets et pages fuyr. femmes crier, « à qui il n'eust rien ooùsté, en eust voullentiers ri. » AussîibI, le trompette de garde sonne Talarme, et Bourguignons de sortir, qui à pied, qui à che?al, entre la barrière et la place. Bieo* t6l, voyant leurs adversaires fuir comme effrayés, ils poussent au delà et les poursuivent; mais les Français, renforcés de leur réserve, tournent bride tout à coup et ramènent vivement les ennemis derrière la barrière. Cei obstacle, sur la protection duquel ces derniers comptaient, est jeté à terre. Tandis que les ftmtassins sautent à bas de leur monture et font usage de leurs traiU, le détacbement cacbé dans le fumier vient couper la retraite aux Bourguignons, et les assaillants pénètrent dans la ville péle-méle avec ses défenseurs. Peu de jours aupara* vaut, La Hire et le bâtard d'Orléans avaient enlevé, de vive force, les lignes de Wamvick et de Suffolk, devant Montargis. C'était le premier succès de quelque importance remporté depuis la défaite de Vemeuil *.
(cependant le Vendômois et le .Maine étaient gravement menacés. Rendues plus vulnérables |)ar la défection de la Br^ tagne et lamoindrissement de la situation du connétable, ces provinces furent envahies en septembre par Bedford, qui désirait frapper un grand coup '. Les partisans français de
1. L« connétAble d« Rkbenioot, alor» occupé a conspirer contre le faTori La Trémoiile àwee les comteft de Cleniiont et de Pardiac, n'cnt aacuoe part à cette victoire. ~ Charles, comte de Clerinoot, était le ils aîné de Jean 1**, duc de Bourbonnais et d Aofergne {prisonnier à Aii»court, et nort captif en Angleterre en janvier 1434). Le comte Bernard de Pardiac. dit cadet Bernard, était le trere cadet do comte d'Annagnnc et le fils du connétable de ce nom. Il avait épousé une Bouriion. ~ Qnicberat, Hodrigue de l Ulandramdo, p. 21 et h8. — Gruel. Memowei et Mekewiomt {Mémoures kUioriques, coll. Barbon, VII. 272 H $.). — Ckromiquet d'Ai^ou et dm Maine, par Jean d«* Bourdiitne, nouv. éd. Angers. IS4Î, 2 vol. in-4-. - Vallet de Viriv. — Beaucourt.
2. Beaucourt, Chartes Ml, II, *2ë et ;». el i:.u. — Le bAUrd d'OriéaM venait de conclure (17 juillet 14*27). au nom de son frère, pour le ëacliè
1427] INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. xt
l'Ouest n'en tentèrent pas moins de se défendre^ Ambroise de Loré* à leur tête. A la fln de la même année (4427)^ réduits à leurs propres forces, ils vinrent mettre le siège devant le Lude'. Les sires de Raiz^, de Bueil, de Montafllant^,deTucé^, le sire de Champagne ^^ Pierre de Brézé ^ et une foule de chevaliers d'Anjou, du Maine et de Touralne, le vicomte de
d'Orléans et les comtés de Blois et de Dunois, une tréTe qui, jusqu'à la fin de 1428, devait garantir ces pays de l'inTasion.
1. Ambroise de Loré et La Hire sont les deux chefs les plus en vue, à œ moment, dans cette région. Le premier se tenait plus à l'Ouest, vers la Bretagne, partant de Sablé ou de Sainte-Suzanne. La Hire opérait plus à l'Est, comme nous venons de le voir.
1, Chron, de la Pucelié, l, c. — Cbartier. — Tringant, VIII. — D'après ce dernier, c'est sur l'ordre direct du Roi(c.-à-d. sous l'influence de La Trémoille) qu'eurent lieu les deux expéditions contre le Lude et le Mans. Ce fait est confirmé par une quittance de Bueil (T. s. de ClairambauU, 23, 1669), et par Bourdigné, II, 156.
3. Gilles de Laval, sire de Raiz ou Retz (v. plus bas, ch. ni).
4. Jacques de Dinan, seigneur de Beaumanoir et de Montafilant, gouverneur de Sablé en 1425 (Pesche, art. Sablé).
5. Tucé ou Tusse, aujourd'hui Divardin (Sarthe), à treize kil. au N.-O. du Mans. Cette seigneurie, après avoir passé des Tucé aux Champagne, passa au xyi* s., par mariage, aux Beaumanoir, seigneurs de Lavardin. De là son changement de nom. Ce sire de Tucé est (Tringant, XIV et XIX) Baudoin de Champagne, qui (d'après Chalmel, III, 340, et Pesche, à Lavardin et Pescheseul) épousa Jeanne de Tucé, dernière de ce nom et venve de Guillaume de Chourses (Busserolle et Pesche). Ce mariage ne saurait avoir eu lieu, comme le dit Pesche, vers 1477, mais est évidemment très antérieur. — Tucé, devenu beau-|)ère de Louis de Bueil en 1432, a été bailli de Touraine de 1431 à 1440. V., dans Tringant (/. c), ses hauts faits devant Senlis, rapportés dans des termes analogues à ceux du Jouvencel (3* p., ch. m). — Arch. municip. de Tours. Beg. des Comptes, XMI, fol. 123; XXV, folios 38, 40, 103 r et r, 112, 117. - Id. Reg. des Délibéraiionê, tome IV, au 20 août 1437; V, au 21 nov. 1432 et en jnin 1435. — Mémoires de la Société Archéol. de Touraine, XI, 285. — Plus bas, ch. IV, nov. 1432. — Tucé vivait encore en 1447 : Escouchy. m, 253.
6. Proche parent de Tucé. On distingue la famille de Champagne du Maine de celle de Champagne d'Anjou. On trouve aussi des Champagne (Maine). — Pesche.
7. En Anjou (Maine^t-Loire, arr. de Saumur, cant. de Montreuil- Bella)}. Ce personnage est le fameux Pierre II de Brézé, sire de la Varenne, sénéchal de Poitou, puis grand sénéchal de Normandie et comte de Maulévrier. Le grand-père de Pierre de Brézé (Jean) avait épousé Marguerite de Bueil, sœur de Jean IV et tante de Jean V. — Beaucourt, II, 297. — Vallet de Viriv., Uisl., III, 102, et Sûtes généal. du même, Bibl. nat., ms. (r. 14851. — Mém. de la Société Archéol. de Towraine, XI, 319.
l?j INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. [1427
Tbouars^ et des nobles du Poitou, enfln trois ou quatre œnts Écossais prirent part à cette expédition, c Vray est, dit Trinc gant, que les Francoys commencèrent à prendre cueur, pour les c jeunes qui se feisoient hommes, et le pays qui se repopuloit. » A l'arrivée des Français, les Anglais firent une sortie; mais ils furent promptement refoulés par Genraise Nardereau, lieutenant du sire de Fromentières'. Jean Tibergeau, seigneur de la Mothe, capitaine des gens d'armes de Beaufort et du Louroux', serviteur et vassal de Bueil et, suivant toute apparence, Tun des trois rédacteurs du Jouvencel*^ s'y trouvait aussi. La brèche fut faite à coups de canons, sous la direction d'un ingénieur nommé Bessonneau, et la place emportée d'assaut'. La
1. Louis d'Amboise, vicomte de Thouars, en Poitoa, penécaté par Charles VII et La Trémoille, comme tenant le parti des Anglais, fnt condamné à mort en 1431, pois gracié. Il meurt en 1469. — V. plus haut la note 2y p. Y, et plus bas, ch. iy, en 1431.
2. An Jouveneel, Guy de Fromentières figure sous le nom de tire de Chamblofl ou du inar^cAa^ de Crathor, et GerYaise, sous son Yrai nom (Tringant, VIII et XVI, et Jouv., 2* partie, ch. y). — Fromentières, Maine-et-Loire (com. de Bauné), fief dépendant de Baugé et dont les seigneurs ont porté très anciennement le nom de Guy. — Quant à Chambiay, nous trouYons, dans Indre-et-Loire (com. de Saint-Aubin, cant de NeuYy-le-Roi), une ancienne chateUenie de ce nom, relcYant du duché de Vaujours, et, dans un hommage de 1458, un Guy de Fromentières, seigneur de Chamblay, Yassal de Bueil pour Ghasteaax (▼. P. Jusiif, et à Port et Busserolle). Guion de Fromentières est, en aYril 1439, capitaine de ChAieau-du-Loir (Arch. municip. de Tours, Reg, des Comptes, XXYI, fol. 49 Y*). — Nous trouYons un Amaury de Fromentières en 1414 et 1447, mort aYant le 18 mars 1454. Guion de F. (probablement fils on neYeu de son homonyme) aYoue tenir d'Antoine de Bueil, seigneur de Saint-Ghristophle, la seigneurie de la Faugère, le 26 uoy. 1489. — V. Coll. de Tonraine (D, Housseau), XIII, 10811 à 10827.
3. Beaufort est au S.-0. du Lude. — Plus à l'E., le Louroux (Loroux), arr. de Baugé, com. de Vemantes, abbaye ruinée par l'occupation anglaise.
4. Nous trouYons, à la même époque, un autre Jean Tibergeau, simple ècuyer dans la compagnie de Bueil, à Tours (y. plus loin, même ch., 7 oct. 1428), qui est Yraisemblablemeni le fils du précédent. Les Tibergeau étaient de Saint-Galais et Yassaux des Bueil, comme seigneurs de la localité. — V. P, Just,, à la date du 25 oct 1465, un aYeu de Jean V pour Saint-Calais, et notre Introduction littéraire qui suit (t. 1).
5. A une époque où l'artillerie prenait tout à coup une grande importance, Bessonneau, maître de cette arme, a dû jouer un rôle considérable. Tringant (VIII) le nomme : c Ung nommé Bessonneau, très noble et saige
1428] INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. ivij
bannière de Bueil^ y entra la première. Beaucoup d'Anglais ftirent tués', et Blackburn, qui commandait, fait prisonnier.
Peu après, Jean V prit part à un coup de main sur le Mans ', dirigé par le sire d'Orval * avec La Hire, Saintrailles, Beauma-
c gentilhomme en son oflBce et en tootes autres où on le Toloit employer. > Pierre Bessonneau, qai« d'après son nom, devait être an AngeTin, a été maître de rartillerie de 1420 à 1444, concarremmeot avec d'autres. A cette époque, l'artillerie était depuis longtemps connue, mais l'on commeo^t seulement, semble-t-il, à faire dans les sièges un usage régulier de pièces de gros calibre, qui lançaient des projectiles pesant jusqu'à 500 livres. Dès la première moitié du xy* s., cette grosse artillerie est considérée comme essentielle aux sièges {Jouvencel^ 3* partie, ch. n). On cite à cet égard le siège de Meaux (1421) et ceux du Mans et de Sainte- Soxanne (1424) par Salisbury (Robert Gaguin, /. c., fol. 116), dont les bombardes remplirent la contrée de terreur. Nous trouvons dans Pesche (IV, 783), à cette date, une lettre adressée à Bessonneau par le connétable de Richemont (Poitiers, 6 août 1424), lui enjoignant d'avoir à garnir d'artiUerie la place de Sablé menacée par les Anglais. Bessonneau fit, en 1429, campagne avec le Roi et la Pucelle, comme maître de l'artillerie. Il établit, en cette qualité, un pont sur la Seine, à Saint-Denis (août et sept.). — Bibl. nat., ms. fr. 1485, Notes génial, de Vallet de Viriv., p. 492 et s., et Hid. de Charles VU, du même auteur, I, 298 et 309, II, 120.
1. c Laquelle pourte ung rangier en son estendart, qui est bien
c coBgnene d'Angloys et de Francoys, car ses prédécesseurs l'ont
c toosjors porté. • Tringant, /. c*^ Le rangier est un renne. Nous trou- ▼OBs cet emblème snr plusieurs contre-sceaux de la famille de Bneil, tons forme d'un cerf couché.
î. Bntr'autres Foulquet le Borgne (Y. la note du Jouveneel, p. 40) et Aadré Obtat ou Hotat, Écossais au service de TAngleterre. — Tringant.
3. Chnmi<iue de la Pucelle, éd. Vallet de Viriv., p. 251 et s. — Chartier, cb. xzx. — Berry, page 497. — Tringant, IX. — Bourdigné, Chron., eh. xn. — Vallet de V., HUL, II, 26. — Pesche, IV, 675. — Cette expédition est racontée au Jouvencel (2* partie, ch. xxiu. Le Mans y est nommé Oétre). D'après Tringant, elle aurait eu lieu deux ans après l'aiEiire du Lnde; mais une pièce originale fixe la date de cette entreprise au commencement de 1428. Jean, seigneur de Bueil, qualifié indûment de che- ▼aUer (t. plus bas, commenc. du ch. y), donne quittance, le 23 mai 1428, de la somme de 600 livres à lui accordée, pour frais faits et à faire dans Pexpédition contre le Mans, ordonnée parle Roi. — P. JusU/ic., à sa date. » D'après Vallet de V. [Hist,), l'entreprise daterait du mardi de la Pentecôte (25 mai) 1428, ou, d'après le même auteur {Ohron, de Raoulet, éd. de CharUer, III, 195), du 11 juin. Cette dernière date est trop tardive. En effet, si, comme il semble, Bueil fut payé avant la fin de l'expédition (eoBtrairement aux habitudes du temps), ce paiement ne dut être que de peu de jours antérieur à un coup de main qui eut tous les caractères d'une Mrprise.
4. Guillaume d'Albret, frère de Charies sire d'AUiret, fut tué au prinlempt de 1429, à la Journée des Harengs.
XTiy INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. [1428
noir, les seigneurs de Thouars et de Tuoé, et d'autres gentibhommes. Appelés par les habitants, les Français arrivèrent sur le soir devant la ville et s^en emparèrent par surprise. Les Anglais * , réfugiés dans la porte Saint- Vincent et dans une grosse tour, servant de réduit, tinrent bon toute la journée. Pendant ce temps, ils envoyaient, en toute hâte, Mathieu Gough, capitaine de Ghâteau- THermitage^, à Taibot, pour lui demander du secours. Celui-d marcha toute la nuit, avec trois ou quatre cents hommes, et arriva au lever du soleil ^. Les Français, qui avaient passé la nuit à boire et à manger dans la ville, avaient fait surveiller, à Textérieur, la porte de la tour, par un petit poste qu| n'avait pas même pris la précaution de se retrancher^. A son arrivée, Taibot passa sur le ventre du détachement et pénétra dans le château, au moment même où les Français sortaient de la ville, par une autre issue, pour le combattre. Sans perdre