Var. : « embrasser. » A
199 LE JOUVENGEL.
€ Messeigneurs , se je povoye et savoye. Et si sçay « que aussi feroient tous mes frères qui sont en œste € bataille. Pour abregier, est il riens que nous puis- € sions faire sur ces gens yci promptement? > — c Monseigneur, dit le viel cappitaine de Grathor, ilz c sont fortifiez en leur champ. Je ne conseille pas que c les y assalliez. Entrez dedans la ville; et passerez « delà la rivière et logerez, vous et vostre puissance, « en ung gros bourg, qui s'appelle le Bourg-Neuf, et € sont les faubourgs de la ville. Vous serez entr'eux * € et leur païz ; ilz n'auront jamaiz nulz vivres ; et faul- « dra en despit d'eulx qu'ilz se lièvent et qu'ilz desem- « parent leur fortification. Et, au despartir, vous en « aurez beau marché. »
Or sur ce dist le conte : a Allons parler à me&- « seigneurs les Mareschaulx, au Maistre des arba- € lestriers, à l'Admirai et aux autres seigneurs, « cappitaines et gens de bien, qui sont illec, pour « conclure ce que nous avons à faire. Mais, s'il « vous sembloit que nous peussions aucune chose « exploicter aujourd'ui, le jour est grant et nous « sommes bien acompaigniez ^ pour faire beaucoup « de bien, ce me semble. i> — « A! Monseigneur, dit « le Jouvencel, Dieu vous doint bonne vie! car vous « dictes moult bien. » — « Monseigneur, ditleMares- « chai de Crathor, c'est le Jouvencel. ^ Puis le conte « l'embrassa et dit : « Jouvencel, j'avoye grant envie « de te veoir pour les grans biens que j'avoye ouy
i. Var. : t et sont les faubourgs de la ville. Vous ne povez estre mieulx logé ; cest païs est fort contraire à voz ennemis ; car vous serez entr'eulx, etc. » Éd. Vérard et Lenoir.