‹ Le Jouvencel (volume 4)Chapitre 34 sur 324 · Ou plutôt de ses archers. V. la note plus haut · texte numérisé non relu

Ou plutôt de ses archers. V. la note plus haut

3. Anthon, en Dauphiné, au confluent du Rhône et de l'Ain. Le 11 juin 1430, Rodrigue y défit le prince d'Orange, engagé dans un défilé. — L'auteur du Jouvencel rapproche aussi la défaite de Rodrigue d'un combat victorieux livré par le duc de Galabre dans les rues de Gènes, durant la nuit du 14 au 15 septembre 1459 ( Rodrigue j p. 43 et s. et 238).

par rimpétuosilé des assaillants. Plusieurs des combait d'élite qui tenaient la tête des routiers, entre autres un Vil drando, frère de Rodrigue ^ tombèrent percés de eoupj pendant cette mêlée, les gens de trait eurent le temps d jeter sur le bagage et d'y faire du butin. Gomme cela ne ] vait pas être de longue durée, le jeune capitaine donna à te le signal de la retraite, et sa troupe, joyeuse et fière du < qu^elle avait fait, s'éloigna plus vite que le pas, comme était venue. »

i< Cette ;^iÉÉtol|^^ bruit en son temps, et la détro des Pon/il<i|W|^ Tune des prouesses qui défrayèrent

conversatiôllPSte bivouacs ^ Il y a ^lieu de s'étoi

qu'un militaire d'autant de ressource que Tétait Rodr n'ait pas répondu sur-le-champ à la manœuvre de adversaire par une manœuvre semblable. Faire descende cheval des hommes d'armes n'était pas une chose si ex ordinaire. Lui-même Pavait fait à Lagny avec promptit et succès. C'était une habitude des Anglais. Dans les batail les plus vaillants de leur chevalerie, mettant pied à te venaient se ranger parmi les archers pour leur donner c rage ^. Il est vrai que le comte de Ribadeo n'avait pas p le moment ses archers sous la main; probablement ai

1. Ignoré de Pellizer. Ce frère de Rodrigue ne nous est connu que le témoignage de Guillaume Tringant {Note de Quicherat).

2. Ainsi que le remarque Quicherat, le but du récit du Jouvencel de montrer l'inutilité de la cavalerie dans un terrain di£Qcile. Ceci vrai, surtout de la lourde gendarmerie du xy* siècle. De là l'habil des archers de planter en terre les pieux aiguisés qu'ils portaient qui suffisaient à arrêter l'élan des chevaux. A propos de la détroi du capitaine étranger (Rodrigue), le Jouvencel (3* part., ch. m) l'exemple de la cavalerie de Louis XI à la bataille de Montlhéry, ( ayant devant elle un large fossé, ne put charger et reçut beaucoup traits.

3. c Entre les Bourguignons, lors c'estoient les plus honnorez que c( a qui descendoient avec les archiers, et lousjours s'y en mettoit

c quantité de gens de bien, affin que le peuple en fust plus asseuin c combattist mieulx ; et tenoient cela des Anglois. > Mémoires de Phili de Ck)mmines, 1. ï, ch. m {Noie de Quicherat),

qu'ayant affleiire à de la jeunesse française, il ne s'était poial attendu à autre chose qu'à une bravade sans oonséquenoa. »

n est certain que les dispositions de Rodrigue étaient en ooê^ tradiction complète avec le principe de tactique, alors reconnu, et proclamé par le Jauveneel^ que Toffensive appartient à la ca¥a» lerie^ tandis que Pinfanterie doit attendre Tattaque * . Bueil, il est vrai, violait aussi le second de ces préceptes, en attaquant à pied des hommes montés ; mais il le faisait en vue d'une situation exceptionnelle.

En cette occurrence, le caractère et la conduite des deux adversaires est digne de remarque. D'une part, un homme d'âge mûr, soldat de fortune, commandant à des mercenaires disdplinés. Certes, Rodrigue connaissait son métier; mais il appar* tenait à l'ancienne école, qui avait appris la tactique par routine plus que par raisonnement. D'autre part, des milices pleines d'ardeur et déjà aguerries. A leur tète, un capitaine de vingt-six ans, qui fera plus tard, dans le Jouvencelj une exposition, remarquablement vivante et lumineuse, de principes tactiques qui commençaient à se transformer à la moderne '• Les mêmes qualités, qui assuraient alors aux Français de l'Ouest leurs premiers succès sur les solides traditions de l'armée anglaise, devaient faire pencher la balance en foveur de Jean de Bueil.

Le vaincu des Ponts-de-Cé, très irrité de sa mésaventure, abandonna l'Anjou pour la Touraine. Au commencement d'oo-

1. Jouv,, 2* part, fin du ch. vm. — C'était un principe capital alors, TU le peu de solidité de l'infanterie du temps. Bien inférieures à la phalange macédonienne, à laquelle elles ressemblaient, les batailles de gens de pied du moyen âge se désunissaient durant la marche, et offraient alors une prise facile à l'ennemi. L'art suprême consistait donc à se faire attaquer par l'infanterie ennemie. La défensive, avec de bons archers, contre une mauvaise infanterie et une cavalerie lourde et imprudente, tel fut le secret des victoires anglaises. A la fin du siècle, l'apparition de l'infanterie suisse, qui, ayant peu de cavalerie, était bien forcée de prendre l'offensive, devait bouleverser ces notions.

2. A un point de vue différent, Rodrigue représentait, au contraire, l'institution moderne de la force permanente, tandis que Bueil commandait à des milices féodales.

1432] IWTRODUCTION BIOGRAPHIQUE.

tobre, il se trouvait à la Haye sur la Creuset Bueil le suivi sud de la Loire et courut s^eiifermer dans la place de Mlreb qu'il détenait alors ^. « Aucuns, dit Tringant, ne furent <c contents de la destrousse dUdict Rodrigue,... estant en ; c torité autour du Roy ^. » Ces grands personnages envoyé donc, devant Mirebeau, des forces considérables, comman par Lyonnet et Poncet de Rivière *, qui ravagèrent le pay emmenèrent avec eux tout le bétail des environs. Les Ângev qui avaient trois fois moins de monde, ne purent Tempêc mais le lendemain ils prirent leur revanche. Les ravisseur retiraient vers la Haye, pour y joindre Rodrigue. Après longue étape, ils s'étaient arrêtés à la Bussière^, fatigué embarrassés de leur butin. Bueil, les ayant atteints au poin jour et au nftdment du réveil, les mit en déroute^ reprit bien et leulr ^eva tous leurs étendards.

Cependant Rodrigue, en train de panser ses blessures i Haye, cherchait à se récupérer de ses pertes. Il criait à Tinj tice, se présentait comme une innocente victime, et prêtent que les Tourangeaux lui devaient une compensation de détrousse subie en^Anjou. La cour était alors à Amboi Charles d'Anjou i?^ trouvait aussi, et maigre le désir qi pouvait en avoir," il évitait de s'éloigner, de peur de pen l'oreille du^oi. Il manda aussitôt auprès de lui le sire de Tu bailli de Touraine, pour conférer sur cette affaire, qui meti en jeu toutes les influences rivales. Ë#attendant, Rodri$ continuait ses réclamations. 11 prétendait, entre autres, que cité de Tours devait lui fournir un coursier, pour remplai

1. La Haye-Descartes, ch.-l. de cant., Indre-et-Loire, arr. de Lochei

2. Y. plus bas, ch. ix, l'affaire de Château -Fromont et de Mirebeau

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