III
5. Remarquons que Finfluence du connétable avait toujours été très intermittente et parfois fâcheuse. Quant à Brézé, à ce moment, son absence commençait à peine à se faire sentir.
^ 6. Nous avons vu plus haut (p. cxlij, note 3) qu'en 1446 Bueil et Villequîer tiraient à la même corde. — Depuis 1450, Villequier était parvenu à une
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« dit de la Rochette, Antoine d^Aubusson, Jean de Levis, Goila laume GoufBer, Jean de Bueil, Antoine de Ghabannes, oour- « tisans assidus, mais généralement médiocres et serviles, se a partagèrent le crédit et l'autorité. » Certaines individualités de l'entourage du Roi, les Yillequier, GoufBer, les d'Aubusson, étaient, il est vrai^ peu estimables; mais il faut ajouter qu'à toutes les époques du règne, nous trouvons, à la cour, des personnages de moralité douteuse, avec lesquels il serait injuste de confondre Bueil. Ainsi que le remarque notre historien luimême, il restait au Roi, sans parler de Jean Y, le comte du Maine, Dunois, les frères Bureau, Le Boursier, Gousinot, Chevalier, Jacques de Ghabannes^ et d'autres encore, conseillers rompus aux affaires et militaires expérimentés, auxquels il devait plus ou moins son royaume. Si Brézé, le premier des
haate faveur. Ses deux soeurs, Marguerite, femme d'Aubusson, et Antoinette, passaient pour avoir été les maîtresses du Roi, du vivant d'Agnès Sorel. Lui-même épousa, en 1450, la nouvelle favorite, Antoinette de Maignelais, cousine d'Agnès. Le 12 novembre 1450, le Roi donne, à Antoinette, les château, ville et seigneurie d^lssoudun, c considérant que... c André de Viilequier^ et à nostre requeste et ^ur nous complaire, ait c prins, par mariage, nostre chère et bien aimée Anthoinette de Maic gnelais, damoi selle, t — Pour les dons faits à Antoinette, voy. Bibl. de Tours, ms. fir. 1359, n« 163. — Clément, /. Ccsur, P. Juit, n«23, p. 423.
— Vallet de Vir., III, p. 241 et s., 306. — Louis XI payait encore en 1465 à Antoinette une pension de 6,000 livres. Ms. fr. 6968, p. 263 (Ck)pie de Legrand). — Le 5 mars 1452, Jean de Bueil vendit à André de Yillequier, vicomte de la Guerche en Touraine, conseiller et chambellan, les château, ville et seigneurie, terre et châtellenie de Montrésor. La sœur de Jean Y, Anne d'Amboise, intenta, à ce propos, une action en retrait lignager contre André de Yillequier, action dont elle se désista le 25 février 1453. La seigneurie de Montrésor était échue à la maison de Bueil, par la tante de Jean de Palluau (mort sans enfants en 1373). Celte dame, femme de Jean III de Bueil (et non de Guillaume), était sœur de Pierre de Palluau et fille de Godefroy. Le 2 oct. 1398, Jean lY de Bueil, fils de cette dame et père de Jean Y, en faisait hommage au Roi. En 1493, les Yillequier étant criblés de dettes, la seigneurie de Montrésor fut vendue, par décret, à Ymbert de Batarnay. Cette dernière famille y fit construire les célèbres tombeaux que l'on y voit encore. — Bibl. de Tours, ms. 1450, p. 94 et s. Notes de Lambron de Lignîn, et ms. 1359, n<> 171.
— Y. aussi l'opinion de Barante sur la cour (VIII, p. 89), — Ymbert de Batarnay, seigneur du Bouchage (1438-1523), par Bernard de Mandrot. Paris, 1886.
1. Son frère Dammartin, peu scrupuleux il est vrai, était aussi un homme de grande valeur comme conseiller et comme soldat.
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hommes politiques du temps, était désormais à peu près eonflné dans son sénéchalat de Normandie, le gouvernement du Roi restait encore assez fort pour maintenir une tradition, dès lors solidement établie, et mener à bien la libération du sol français.
Ce qui est certain, c'est que Bueil ne pouvait être poussé à mal agir par le besoin d'argent. Outre le traitement de ses diverses fonctions, le Roi lui faisait don, jusqu'à concurrence de quatorze cents livres, du revenu de la vicomte de Garentan^ Mais^ ce qui devait contribuer à donner un nouveau lustre à la famille de Bueil, tout en Tenrichissant, c'était Theureuse solution du procès soutenu, depuis bien des années, contre les héritiers de Béraud III, dauphin d'Auvergne, et particulièrement contre la maison de Bourbon. Sans entrer ici dans le détaiP, il suffira de dire que, le 30 novembre ^454, Famiral de Bueil faisait au Roi, duc de Berry, foi et hommage lige pour le comté de Sancerre, à lui récemment échu^, comme part principale de la succession de sa mère, Marguerite Dauphine. A la même date, le Roi donnait ordre à ses gens de mettre Bueil en possession de ce fief ^.
Nous verrons cependant que, si Bueil avait droit aux nom et armes du comté de Sancerre, le Parlement ne lui avait point attribué ce fief en entier, mais qu'il le partageait avec son cousin Guillaume de Vienne*. Ce ne fut que bien des années plus
1. Ms. fr. 20495, fol. 42. — Arch. nat., PP 110, fol. 275. Invent, de la Chambre des comptes, en 1450. Don à J. de Bueil, amiral de France, du revenu de Garentan jusqu'à 1,400 l. t. par an. Les diverses quittances^ qui constatent le paiement de celte annuité, de 1456 à 1459, menUonnent toutes une rente de 1,200 et non de 1,400 1. — Coll. de P. orig., à Bueil, I, 130, 131 et 117». — ClairambauU, 144. — Catal, de la vente Charavay du 18 sept. 1882, pièce 12.
2. Nous nous réservons de donner dans l'Appendice les détails nécessaires sur ce procès. — V. aussi plus haut, p. cxlv et s.