Md., I, 298 et s
3. V.,Tuetey, II, 12 et 13, deux Extraits des constat de Jean de VUen (1446 à 1447, Chambre des comptes de Dijon). Le deuxième fragment, «près avoir mentionné la quittance donnée par le Dauphin, pour 10,000 écus d'or, en date du 20 août 1444, s'exprime ainsi : f Et semblabiement, a le dit ff M. de Ternant apporté et rendu une autre lettre, de messire Jehan, sd- « gneur de Beuf, donnée le zxir jour de février au dit an M CCCC XLIllI « (v. st.), signé de son seing manuel, par laquelle il confesse aToir reça, c par la main du dit feu messire de Ternant, sur l'argent que mon dit c seigneur de Bourgoingne Caisoit délivrer à mon dit seigneur le Danlff phin la somme de m'" y^ saluz et la somme aussi de tu^ salai, que c mon dit seigneur de Bourgoingne lui avoit fait donner et dellyrer par f le dit M. de Ternant. De laquelle somme, icelui seigneur de Bueufz s'est « tenu pour content, ainsi qu'il appert plus à plain par les dictes leltres f des dits M. le Daulphin et seigneur de Bœuf, cy rendues et mises en <t la fin de la lyesse des lettres rendues par ce présent compte. > Ces deux quittances ont disparu depuis. Il n'est pas douteux, malgré la singulière façon dont son nom est estropié, qu'il s'agit ici de Jean de Bueil. Cependant, il existait alors un personnage du nom d'André du Beuf, secrétaire du Roi {Bibl. de VÉc. des chartes^ 2* série, III, 147).
4. Les gens du Dauphin, parmi lesquels Chabannes, s'étant permis de piller en Bourgogne, furent battus, dans la vallée d'Époisses (Cùte^'Or), par le maréchal Thibaut de Neurhâtel et la noblesse du pays. Lonis s'emporta en menaces contre le duc de Bourgogne, qui répondit avec fermeté L'intervention du Roi mit un à cette aflfaire. — Chron, Marti*
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on doit aussi Tenyisager comme un symptôme caractéristique des dispositions de la cour de Bourgogne, qui, ne se sentant pas de force à refuser le passage à tant de gens de guerre, cherchait à se concilier les bonnes grâces des capitaines ^ .
Tous les chefs de l'armée furent convoqués en conseil de guerre, à Montbéliard, pour le 20 août aumatin^ aûn de décider des opérations ultérieures^. Le Dauphin se Ût renseigner tout d'abord sur l'état des affaires en Suisse, où le siège de Zurich durait toujours. Il apprit, en outre, que les Confédérés avaient envoyé à Farnsburg, sur le versant occidental du Jura, un détachement destiné à assiéger cette place ^. 11 fut décidé que Ton détacherait une partie de l'armée, sous le commandement de Bueil, pour forcer les Suisses à lever ce dernier siège ^. Le Dauphin devait suivre avec le reste des troupes.
nienne, fol. 287. — Monstrelet, VI, ch. gglxxyiii da livre II. — Dom Plancher {Hisi. de Bourgogne, lY, p. 257) place cette affaire à rannée 1443 ; mais il se trompe. Le Dauphin ne revint, en effet, d'Armagnac qu'en mai 1444 (v. plus haut, p. xcv et s.).
1. Déjà peu auparavant, le duc de Bourgogne avait envoyé au Dauphin, à Langres, une ambassade, chargée de lui offrir quinze queues de Tin de Bourgogne. — Tuetey, I, 173.
2. V. Tuetey, II, 509. Lettre du Commandeur à Strasbourg (Issenheim , 19 août 1444). — Le Commandeur s'était rendu la veille à Montbéliard pour se renseigner. Il était rentré à une heure du matin et sa lettre est datée de deux heures. La question à débattre était celle-ci : devait-on d'abord attaquer Bâle ou Tarmée suisse de Zurich? Le Commandeur ajoute qu'il n'a pas encore entendu parler de projets contre Strasbourg.
3. Farnsburg, cant. de Bâie-Campagne, à 10 kil. à l'E. de Liestal, au milieu des premières ondulations du Jura. Ces représailles étaient dirigées contre le possesseur de cette place, Falkenstein, qui avait, peu auparavant, surpris traîtreusement et pillé Brugg en Argovie.
4. Ceci résulte de trois documents, publiés par M. Tuetey (II, 127, 150 et 158). Nous nous sommes déjà servi des deux premiers des trois passageâ suivants, dans notre Pfote sur Saint-Jacques, déjà citée.
1* Instruction aux ambassadeurs du Dauphin, envoyés auprès du roi des Romains (commencement de 1445). Bibl. Nat. Fonds Dupuy, vol. 762, fol. 40. Legrand en a donné une copie (ms. fr. 6965, p. 235). — «Et luy (Dau- ( phin) venu à Montbéliard a ordonné et commis le seigneur de Bucil, auquel 0 il donna une partyc de ses gens, pour en aller devant et pour adviser < i>'\h |M)urroienl avoir aucun advantage pour lever le siège des Suisses «qui estoient devant le château de Varspcrg (Farnsburg). A laquelle ( entreprise les dicts Suisses sont estes combattus et desconfits Item^
cij INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. [1444
Bueil fut rejoint durant la marche par les auxiliaires autrichiens ^ Parmi eux, était le fameux Burckardt Hœnch de Landscrone ', qui servait de guide sur un terrain difficile et
c diront qae, après ces choses, mon dict seignenr le Daophin ayt eiiToyé c une partye de ses gens plus ayant devers le pays des Suisses, par devers c la vide de Surich, pour pareillement adviscr qu'il puist lever le siège, qd c estoit devant la dicte ville à grosse puissance, aîfin de les combattre. « Mais , incontinent que les dicts Suisses sceurent les gens de dkni dit c seigneur venans, se levèrent et laissèrent artilleryes et tout et s'eac fuirent. »
2* InstrucUans de Charles VU à ses ambassadeurs auprès des élee» leurs à Nuremberg, Montiis-lez-Tours, 24 janv. 1447. Bibl. de llnstitiit, Coll. Godefroy, portef. 96 (Orig.), et Bibl. Nat. Coll. Legrand, Ms. fr. G966, fol. 82 à 88 V* (Copie). — Nous trouvons dans Legrand un passage qni n'existe pas dans la pièce publiée, par M. Tuetey, d'après Godefroy : c A
c Montbéliard Monseigneur, instruit de Testât du siège de Versperdi
(t près Basle, détacha monseigneur de Bueil avec partie de ses gens. Les c Suisses, au nombre de 3,000 hommes d'élite, vinrent au-devant da c seigneur de Bueil croiant le surprendre. Le combat fut rude et les « 3,000 Suisses ruisnés et deconlis. »
3* Inslmetions données par Charles VII à des ambassadeurs à Nuremberg, !•' mars 1447. Bibl. Nat. Coll. Dupuy, 760. fol. 123 et s. — « Item,
ff comme mon dit seigneur (le Dauphin) venu au dict lieu de Montbeliart,
f et après ce qu'il se fut faict informer du faict des dicts siégez,
« envoya incontinent monseigneur de Bueil et certaine compaignie de ses c dicts gens, pour lever le siège estant devant la dicte place de Versperch, f près Basle ; au propps et eniencion desquels les Soisses estans audict c siège voulans résister, envoyèrent trois mil combattans des meilleurs c d'eux pour les prévenir, surprendre et desconfire, et comment à la fin c les dicts trois mil Soisses ou environ furent, par le dict seigneur de « Bueil et les gens et puissance de mon dict seigneur, tous ruez jus c et desconfits, comme il est notoire, dont s'ensuivit la délivrance de la c dicte place et des nobles et peuple estans dedans, avec le gaing de c l'artillerye des dicts Soisses que eurent les dicts assiégez. SembUMec ment fut levé l'autre siège des dicts Soisses devant la dicte place de
c Zurich, par la bonne conduicte et diligence de mon dict seigneur,
« dudict seigneur de Bueil et de ceux de sa compagnie, au grant bonff neur et proffit des dicts Roy des Romains, ducs d'Autriche et de tons a leurs païs et seigneuries. •
Nous reviendrons sur ces trois passages à propos de la bataille. — Tringant (XXXII) ne parle pas du siège de Farnsburg, mais dit seulement que le Dauphin donna à son maître commission c d'aller secourir le siège de Su rie. »
1. Des le 15 août, Wernher de StaufTcn, lieutenant de Guillaume de Hocbberg marquis de Rollielin^ uccomj>agné de la chevalerie autrichienoe, se trouvait à Altkirch. — Tuetey, I, 175.
2. Bourga le Moine^ d'après les chroui(iues franruises. — Les ruines de la Landscrone se voient encore au S.-O. «le Baie, près de Leymen, —
1444] mTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. ciij
inconnue En outre, Rechberg rassemblait quelques troupes, à Seckingen, sur la rive droite du Rhin et au nord-ouest de Famsburg^.
Le dimanche 23 août, le Dauphin en personne quittait Montbéliard, où il laissait trois cents hommes, et se dirigeait vers Bftle, pour coucher au château de Waltighofen^. Le même jour, un détachement du corps de Bueil avait débouché aux environs de Bàle, sous les yeux des habitants, tandis qu'un autre corps passait, un peu plus au sud, de la vallée du Birsig^ dans celle de la Birse. Bueil occupait ainsi toute la trouée, entre la montagne du Blauen, au sud, et le Rhin, au nord. L'avantgarde, franchissant la Birse, avait même poussé dès ce jour, sous le commandement de Dammartin et de Salazar', jusqu'à Muttenz et Prattelen *, à quatre heures de marche de Farnsburg. La veille, les Bâlois avaient écrit au Dauphin pour se plaindre des actes d'hostilité commis sur leur territoire par les Ëcorcheurs, hostilité, disaient-ils, que rien ne pouvait leur faire prévoir ^. Aussi, le 25 août, lorsque le Dauphin vint, peu accompagné et incognito, reconnaître les abords de la cité et ses portes^,
D'après Gagoin (/. c, fol. 12S), Barckardt aurait été le chef des Autrichiens.
1. Escouchy, Gaguin et d'autres auteurs constatent l'inquiétude qu'inspirait aux Armagnacs ce terrain accidenté.