‹ Le Jouvencel (volume 4)Chapitre 117 sur 324 · Ils eurent lieu à Lyon · texte numérisé non relu

Ils eurent lieu à Lyon

2. D'ailleurs, Jacques de Valpergue, nommé chancelier de Savoie, au retour du duc (fin de 1452), tint, peu après, une ligne de conduite tout opposée (P. Just., aux 12 et 20 janv. 1454) et marcha d*accord ayec la France. En octobre 1462, saisi dans le château de Thonon, par Philippe de Bresse, il fut jugé à Morges et noyé dans le lac de Genève. Un des principaux griefs que lui imputaient ses ennemis était d'avoir trahi les intérêts de la Savoie au profit du Roi.

3. P. Just.y Dépositions diverses, l. c. — Bibl. de Tours, mss. 1359, n* 166, et 1436, n" 31. — Costa de Beauregard, Familles hist. de Savoie, p. 58 et 102, et Souvenirs du règne d'Amédée VIII. Chambéry, 1859, p. 103, note 1. Dans ce dernier passage, Costa prétend qu^Estouteville ne fut que l'intermédiaire apparent d'une réconciliation qui aurait été, en réalité, Touvrage de l'or du duc. On peut voir ici que le rôle joué par d'Estou te ville fut, au contraire, très important.

4. Pour ces plaintes, voir, entre autres, P. JusL, au 19 janvier 1454, la Déposition de Jean Tudert, envoyé en mission auprès du duc, en juillet 1453.

5. Chabannes mourut (août à oct. 1453) après la bataille de Castillon

1452] INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. dlUV

le suivre, était moins directement intéressé dans cette aflhire. L'enquête, que nous allons tenter de résumer, portait doncsufr tout sur les faits et gestes de Jean de Bueil, demeuré seul survivant du triumvirat à la fin de 4454 ^

Voici, d'après les divers témoins, les faits tels qu'ils s'étaient passés. Jean de Bueil raconte, lui-même, que le Roi l'avait envoyé à Lyon, avec Chabannes, au-devant du duc 2. Lorsque ce dernier se fut avancé jusqu'à Montluel, le cardinal d^Estouteville, qui raccompagnait, fit, à l'instigation des bannis, prévenir Bueil et Chabannes de la présence et des dispositions des Yalpergue. Jacques de Yalpergue eut beau se rendre à Lyon aussitôt après, et de grand matin, pour chercher à disposer en sa faveur les conseillers du Roi, il arriva trop tard. Le coup était porté; on le reçut très froidement, et Bueil s'écria <c qu'il semblait bien, c à son visaige, une mauvaise personne et ung contrediseur de « tous bons acors*. »

L^amiral et le grand maître, étant venus au-devant du duc, en dehors de la ville, le conduisirent, avec force respects, jusqu'à son logis et l'engagèrent à faire bonne chère et à ne se soucier de rien, l'assurant qu'il était aussi en sûreté à Lyon qu'à Genève^. Un beau matin, Louis alla trouver le cardinal, qui logeait dans une chambre voisine de son appartement, et s'ouvrit à lui de son intention de faire aux triumvirs quelqiAe gratuité^ afin quMls eussent meilleur courage en la conduite de

(v. plus bas). Quant à Villequier, encore vivant en mars 1454, il était déjà mort en décembre. — V. Bibl. nat., ms. fr. 26081, n» 6538, et P. Jmt,y à la I>€position du cardinal d'Estouteville, du 13 déc. 1454. — Pour l'influence de Villeguier, cf. Chartier^ ch. 238, et Chronique de Chastellain, l, c,y III, p. 16 et s.

1. V., P. Just.^ à Tannée 1454, les diverses Dépositions déjà citées et, plus bas, fin du ch. xii.

Page 1