‹ Le Jouvencel (volume 4)Chapitre 111 sur 324 · Chartier, ch. 247. — Vallet de Viriv., III, 267 et s · texte numérisé non relu

Chartier, ch. 247. — Vallet de Viriv., III, 267 et s

4. Avec fM>n clerc Jacques Charrier. En 1428, nous trouvons un Gnil-

dxTiiJ INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. [1450

pour malversations et fkux en écritures publiques, il fût, comme Cœur, soustrait à la justice ordinaire, jugé par commissaires et condamné à la prison et à la confiscation ^ Ce dernier point est capital, dans le procès de Cœur aussi bien que dans celui de Saincoins. En effet, à l'un comme à l'autre, tout le monde devait à la cour^, soit pour de simples prêts non remboursés, soit aussi pour fournitures non payées^. Et ce n^étaient pas seulement des vieux routiers sans scrupules, comme Dammartin, des courtiers avides et complaisants, comme les GoufQer et les Villequier, qui se trouvaient dans cette situation. C'étaient des personnages estimés, appartenant à tous les rangs de la société, comme les frères Bureau, Jacob de Litemont peintre du Roi^, Berry le roi d'armes, Brézé et Dunois*, le duc d'Alençon et d'autres princes et princesses. C'était enfin le Roi lui-même, que nous avons déjà vu profitant de la chute de La Trémoille pour s'enrichir sans payer ses dettes^. Cela étant, il n'y a rien de bien extraordinaire à entendre accuser aussi Jean de Bueil d'avoir participé avec tant d'autres à la curée.

laume Charrier, receyear général en Languedoc et Languedoïl. — V.,P, Just, en 1428.

1. Le 9 juin 1451, par la bouche du chancelier. Il fut condamné înjastement, suivant toute apparence. Les termes de Ghartier sont cependant beaucoup plus affirmatifs en ce qui concerne la culpabilité de Saincoins qu'en ce qui concerne celle de Jacques Cœur. — Le 16 juin, le Roi étant à Lusignan, Bueil est présent au conseil. De même à Poitiers, au 1*' décembre. — Ordonnances, XIV, p. 135, 137, 187 et ss.

2. Gomme cela avait été le cas pour La Trémoille (v. plus haut, p. 1y et s. et lix). — Cœur avait aussi de nombreux créanciers. Clément, l, c, II, 176.

3. Cœur était fournisseur de la cour, aussi bien que fonctionnaire. En effet, sa charge d'argentier, ou d'intendant de la liste civile, l'obligeait à tenir, contre paiement, à la disposition de la maison du Roi, toutes les marchandises nécessaires. — Vallet de Viriv.

4. Compte de la vente des biens de Jacques Cœur, Arch. nat., KK. 328 (509 folios, papier), fol. 469 r". — Clément, l, c, II, p. 355.

5. Dunois reçut, en cadeau, le bel hôtel de Tours, appartenant à Saincoins (5, rue Colbert), qui devait plus tard devenir la demeure du malheureux Semblançay. — Ghartier et Mém. de la Soc. archéol. de Touraine, XI, 310. — Pour les affaires de Dunois avec Cœur, v. un peu plus bas, même ch. — De même pour Brézé.

6. V. plus haut note 2. — Le Roi eut 60,000 écus sur les biens de Saincoins et 400,000 sur ceux de Jacques Cœur, sans parler de la confiscation.

1451J intaodughon biographique. obiz

D'après Vallet de Yiriville, Jean Y, débiteur de SaiQooiâs, aurait été tenu quitte de sa dette et aurait accepté, sur les biens confisqués, une terre en Anjou ^ Nous avons parcouru les sources indiquées par notre auteur, sans y trouver de preuves à Fappui de cette accusation^. Nous n'avons pas non plus rencontré, dans nos investigations, le moindre indice qui pût nous mettre sur la voie*.

En ce qui concerne le cas de Jacques Cœur, on n'a porté, contre Jean de Bueil, aucune accusation formelle; mais, comme son nom se trouve mêlé à ce procès, il nous paraît nécessaire d^examiner s'il doit être rangé parmi les coupables.

Il est malheureusement certain que Bueil et ceux qui jouaient alors le rôle de conseillers du Roi, s'ils n'ont pas tous approuvé la condamnation du célèbre financier, ont du moins laissé commettre cette injustice sans s'y opposer^. En outre, nous trou-

1. Eist., III, 270. — GoufiSer s'attribaa la terre d'Oiron en Poitou. A propos de ce dernier, il convient de relever une erreur de Vallet de Vir., qui est peut-être l'origine de l'accusation portée contre Bueil. GoiU. Gouffîer, chambellan, bailli de Touraine, seigneur de Boisy (ou Boissi), avait épousé (Tours, 8 avril 1450) Louise d'Amboîse, fille de Pierre de Chaumont, beau-frère lui-même de Bueil (par sa femme Anne de Bueil). Gouffîer était donc le neveu par alliance de Jean Y et non^ comme le prétend Vallet de Vir., son propre beau-frère. — Chastellain, édit. Kervyn, m, 294. — Vallet de Vir., III, 190. — Clément, II, 394. — Anselme, V, 607, et VII, 124. — Busserolle, à Gouffier et Amboise.

2. Notamment les mss. fr. 8438, fol. 81 et Nouv. Acquêts 2497, fol. 29 v. — Ms. Gaignières 771, fol. 114. — Mém, de la Soc. archéoL de Tov^ raine, 1859, t. XI, p. 310.

3. Voici les seules mentions du nom de Saincoins que nous ayons rencontrées dans nos recherches : 1** dans une quittance, donnée à J. de Saincoins receveur général des finances, de la somme de 600 1. 1., payée à Bueil, pour ses gages d'une année, comme capitaine de la ville d'Issoudun {Coll. de P. orig,, à Bueil, I, 109), en juillet 1449 ; 2* nous verrons aussi Bueil intervenir, en 1456, dans les aflTaires de son beau-frère de Montejean, pour régler la situation de ce dernier, vis-à-vis d^stissac et de Pierre de Saincoins (parent et probablement frère de Jean de Saincoins). — V. plus bas, ch. xiii, et P. Just., au 18 mars 1456.

4. Ann,-Bulleiin de la Soc. d'Hist, de France, 1882. Fragment d'un registre du Conseil, publié par M. N. Valois, page 286. — Séance du 2 mai 1455 (à Mehun-sur-Yèvre), présents les comtes de Dunois, de Sancerre, de Dammartin, le sénéchal de Poitou, m« Jean Bureau, etc. Sont entendus : 1* Beauvau, envoyé par le roi René, pour disculper son gouverne-

dxx INIRODUCTION BIOGRAPHIQUE. [1451

Yons le nom de Jean V couché, sur llnTentaire des papiers de Jacques Cœur, pour plusieurs sommes dues aux assodés de œ dernier et se montant à un total de neuf cent quatre-vingt-un écus et cent vingt livres * . L'existence de cette dette ne consti-

ment accusé d'avoir fayorisé réyasion de Jacques Cœur et empêché Iw poursuites faites contre les complices de celui-ci; 2* les commissaires envoyés par le Roi en Provence, pour rechercher lesdits complices. Le Conseil fait retirer l'envoyé du roi René, pour entendre une commonication secrète, concernant les agissements du gouvernement provenu ea cette affaire. Ce fait, ainsi que tous les détails de la séance, montrent qne les conseillers présents (y compris Bueil, ancien serviteur de René) marchaient d'accord avec le roi de France et n'approuvaient pas la conduite honorable des Provençaux.

1. V. Clément, l. c, II, 31 et 35 et, surtout, I, P. Jntt, 5, p. 284 et 286, pièce tirée d'un Inventaire des papiers de Cceur (contenu, en 1863, à la Bibliothèque nationale, dans une liasse intitulée PortefeuiUe de Jacques Cœur), qui doit être distingué de celui qui est contenu dans le ms. fr. 2497, nouv. acq. En effet, ce dernier manuscrit est senl de son espèce et les mss. voisins du catalogue ne concernent pas Cœur. Enfin, il ne renferme pas la mention des deux obligations de Bueil que nous donnons ici, d'après Clément {l. c.) : c Une lettre obligatoire, passée « à Tours, signée Pichot et scellée du scel dudit lien, comme il appert, c donnée le 14' jour de février 1447, par laquelle apparoit que noble et c puissant Jehan, seigneur de Bueil, estre tenu, envers Guillaume de c Yarye, en la somme de yiii<^ écus d*or pour vente de certaines briganc dines... — Une autre cédule en parchemin, donnée le xxin* Jour de « septembre 1447, par laquelle Jehan, seigneur de Bueil, confesse devoir c audit Guillaume de Yarye ix^^ i écus d'or... » Guillaume de Yarye était, comme on sait, le fidèle et principal associé de Cœur (Clément, II, 397, et La Thaumassière, Hist de Berry, liv. XII, ch. lxxxy). — Dans la même pièce, une troisième cédule (Clément, I, 288), datée dn 13 avril 1449^ après Pâques, concerne V Amiral^ c.-à-d. Coetivy, mort en fonctions en août 1450 (v. plus haut, fin du ch. ix, au siège de Cherbourg), et non Jean de Bueil, ainsi que le dit à tort Clément (II, p. 35). Le nom de Coetivy revient, en effet, fréquemment sur les livres de Cœur et on trouve plus bas, dans la même pièce (Ibid., p. 289), la mention de feu rÀmlral. — - Quant au ms. 2497, nouv. acq., cité plus haut et intitulé Partie d'un Inventaire des papiers de Jacques Cœur et de VaryCy nous y trouvons aussi des mentions d'un Amiral qui nous paraît être encore Coetivy (v. fol. 9 v*> et 12, non datée, mais de 1450 au plus tard). Nous trouvons aussi (fol. 30) la mention suivante : c Une feuille de papier, par laquelle c appert mgr de Bueil devoir à Guillaume de Yarye, depuis le derrenler a compte fait le 23' jour de septembre 1447, en six parties, 981 écus et c 120 livres, 11 sous, 3 deniers, et n'est point ledit compte signé. » Cette note, qui se réfère aux deux cédules ci-dessus et leur est supérieure de 120 livres, parait indiquer la somme totale due, par Jean Y, à Cœur, pour autant, dn moins, que l'état du manuscrit nous permet d'en juger. En effet, la partie inférieure de beaucoup de feuillets fait défaut, ce registre

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tue pas, cependant, à regard de Bueil, une véritable présomption de culpabilité. En effet, les innombrables débiteurs de Cœur, qui, pour mille raisons diverses, étaient notés sur son livre, ne sauraient être, tous et pour ce seul foit, accusés d'avoir contribué à la chute et à la condamnation de Targentier. Ceci est surtout vrai de ceux qui, comme Bueil, n'étaient débiteurs que de sommes peu considérables. Quant aux terres et seigneuries de Jacques Cœur, aucune, à notre connaissance, n'a jamais appartenu à Bueil * .

Jusqu'ici donc, rien de grave. Mais on pourrait plus fi&cilement trouver, dans Fhistoire assez curieuse de deux prisonniers anglais, un prétexte à accusation contre la mémoire de Jean Y.

Nous avons vu, en effet, que, lors de la capitulation de Rouen (4449), les fils de lord Bergavenny et du comte d'Ormond se trouvaient au nombre des otages livrés par les Anglais. Ces deux personnages servaient même de garantie spéciale, avec les fils de lord de Roos et de Thomas Gower, aux sommes dues par les vaincus, Tun des prisonniers devant être mis en liberté à chacune des échéances, après paiement^. Depuis lors, les Anglais n'avaient pas tenu leurs engagements , et Ormond, ainsi que Bergavenny ou Berquigny, comme on l'appelait en France^, étaient demeurés prisonniers. Ils étaient, en outre, devenus la propriété privée de Dunois et de Jacques Cœur, soit en garantie d'avances faites au Roi, soit à titre de récompense

ayant été déchiré par le milieu, sans doute par manière d'acquit, lorsque les papiers de Cœur et une partie de ses biens furent, d'après les ordres de Charles VII, restitués aux héritiers, contre renonciation au reste de l'héritage. — Lettres du Roi, de Coursilies, près Souvigny, 5 août 1457. Ms. fr. 2497, fol. 1. — Clément, l. c, II, pièce 18. — Il n'est fait mention de Bueil ni parmi les débiteurs de Cœur exemptés de payer leurs dettes (mêmes Lettres), ni parmi ceux qui sont sommés de payer par le Roi (Arch. nat., KK 328, fol. 390 V et 434 v). — Ajoutons qu'il était dû par le sire de Montejean, beau-frère de Jean Y, 140 écus, pour fournitures prises à l'argenterie. — Clément, II, 34, et pièce 18. —Arch. nat., KK 328, fol. 436 r«.

1. Pour les seigneuries possédées par Cœur, t. La Thaumassière, Hiit. de'Berry, liy. 1, ch. lzxzii, et Clément, /. c, p. 191, 393, 405 et as.

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