juillet. — Ghartier
'6. Ibid., fin de juillet — La capitulation fut signée par les maréchaux de Lohéac et de Jalognes, Bueil, Louis de Beaumont et Jean Bureau, conseiller et trésorier de France. A la suite de la bataille, Jalognes avait rejoint l'armée. — Ordonnances des rois, XI Y, 280.
7. c Monseigneur Tadmiral y aesté biechié en deux liens; mais, Dieu merchi, il n'y a point de dangier de mort. » — Lettre d^4ngoulême, L c.
odii namomjCTiON biographique. [i^
oe qui concerne Jacques de Cbabannes, bien que Chartier prétende qu'il mourut de s^ blessures trois jours i^irèB la bataille, en même temps que Beauvau, nous suivrons le récit de la Chronique Martinienne^ qui, ainsi que nous Tavons déjà dit, possède, sur la famille de Gbabannes, des renseignements originaux^
D'après cet ouvrage, le grand maître d'bôtel serait mort de la peste, quinze jours après le combat, en complet désacord avec son ancien ami Jean de Bueil. La cause de la querelle n'était point sans importance : car il s'agissait de savoir lequel des deux était le véritable vainqueur de Castillon. En effet, comme nous l'avons vu, l'armée qui avait battu Talbot n'avait point de cbef, mais était, d'après Cbartier, conduite par un certain nombre de commissaires royaux : bon moyen d'exciter les jalousies et d'effacer les risponsabilités. Toutefois, il n'est pas douteux qu'au moment de la bataille, quelqu'un prit, d'une main ferme, les rênes du commandement. Quel était cet homme? Il ne semble pas que ce fût l'un des maréchaux. En effet, Jalognes était momentanément absent. Quant à Lobéac, qui semble jouer ici un rôle secondaire, nous l'avons vu fréquemment tenir une place in£arieure à celle de Bueil, la supériorité du grade ou de la fonction n'entraînant pas forcément alors la supériorité du commandement^. Aucun des autres grands personnages présents à Farmée n'avait de droits spéciaux à diriger les opérations. Bestsûent donc Bueil et Gbabannes, très influents, à cette époque, dans le Conseil du Boi et auxquels les passages contradictoires de Trin-
1. Ckron. Martin., fol. 295 et sujy. Le renseignement de Chartier (ch. 264) ne mérite aucune créance : car cet auteur qui , À la fin du chapitre cité, fait mourir Chabannee trois jours après Castillon (20 juillet 1453), le nomme, au commencement de ce même chapitre, parmi les personnages présents à Lormont bien des jours après cette date. De même, il est douteux que Beauvau ait succombé si Tite.
2. Les maréchaux avaient strictement le pas sur Tamiral. Mais d^, en 1444, Bueil, quoiqu'il ne fût pas même amiral à cette époqae, avait exercé le commandement supérieur, comme lieutenant général du Dauphin, noiHibstaiit la présence du même maréchal de Jalognes.
1458] INTRODUCTION BIOGBAPmQUE. mSH
gant et de la Chronique MartirUenne attribuent coneurremmeiit Phonneur d'avoir vaincu Talbot et libéré le sol français. Le témoignage de Tringant^ d'habitude très exact, est sensiblement antérieur à celui de la Chroniqtie*, En outre, ce que nous savons de l'auteur du Jouvencel et du vainqueur de Saint- Jacques rend son intervention à Castillon plus probable que odle de Jacques de Chabannes^ moins connu comme militaire '. Ce qui est certain, c'est que, dès le lendemain de la bataille, Bueil et Ghabannes, jusqu^alors si unis, se prenaient de querelle et se disputaient l'honneur de la victoire. Jean V et son ami Beauvau se répandaient en plaintes amères sur le compte du grand maître ^ et faisaient courir sur lui des bruits défavorables. Quant à Ghabannes, il envoyait au Roi un messager chargé de lui offrir, en cadeau, le gorgerin de Talbot et de présenter, en même temps, sa défense. Antoine, comte de Dammartin, qui se trouvait auprès du souverain à ce moment, se rendit garant de la fidélité de son frère, le grand maître, et pria Charles VU de le confronter avec les calomniateurs. Mais le Roi, qui ne se soudait point de donner au débat un nouvel aliment, se borna à assurer Dammartin qu'il tenait son frère pour un gentil chevalier et qu'il n'était pas nécessaire qu'il se dérangeât. Antoine s"'écria alors que personne n'avait mieux servi le Roi, dans la journée de Castillon, que Jacques de Ghabannes et demanda à Charles la permission de relever l'accusation. Mais ce dernier ne voulut pointy consentir, affirmant de nouveau qu'il n'ajoutait aucune foi aux rapports faits contre le grand maître. Sur ces entrefaites, Jacques prit la peste et mourut, regrettant amèrement de n'avoir pu s'expliquer devant le Roi et jurant.
1. Rédigée par Sébastien Bfamerot, elle Ta jnsqu'en 1503 (Beaucourt, Hisi, de Charles VII, I, p. lxx). Le passage de la Chron. est d'ailleurs moins affirmatif que celui de Tringant. — Pour ce dernier, v. plus bas notre Introduction littéraire,
2. Ghabannes arait cependant joué un rôle important dans la précédente campagne de Guienne. — Ghartier.
3. Geci ne permet pas de supposer que Beauvau soit réell^nent mort trois jours après OastiUon, comme le dit Ghartier.
cciy INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. [1453
jusqu'à la dernière heure, qu'il provoquerait Bueil et la Vaissière en combat singulier * . Sa compagnie de cent lances passa à son frère Dammartin^ qui héritait en même temps de sa querelle avec Jean de BueiP.
Durant ces événements, le comte de Clermont poursuivait sa campagne, passant, des bords de la Dordogne, sur la rive gauche de la Garonne, puis en Médoc. Inquiets de ses mouvements rapides, les huit mille Anglo-Gascons renfermés dans Bordeaux n'osaient rien entreprendre contre lui.
Pendant qu'il faisait ainsi tomber successivement toutes les places du Médoc ^, l'armée de Castillon, qui, renforcée d'une partie de celle du Roi*, comptait alors quinze à seize cents lances^ et une nombreuse artillerie, s'emparait du pays situé entre la Dordogne et la Garonne et venait s'établir (fin de juiUet) à Lormont^. Bureau construisit aussitôt, au bord de la Gironde, une forte bastille^. Cet ouvrage était appuyé sur la rivière par une grande flotte, qui, réunie à la Rochelle et amenée par l'amiral de Bretagne, était alors placée sous le commandement de Bueil, comme amiral de France®. On y
1. Ghabannes tomba malade huit à dix jours après la bataille et mourut au bout de sept jours, c'est-à-dire dans les premiers jours du mois d'août. La Yalssière mourut peu après, la même année. — Chron. Mort.
2. Y. plus bas, môme chap. Cependant, un rapprochement ne tarda pas à s'opérer entre eux, contre le Dauphin.
3. Château-Neuf de Médoc, Saint-Macaire, Langon, Yillandraut, la ville puis le château de Cadillac (fin septembre), Bénauges (27 sept.) et Rions; enfin, au mois d'octobre, Blanquefort. L'armée de Clermont comptait alors 1,000 lances, outre un corps de francs archers. — Chartier, ch. 261 et 262. — Escouchy, II, 65 et s.