‹ Le Jouvencel (volume 4)Chapitre 27 sur 324 · V. plus bas, au début du ch. y, en · texte numérisé non relu

V. plus bas, au début du ch. y, en

9. Tringant, XXI. — Bourdigné (II, p. 158 et 167) semble distinguer ici deux é?énements, dont l'un serait le combat de Beaumont, Tictofre

de Beauvau, ce dernier rassembla aussitôt à Sablé les g sons frontières les plus voisines ^ Une partie des troupes ] dées n'avait encore pu arriver que déjà l'on était en r Aussi, les forces de Bueil ne dépassaient guère le chiffl quatre-vingts lances' ; mais c'était une troupe d'élite, comj de gentilshommes des meilleures lignées du pays'. « Et av( « cette noble cohorte, dit Bourdigné, chevauchant à ba « desployée allèrent eulx rendre au seigneur de Loré. » Ce signifie pas tout à fait, comme le dit le père Anselme, que commandait l'expédition. Ces gens, pour la plupart Mam ou Angevins, étaient sous les ordres de Bueil et de Beauv non sous ceux de Loré, qui n'avait qu'un seul serviteur lui *, Si donc Loré, un peu plus âgé et expérimenté que I

remportée par Loré, après la prise de Laval sur les Anglais (sept. Ghartier, ch. lxiy), et Faatre, la levée du siège de Saint-Gélerin ra( ici. Il en est de même du Père Anselme {H, M. royale de France, II, 9. Ghartier (ch. lxxviii) ne fait pas cette distinction. En effet, ces deu] nements semblent n'en faire qu'un. Cet épisode est raconté dans 1( vencel (2« part., ch. yni) sous le nom de Levée du siège de Sardin y reconnaît fort bien le récit de Tringant et une partie de celi Ghartier. Bourdigné et Ghartier paraissent placer ce siège en 1431, Chron. Martinienne (fol. 279, l. c.) en 1434, tandis qu'il est d'avril et contemporain de la prise de Ghartres par Dunois (Ghartier, ch. l qui eut lieu, d'après Monstrelet (t. V, ch. cxvii), le 20 avril, jo Pâques, 1432. — 11 ne faut pas confondre cet événement (siège n* Saint-Gélerin) avec deux autres faits analogues. En effet, Saint-Gé réparé en août 1429, avait été assiégé et délivré une première fois ( de janv. à avril 1430 (Ghartier, ch. lz et lxix). Il fut de nouveau ai une troisième fois et prfs par les Anglais en 1434 (n. s.). V. pluf ch. V. — Ghartier, éd. Vallet de ViriviUe, I, 143, et III, 339. — 1 court, II, 44. — Pesche, à Fresnay, Saint-Cëneri et Vivoin.

1. On y vit, entre autres, Brussac, capitaine de Graon, Guill. Bl< dit le Borgne, le sire de Champagne et Pierre le Porc venu de Laval les gens de Loheac. Gautier de Brussac ou Bruzac est souvent cité, le traité d'Arras, comme Pun des chefs des Écorcheurs (Olivier c Marche, Mémoires^ ch. iv). — D'après Ghartier, le duc d'Alençc Gharles d'Anjou, qui se trouvaient à Sablé, se proposaient aust rejoindre l'expédition.

2. D'après Bourdigné. — D'après Ghartier et le Jouvencd^ huit hommes. ^

3. Bourdigné en nomme trente-deux, outre Bueil et Beauvau. remarquons entre autres un Montejeaii, probablement le futur frère de Bueil. '

4. D'après Tringant, il s'appelait le SiUeux, « et ne scay s'il (

xl INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. 11432

dirigea cette brillante compagnie vers Saint-Géierin, ce dernier peut bien prétendre à Thonneur de Tavoir commandée et, surtout, d'avoir décidé du succès * .

Itarchant vers le nord, les Français vinrent coucher à quatre ou cinq lieues au sud de Saint-Gélerin, moitié à Beau* mont et moitié à Yivoin '. Ces deux localités, situées à peu de distance Tune de Tautre, sur les deux rives de la Sartbe, étaient reliées par un pont. Bueil et Brussac logeaient à Beaumont, sur la rive droite, tandis que Loré et Champagne étaient à Yivoin, sur la rive gauche'. Bueil disposait en outre de la garnison de la Tour-de-Beaumont, commandée par Pierre de Brézé et composée de vingt*cinq lances *. Les Français passèrent plusieurs jours dans ces cantonnements, recevant des renforts qui portèrent leur eflfectif à onze cents hommes*.

Un matin, de bonne heure, les Anglais, marchant de nuit, arrivèrent de Saint-Célerin. Ils étaient divisés en deux corps qui suivaient chacun Tune des rives de la Sarthe. Sur la rive gauche, le principal détachement, comptant de deux à trois mille hommes, avait pour mission d'attaquer les Français à Vivoin. Sur la rive droite, une deuxième troupe, ne comptant

homme d'armes ou archier. » Ce détail n'est pas rapporté sans intention. — Monstrelet (t. V, ch. glxiii) est d'accord avec Tringant. En effet, les hommes de Loré occupaient déjà Sainte-Suzanne et Saint-Oélerin. — y. aussi Robert Gagnier, fol. 120, l. c.

1. Ghartier et la Chron. Martinienne partagent le commandement entre Loré et Bueil ; mais la plupart des historiens ne prononcent même pas le nom de ce dernier en cette affaire. En revanche, le Rotier des Guerres (ms. fr. 442, fol. 156) attribue à Bueil tout l'honneur de rentreprise.

2. Beaumont-le- Vicomte (Sarthe), au sud d'Alençon, est à deux kilomètres de Vivoin.

3. Comme les récits de Tringant et de Monstrelet reposent sur cette répartition des cantonnements, il paraît certain que Chartier se trompe, lorsqu'il affirme que Loré logeait avec Bueil à Beaumont.

4. Dans le roman du Jouvencel, on (Brézé) offre au Jouvencel (Bueil) de loger dans la Tour (de Beaumont) ; mais il refuse^ disant que, lorsqu'une troupe est exposée, son chef ne doit pas se mettre en sûreté.

5. D'après la Chron. Martiniermej quatorze cents hommes (fol. 279). Le corps anglais n'aurait compté que huit cents à mille hommes, chiffre trop peu élevé si l'on songe que les Français n'osaient attaquer.

guère qu'une centaine de chevaux et des trompettes, devai point du jour, faire une bruyante démonstration à Beaui devant le gros des Français, afin d'empêcher ces derniei secourir leurs camarades. La perspicacité de Bueil dér leurs calculs. Les allures de la troupe anglaise, qui m( grand bruit devant ses cantonnements, lui semblèrent pectes et il comprit vite que l'ennemi ne songeait qu'à l'ami pour porter ailleurs des coups plus sérieux.

Il n'y avait pas de temps à perdre pour secourir ceu: Vivoin, qui avaient été faits prisonniers presque sans com Déjà les effets de cette déroute se faisaient sentir à Beaum On entendait des clameurs confuses, et fuyards et blessés c mençaient à arriver pêle-mêle. « A cheval, à cheval I » s'é Bueil. « Et passa le pont à toute diligence, dont chascuu n ce toit pas d'opinion; mais il disoit que les ennemys ésto « empeschez de leur proye, tellement qu'ilz ne se pourra a mestre en ordonnance de combatre^ »

Jean V franchit au galop la demi-lieue qui le sépa de Vivoin. Là tout était comme il Tavait prévu. Loré, blei avait été pris ^ et toute résistance était terminée. Les Anglî ayant rompu leurs rangs, étaient occupés à lier leurs pris( niers et leur butin. Tout à coup, au milieu de ce beau désord Bueil débouche à grande allure, suivi par derrière de ses arch et de la troupe de Pierre de Brézé ^. Les survenants couch leurs lances et se ruent sur les Anglais, arrivant à la file p( reprendre leurs places de combat. On ordonne aux Français se jeter sur les enseignes et de frapper aux aisselles et à

1. Tringant, L c. — Lés paroles de Bueil se retrouvent aussi presc textuellement dans la bouche du Jouvencel, l, c.

2. Chartier suppose à tort, comme nous l'avons dit, que Loré se tn vait avec Bueil et conduisait les archers.

3. L'ensemble de ces troupes ne dépassait pas soixante à qualre-vinj lances et cent à cent soixante archers (Chartier, ch. lxxvmi). — V., da le Jouvencel (2« part., ch. viu, p. 145), la, pittoresque description désordre des Anglais.

xlij INTRODUCmON BIOGRAPHIQUE. [14»

gorge * . Leurs adv^^ires, engagés dans le bourg de Vivoin ', faisaient de grands et infructueux efforts pour en sortir et se reformer en bataille, sans abandonner leurs prises. Bien que surpris, ils tenaient ferme et Ton combattit longtemps corps à corps. Dans la lutte, le guidon de Charles d'Anjou, que Bueil faisait porter devant lui > par deux chevaliers *, fût abattu. Le fidèle Guillaume de Gourcillon ' le releva, et, malgré tout leur courage, les Anglais durent s'enfuir en pleine déroute. On les poursuivit pendant deux lieues. Le bâtard de Salisbury, qui commandait, échappa ; mais beaucoup d'autres périrent, entre autres Jean Arthus.

Mathieu Gough ® fut pris par un écuyer du nom de La Yau* lue ^. Ils se blessèrent tous deux ; mais le combat continuait encore, lorsque Bueil s'approcha : « Je me rends à vous, » s'écria l'Anglais. « C'est mon maistre, dit Jean de La Yaulue ; <K vous vous rendez à lui. Et le seigneur de Bueil respondit : « Ja « à Dieu ne plaise, puisque vous l'avez conquis, que j'en preigne « la foy®. » La Vaulue garda donc le prisonnier. Tous les capitaines de cette époque n'eussent p§s été aussi scrupuleux. Mais Bueil avait des principes fort stricts en matière de jurisprudence militaire *.

En apprenant la victoire des Français, les troupes du sire de

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