‹ Le Jouvencel (volume 4)Chapitre 119 sur 324 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

3. 'Dép. de Jean de Bueil. — A ce moment, le prévôt de Montjou fit observer à Bueil, en manière d'aparté, que les grands seigneurs promettaient Tolonliers, quitte à ne pas tenir et à laisser leurs garants dans l'embarras. Toutefois Bueil le rassura sur les conséquences que pouvait avoir une garantie donnée dans de pareilles conditions.

4. Dép. de Valeran et de Valpergue. P. Just. — Ceci est en complète contradiction avec les dépositions d'Olivier Barbier et de Jean de Bueii, desquelles il résulte, sans aucun doute, que l'obligation destinée à ce dernier et les deux obligations de Chabannes ne furent écrites qu^au retour du duc à Lyon et portées de là à Moulins, où se trouvait Chabannes (janv.juin 1453). En outre, celles des obligations qui avaient été rédigées avant le traité furent remises, à Cleppié même, aux intéressés par BneU (V. même chap., un peu plus bas). — Bueil et Yillequier reçurent chacun

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dant, il fidsait expressément la réserve que, s'il n'était paseoiitent des résultats de FentreTue, les obligations seraient anmi» lées de plein droit

Durant le voyage, le duc se montra très aimable, devenant toujours plus prodigue de promesses, à mesure que Ton se rapprochait de Gl^pié. Bueil, tout en témoignant sa reconnais» sauce, crut, cependant, devoir refuser les pensons que le doc lui offrait, en disant que celles du Roi étaient sufiQsantes * ; quant au reste, il n'éprouvait, semble-t-il, aucun scrupule à Taccepter.

Arrivé à Cleppié, le 48 octobre, Louis iîit bientôt d'aœord avec le Roi. Le 27 octobre, les deux souverains échangeaient des engagements réciproques '. Celui du Roi, en forme de lettres patentes accordées à la prière du duc, offrait à ce dernier amitié et alliance perpétuelle, avec promesse de le défendre contre tous, excepté contre le pape, Tempereur et les rois d^Ângleterre et d'Ecosse'. L'engagement de Louis, qui se référait aux promesses contenues dans les lettres royales, n'était point rédigé comme celles-ci , mais sous forme de simple céduie. Le duc promettait aussi alliance et confédération perpétuelle à Charles YII, réservant, toutefois, sa fidélité au pape et à Tempereur. U devait, en outre^ mettre à la solde et à la disposition de la France, à première réquisition et dans le délai de deux mois, un corps de quatre cents lances, avec des gens de trait. Cette pièce, signée et scellée, devait être garantie, dans le délai de deux mois, par le serment de deux cents nobles savoyards, choisis par le Rdi *.

10,000 écos. Chabannes, bien que jadis ennemi déclaré d'Amédée YIU, reçot 12,000 écos, dont nne partie était destinée à loi racheter certains droits. ~ Costa, Souvenirs du règne d'Améâée VIII, p. 103, note. — P. Just. Dép. de Jean de BneU et d'Oliyier Barbier.

1. En effet, il donnait quittance, en date du 13 sept. 1452 (orig. signé), pour neuf mois de pension, se montant à 2250 1. t. — Ms. îr. 26061, n*&486.

2. D'après le ms. Dnpoy, n* 441 (p. 73), le dnc aurait promis alliance dès le 24 oct.

3. Le cas de la Tille de Fribourg était aussi réserré. — On Terra, on peu plus loin, qu'au moment on le Roi stipulait ainsi eik ÊiTeor de TAngleterre, celle-ci recommençait brusquement les hostilités.

4. Le doc ne procéda à cette* fiNmaUté qu'en 1456 (Lettres^ datées de

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En dehors de ces obligations, qui constituaient^ à proprement parler, le traité, les deux parties prenaient un certain nombre d'engagements spéciaux. C'est ainsi que, le même jour, le duc promettait, par cédule remise au Roi, de rendre, dans les trois mois, les biens des bannis, en annulant la sentence de condamnation ^ Il était accordé à la Savoie un dernier délai de six mois pour faire ses preuves, en ce qui concernait l'hommage du marquis de Saluces. Ce délai expiré, l'arrêt du Parlement, qui adjugeait Thommage au Dauphin, devait être exécuté.

Il Ait, en outre, convenu que le mariage projeté, depuis 4 436, entre le fils du duc de Savoie, Amédée, prince de Piémont, et la fille du Roi, Yolande^ s'accomplirait peu après ^. Enfin, le Roi remboursait au duc une somme de soixante-trois mille ducats d'or, prêtée jadis par Amédée VIII 3. Bien que le traité assurât quelques avantages au Dauphin, cette issue pacifique du diflférend excita au plus haut degré sa colère, contre son beau-père dont il devait peu après chercher à se venger *.

Boarg, 13 mai). — Nous trouTons les deux engagements cités, datés du 27 oct. : l" dans le ms. de la Bibl. nat. n» 5909 (fol. 227 V et 228), qui est un recueil de copies du temps sur papier; 2" dans les Copies de Legrand (ms. fr. 6966, fol. 362 et 364). Ce dernier travaU a été éyidemment fait d'après le texte du ms. 5909. Dans l'un comme dans l'autre, le texte de rengagement du duc paraît être incomplet. L'engagement du Roi est signé par le Roi, en son conseil. Présents : le cardinal d^Estouteville, le comte de Vendôme, l'éréque de Langres, l'Amiral (Bueil), le ffrand maître d'hôtel (Jacques de Chabannes), le maître des arbalétriers, les sires de la Forest, de Montsoreau, m* Girard Le Bourcier^ Jean Bureau, Etienne Chevalier, Pierre d'Oriole, et certifié par J. de la Loère. — V. aussi Guichenon, Hist, de la Bresse et du Bugey (1650), I, p. 80, et Hist, généal. de la maison de Savoie j l, 514 et s., par le même.

1. Cette cédule est reproduite par Guichenon {Hist. de Bresse, Preuves, p. 28) dans un acte notarié, du 6 août 1454, émanant du Roi, qui contient tout l'historique des négociations subséquentes.

2. Le mariage eut lieu en 1452. Amédée fut depuis duc sous le nom d' Amédée IX. — Un douaire de 10,000 écus était assigné à Yolande. — Legrand, ms. fr. 6966, fol. 361.

3. Pour la quittance du duc, datée du 31 oct., voyez Arch. nat., J 475, n" 96, et Invent, des layettes du Trésor des chartes, de Dupuy. Bibl. nat., ms fr. 4443, fol. 511.

4. Le duc ne remplissant pas ses engagements concernant Saluces, le Dauphin lui déclara la guerre, avec l'aide de Sforza, et envahit la Bresse (13 mars 1454). Le Roi, le duc de Bourgogne et les Bernois réussirent à

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le silence le plus (H^udent. U avait oublié, disait-îl, les foits, qui r^nontaient à plus de deux ans. D'ailleurs, le cas touchait au duc de Savoie et à d'autres grands sdgneurs. Aussi demandait-il à y réfléchir mûrement, promettant qu'il en parierait, à son retour, mais au Rm seul et non à d'autres.

Malgré le silence d'Estouteville, nous en savons assez pour pouvoir dire que Bueil et ses collègues étaient innocents ou, plutôt, qu'ils n'étaient pas coupables. En effet, si, dans Fenquéte, tout le monde est d'accord pour constater les engagements pécuniaires pris par le duc à l'égard des inculpés, on remarquera aussi que tous les témoignages parvenus jusqu^à nous concordent pour infirmer la version du duc Louis,, d'après laquelle Bueil et Ghabannes auraient formulé eux-mêmes leurs exigences. Sans parler de la déposition de Jçan de Bueil, celles de Jean Tudert, de Jean Yaleran le serviteur du cardinal, d'Olivier Barbier le serviteur de Ghabannes, et celle de Boniface de Valpergue^, nous montrent, au contraire, le duc prenant l'initiative des promesses et priant les triumvirs de lui concilier les bonnes grâces du Roi.

On pourrait objecter que ces témoignages sont ceux de Français mal disposés pour le duc^ ou de gens plus ou moins dépendants du très puissant Jean de Bueil, et interrogés en France, tandis qu'une tout autre opinion paraît régner à la cour de Savoie. A cela, on peut répondre que les personnages appelés à déposer dans l'enquête sont tous des témoins oculaires des faits et que leurs dépositions sont en parfait accord. Quant à l'opinion régnant dans l'entourage du duc, il Êiut remarquer qu'elle n'était point formulée comme une affirmation, mais sous une forme dubitative et comme un écho des propos tenus par le duc lui-même ^.

1. Boniface était un sujet du duc de Savoie. Il était, il est vrai, au service de France, comme on peut le voir par sa Déposition {P, Just). Deux antres dépositions, celles d'Âmancy et de Jacques de Beuil, sont surtout relatives à un autre point de l'enquête. — V. plus bas, ch. xii, après la deuxième expédition de Guienne.

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