‹ Le Jouvencel (volume 4)Chapitre 161 sur 324 · Ce dernier venait d'épouser Marguerite d'York · texte numérisé non relu

Ce dernier venait d'épouser Marguerite d'York

6. Dans l'intervalle, les états du royaume, rassemblés à Tours (6- 14 avril), avaient déclaré que la Normandie ne pouvait pas être séparée de la couronne et que Monsieur Charles devait se contenter d'une pension de 60,000 livres et d'un apanage de 12,000, pris sur un duché ou un comté à choisir. Ils condamnaient aussi les entreprises du duc de Bretagne et ses alliances avec les Anglais et encourageaient le Roi à employer la force contre lui. Les lettres de convocation étaient datées du 26 février 1468. — Bueil est présent, placé derrière le Roi sur l'estrade. •— Ms. fr. 6961, Legrand, Histoire de Louis XI, 1. XI, p. 11. — Barante, t. IX, 1. 1. — Hist génëal. de la maison d'Earcourt, de 1662, I, 663; III, 32, 674, 708 ; IV, 2007. — Chron. Scandai., L c, 132. — Chastellain, V, 387 et ss. — Ane, Chron, d'Angleterre, par Wavrin, II, 366. — Le 26 juin 1468, le roi René, duc d'Anjou, dispensait Bueil de produire quittance du droit de rachat dû par ce dernier pour les terres de Ghasteaux, Vaujours et Lublé, héritées par lui de son oncle Hardouin de BueU. — Voir plus haut, p. vij, note 1, et P, Just. à sa date.

7. L'armée de Normandie, sous la conduite de l'amiral, bâtard de Bourbon, refoula promptement les Bretons chez eux. — Chron, Scandai., 138. ^ Chron. Martin., fol. 338.

cclxx INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. [1468

relrouvons Jean de Bueil, dans cette dernière province, flsisant partie de Farmée que commandait le marquis de Pont^ Le 24 juillet, Louis envoie Bourré, de Gompiègne, en Anjou ^ avec des lettres pour le roi de Sicile et pour les chefs de l'armée'. D'après la très curieuse instruction remise à Bourré, ce dernier devait aviser les capitaines que le Roi venait d'obtenir du duc de Bretagne et de son frère une prolongation de trêve de quinze jours. Louis se plaignait de ce que ses troupes n'étaient pas entrées en Bretagne dès le 4 5 juillet. Il attribuait à ce retard la fuite des ducs, qui venaient justement de quitter Nantes pour gagner la Normandie. En conséquence, le Roi ordonnait au marquis de Pont d'avancer aussitôt en Bretagne et de pousser aussi loin que possible, pour chercher à faire rebrousser chemin aux ftigilifs. Dans le cas où ils seraient avisés officiellement par l'ennemi de la prolongation de la trêve, les capitaines de Louis pouvaient s'excuser sur leur ignorance, mais ils ne devaient pas retirer leurs troupes, vu le peu de durée de la suspension d'armes*. Une révolte de l'arrière-ban du Poitou* semble avoir retardé Texécution de ces ordres machiavéliques. Cependant, les 6 et 7 août, Bueil, Grussol et les francs archers de Pierre Comberel mirent le siège devant Ghamptocé*. Pendant le siège d'Ancenis, qui termina la campagne, le marquis de Pont conclut avec la Bretagne une trêve de douze jours (24 août) qui précéda de peu la paix dite d'Ancenis, Le duc de Galabre, qui arrivait de Gatalogne, reçut pleins pouvoirs pour traiter avec les ducs de Bretagne et de Normandie (22 août) ^. En même temps, le Roi

1. Nicolas, marquis de Pont, fils du dac Jean de Galabre et petit-fils da roi René.

2. Ms. fr. 20430 (Gaignières), fol. 33. — Mss. fr. 6961, p. 24, et 6975.

3. Soit le marquis de Pont, Bueil, Grussol, Georges de la TrémoUle seigneur de Graon, et Louis de Beaumont seigneur de la Forest et da Plessis.

Page 1