‹ Le Jouvencel (volume 4)Chapitre 316 sur 324 · Var. : « parler. » A · texte numérisé non relu

Var. : « parler. » A

2. Qui est Guillaume de Brézé {Commentaire, XVI, et plus haut p. 2).

198 LE JOUYEIfGEL.

c guet qu'ilz ne partent point que vous ne le saichez. c II y a cincq lieues d'ici à Escallon, qui leur a esté c délivré*, qui est le plus près et prochain retraict c qu'ilz aient. S'ilz se mettent au chemin pour eulx en c aller, et ilz vous ayent une foys le doz tourné et c vous leur donnez au doz, les premiers ne tourne c ront jamaiz pour aider aux derreniers. Et encore c attendroys-je qu'ilz fussent prez de leur place, avant € que les assaillir, si entre cy et là vous ne trouvez € quelque tendrière^. Car à Teure qu'on voit son parti . sur ses eonemyz, on le doit prendre. Car il vient à € une heure ce qu'il n'avientpas à cent. La guerre est c de teUe condicion, qu'on y doit avoir bon pié et « bon œil. Et vous les pourrez veoir en telle desordre « que, dès le partir d'icy, vous les pourrez bien assail- € lir. Mais, si vous les voyez, au partir d'icy, en belle « ordonnance, comme je doubte que si ferez (car ilz € ont bons chiefz), je diroye que vous attendissiez « qu'ilz fussent prez de leur retraict. Car seurement, € quant genz sont prez de leur retraict, ilz se desop- € donnent tousjours, et est impossible qu'on les puisse « tenir. L'ung est las, l'autre son harnoys le casse ^;

1. En marge dans le ms. A. : « Il prent Escalon pour Meungsur-Loire. » Meung est à 18 kilom. d'Orléans. — Ces mots • qui leur a esté délivré » n'ont aucune valeur historique; ils sont mis simplement pour l'intelligence des faits du roman. On a vu en effet plus haut qu'Escallon (désignant alors Marchenoir) avait été pris par le Jouvencel.

2. Var. : c attendue. * G. quelque embuscade, — « vous ne trouvez en eux quelque desarroy. » Éd. Lenoir.

3. Var. : < le mâche. » G. D. F. — a le marche. » B. Mâcher veut dire mater, et marcher, fouler; sens de gêner, blesser. — « le blesse. » Éd. liOnoir.

LE JOUYENCEL. 499

ilz voient leur retraîcl prez ; Tung a paour, Tautre désire estre à sauvette ^ Il y en a bien pou qui veullent tenir ordonnance. Les chiefz de guerre sont laz de les avoir combatuz toute la journée ; ilz ne pevent plus parler de force de crier*. On ne les oït plus; et, si on les oit, si n'en fait l'en point semblant^. Les chiefz n'ont pas à faire à ung homme seul; ilz ont à faire à toute la compaignie. Et sont les ungs parmy les autres ; chacun se muce et boit sa part de la honte et dit : Ce n'est pas moy. Et s'efforcent de dire trestous : Demourez, demourez ; tenez ordonnance; tenez. Mais il n'y a cellui qui ne voulsist estre à l'ostel. Monseigneur, quant une puissance desmarche et elle sent que elle a une autre puissance au doz, croiez seurement que elle est tousjours en efiroy. Hz ne voient point leurs ennemyz ; ilz leur ont le doz tourné ; ilz cuident de chascun hu estre assailliz. Oultre ilz ne pevent tenir ordonnance en allant ; ilz trouveront tant de hayes, de passaiges, de chemins, par quoy il fault que les premiers soient les derreniers. Et chascun craint cest article, soit petite compaignie, soit grosse. Il fait périlleux marcher devant ses ennemi;;. Et, en a quelque manière que ce soit, on doit tousjours tas- « cher que son ennemy marche devant soy ; car on y c apprent moult. Si ung homme lutte et il entre le < premier à la lutte, communéement il est abatu. Se € c'est ung homme qui parle et il parle le premier, € son adversaire y apprent beaucoup. Or regardez

Page 1