Introd. biogr,, prccxxxij, note l
7. P. Paris, Mss. de la BibU du Roi, YII, p. 171, ms. italien n* 482 (anc. 7260), fol. 125 r*. Ge volume, relié aux armes de France, a appartenu à Louis XIV. Il n'est pas orné de miniatures, mais de dessins à Tencre pleins de goût. Au fol. 33 est écrit d'une écriture du xv* siècle : S. Guichart. — M. Dellsle {Cabinet des mss, de la Bibl. impérial», II, 345) indique le ms. fr. 10132 comme étant marqué, au commeneement, de la signature d^Anne de Bueil, dame de Ghaumont et sœur de Jean Y.
INTRODUCTION LITTÉRAIRE. ceëify
fidt d'avoir conçu le projet du Joùvencel proteste d'ailleurs contre une pareille hypothèse.
Toutefois, Jean Y n'était peut-être pas assez expert ea la matikt) pour rédiger à lui tout seul un document qui témoigne chez ses auteurs d^une culture littéraire très étendue ^ Déjà un peu usé par les campagnes, il était aussi découragé par les disgrâces^. De là, son association avec ses trois serviteurs, dont deux, au moins, étaient des procureurs habitués à tenir la plume ^. Durant les loisirs causés par les rancunes de Louis XI, on se réunissait dans les salles de Vaujours. Jean de Bueil dictait ses souvenirs et ses théories morales et militaires. Ses collaborateurs recueillaient avec respect les récits du compagnon de Jeanne d'Arc et leur donnaient leur forme déflnitive.
A vrai dire, Tringant ne nomme pas précisément Bueil parmi les rédacteurs du Joùvencel; mais, ce qui revient au même, il nous le montre exerçant une surveillance très suivie sur le travail de ceux-ci ^. D^autre part, si les dernières lignes du roman nous font supposer une collaboration^, les premiers mots de la Table attribuent au Joùvencel pour auteur unique «ung discret et honnorable chevallier*. » Cette contradiction, qui n'est qu'apparente, laisse assez clairement deviner quelle est dans notre livre la part de chacun ; Tinvention étant Tœuvre de Jean V et la rédaction celle de ses serviteurs.
1. Oa remarquera, entre autres, dans le Joùvencel^ outre Alain Chartier, des citations d'un certain nombre d'auteurs de l'antiquité, dont il était d'usage alors d'invoquer l'autorité à tout propos. Enfin, l'auteur cite (3* partie, ch. m) un proverbe italien, il est vrai traduit en français, mais sous une forme très italienne : « Qui offende non pardonne. » Bueil, possesseur d'un Boccace, savait-il l'italien ?