‹ Le Jouvencel (volume 4)Chapitre 155 sur 324 · Legrand dit Clermont, mais c'est une erreur manifeste · texte numérisé non relu

Legrand dit Clermont, mais c'est une erreur manifeste

4. c Lesquels^ disait le duc de Bretagne, ont été reconnus cause et c participans de la conspiration et injure à nous faite à Sainte-Oathec rine du Mont..., au mois de novembre dernier. » Ceci était tout à fait contraire aux traités de Conflans et Saint-Maur, ainsi qu'aux lettres d'abolition données le 8 octobre 1465, pour toutes les entreprises faites contre le Roi. — Ms. fr. 6961, p. 122. — Basin, liv. II, ch. xiv.

5. Décembre. Le duc était allé jusqu'à Louviers, pour voir le duc de Bourbon, mais sans succès. A son retour à Rouen, il se fit couronner duc, suivant les anciens rites^ à la grande joie des habitants. — Chron. Scandaleux, p. 94 et s. — Gaguin, l. c, fol. 144. — Duclercq.

6. Basin, liv. II, ch. xiii, éd. Quicherat. — D'après Basin, Bueil et Chaumont cherchèrent, en vain, à retenir le duc à Rouen, pour mieux le livrer au Roi. Quicherat fait, avec raison, ressortir, dans une note, l'absurdité de cette accusation portée contre des gens qui avaient encore, à ce moment, tout à redouter, soit du Roi, soit du duc de Bretagne. — Le Roi venait, en effet, de faire raser le château de Chaumont (janvier 1466), quoiqu'il l'eût déjà confisqué et donné à la duchesse d'Orléans (31 mai 1465. — Bibl. nat., ColL de Touraine, XIY, n" 4008). Quanta Bueil, il avait tout récemment débauché 120 Ecossais de la garde royale. Ces derniers, qui cherchaient à le rejoindre, furent battus à Cailly, dans le pays de Caux, par Melun (déc. 1465). — Chron. Scandaleuse, p. 94 et 99,

1460] INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. edvti

mettre le siège au Pont-de-F Arche* dont la garnison reçut aussitôt du duc Tordre de capituler. Les habitants de Rouen, qui assistaient consternés à Pécroulement du fragile édiflce de Findépendance normande^, furent aussi invités à négocier avec le Roi, Celui-ci était aidé dans sa tâche par Charles de Melun, son grand maître d'hôtel, et par le duc de Bourbon, qui, mécontent de la part à lui faite lors du traité de Saint-Maur, était revenu subitement au parti de Louis XI ^. Cependant le duc Charles avait envoyé, au mois de décembre, des ambassadeurs ^ réclamer du secours auprès des princes de la maison de Bourgogne, qui, d'ailleurs, ne songeaient guère à intervenir sérieusement. Ces derniers présentèrent cependant quelques observations au Roi-, mais, cette démonstration n'étant point appuyée par des arguments militaires, Louis n'en tint aucun compte et continua à avancer'. En cette extrémité, le duc de Normandie se vit contraint de s'adresser directement à son frère. Il lui envoya donc une ambassade pour se plaindre de rinvasion de son duché et rappeler que lui et ses amis étaient couverts par les traités. Le Roi répondit par l'offre de l'arbitrage des ducs de Bretagne et de Bourbon, oSlre qui fut aussitôt acceptée ^

Le 7 janvier U66, le duc se plaint de ce que le Roi et les arbitres paraissent d'accord pour excepter du pardon général ses principaux serviteurs^. Il proteste qu'il n'entrera en aucun traité, sans avoir reçu des sûretés sur ce point. Le duc ajoute qu'il se

1. Dans les premiers jours de janvier. La ville fut prise par la trahison de Louis Sorbier, le 9 janvier. Le château seul se défendit. — Chron, Scandaleuse, en 1465.

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