‹ Le Jouvencel (volume 4)Chapitre 153 sur 324 · Basin, liv. II, ch. x et xi. — Chron. Scandai · texte numérisé non relu

Basin, liv. II, ch. x et xi. — Chron. Scandai

4. Il alla d'abord au Pont-de-l' Arche. Le lendemain, une entrevue des deux ducs à Port-Saint-Ouen, ménagée par Dunois, resta sans résnltai. Les conseillers de François prétendirent très faussement, à cette occasîoD, que les gens de Rouen avaient comploté d^assassiner leur maître. -— Basin. — Duclercq.

1465] INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. eelT

Averti par lui de ce qui se passait, le Roi pénétra aussitôt dans la province ^ Son frère était hors d^état de résister, car il n'avait que fort peu de troupes. Louis savait aussi, à n'en pas douter, que le comte de Charolais, satisfait de la part que lui avait attribuée le traité de Conflans, ne s'opposerait pas à ses desseins. Le comte était, en effet, occupé à réduire les Liégeois qui venaient encore une fois de se révolter. D'ailleurs, le earact^ faible et versatile du duc de Normandie ne lui inspirait que peu de confiance et moins encore de sympathie^. Privé de l'appui du duc de Bretagne, Charles ne pouvait donc attendre de secours d^aucun côté.

Louis se dirigea tout d'abord vers la Basse-Normandie^ dont il s'empara, laissant aux Bretons les places qu'ils tenaient^. Puis il vint à Gaen pour se concerter avec le duc François. Les deux princes signèrent, dans cette ville, le 23 décembre 4465, on traité par lequel le duc abandonnait complètement son ancien allié'*. Le Roi promettait de rendre ses bonnes grâces à

1. D'après la Chron. du Mont Saint-Michel {l, 79), un premier accord fat conclu le 12 déc, à Bayeux, entre le duc de Bretagne et les envoyés du Roi, l'amiral de Montauban et le maréchal Rouhault. C'est à cette occasion que Dammartin, qui avait suivi le parti du duc de Bretagne, rentra en grâce auprès du Hoi.

2. U s'en était exprimé très vivement après Montlhéry. Le duc de Berry^ impressionné par la vue des blessés, semblait regretter son entreprise, f Avez-vous ouy parler cet homme? » disaient le comte de Charolais et ses conseillers. « Il se trouve esbahy, pour 7 ou 800 hommes c q[u'il voit par la ville allant blessez, qui ne luy sont rien, ne qu'il conc noist. Il s'ébahiroit bientôt, si le cas luy touchoit de quelque chose, c et seroit homme pour appointer bien légèrement et nous laisser en la a fange... ^ parquoy est nécessaire de se pourvoir d'amys. • Et, sur ce soupçon, le comte de Charolais avait envoyé un ambassadeur en Angleterre, pour préparer une alliance avec le roi Edouard, c combien que... c la chose du monde que plus il haïàsoit, en son cœur, c'estoit la maii son d'Yorch. » — Comines, liv. I, ch. v.

Page 1