‹ Le Jouvencel (volume 4)Chapitre 84 sur 324 · Schilter, p. 1003 et s. — Tuetey, I · texte numérisé non relu

Schilter, p. 1003 et s. — Tuetey, I

2. Après une tentative inutile sur Rhinau, les Dauphinois s^emparèrent de Rorheim, de Niedernai, de Wangen, de Westhofen. Au commencement d'oct, le Dauphin était à Châtenois (Kestenholz), près Schelestadt.

3. Dambach, au pied des Vosges, entre Schelestadt et Barr. — On fit brèche en trois jours avec du gros calibre. La ville ayant capitulé^ le prince rentra à Châtenois (il y était le 11 oct.), pour se faire soigner. On peut voir, dans la I)ev,xième relation du Commandeur d'Jssenheim (Tuetey, II, n* 118), l'inquiétude qu'inspirait au roi Charles VII cette blessure cependant sans gravité.

4. Nous avons vu qu'il y était de retour le 28 oct., ainsi que Bueil. De même, le 23 nov.

5. C'est à ce moment que les Bourguignons refusèrent de le recevoir à Granges et à Lure.

6. Schilter, p. 1006. — Deuxième relation du Commandeur, l. c. — Tringant (XXXIII) estime à quinze le nombre des places rendues

cuij INnODUCnON MOGRàPHIQUE. [1445

Ution, Jean de Bueil n'est pas nommé, preuve évidente qu'il rentra avec son maître à Nâney ^

Pea après, un traité, signé à Trêves, le 43 février 4445, intervenait entre les conseillers du Roi et ceux de FEmpereor, stipulant, pour le 20 mars, Tévacuation de la malheureuse Alsace, que les Écorcheurs avaient pillée et brûlée, sans miséricorde, pendant tout Thiver*. Le retour de Tannée en

par le Dauphin, lorsqu'il évacua TAlftace. Ce passage confirme l'exactitude des témoignages de Schilter et du Commandeur, en ce qui concerne la répartition des troupes. D'après ce dernier, ces forces (non compris ]ilasieurs divisions, dont l'effectif n'est pas indiqué) se montaient à an minimum de 26,500 hommes. — D'après Schilter, on comptait 33,300 cbevanx.

1. Tringant, XXXIII. — Nous trouvons le nom de Bueil mentiomié dam les Voyages payés par la Chambre des comptes de Bourgogne, daraat l'occupation de Montbéliard par les Écorcheurs {Extrait d'un compte de Jean de Viien, Toetey, II, pièce XYII, p. 79). c A Jehanin Viart, chec vaucheur, le 11 ... mars ... 20 sols t. pour ... avoir été de Dijon, à «... Grey . . . porter lettres ... du conseil du duc à Mous' son mare- « chai, . . . touchans certaines paroles , rapportées par Salins le heraidt, « dictes par le sire de Bueil à l'encontre de mondit seigneur le mares- (t chai et pour l'advertir d'icelles et aussi du contenu des lettres de monc dit seigneur le duc, etc. » — II ne faut pas confondre ce premier voyage de Salins avec celui qu'il entreprit peu après (payement du 18 mars. — V. Tnetey, l. c.) en Alsace, pour le compte du maréchal, et dans lequel il avait pour mission de porter aux chefs des Écorcheurs, avant leur départ d'Alsace, le vidimns des lettres du Roi et du Dauphin qui leur interdisaient le passage en Bourgogne, lettres dont ils ne tinrent anciui compte, dn reste. Dans la correspondance échangée à ce propos, eatre les autorités de la Bourgogne (Dom Plancher, Hist. de Bourgogne, IV, Preuves, n** 141 et 142. Lettre du Maréchal. Rougemont, 9 avril), Bueil n'est pas nommé parmi ces chefs. Il était sans doute à Nancy, où Salins avait été envoyé, lors de son premier voyage (probablement en février). Quant aux paroles de Jean V, auxquelles il est fait allusion, elles contenaient sûrement une critique ou une menace à l'adresse du maréchal de Bourgogne (D. Plancher, 2. c), dont la conduite était alors vivement incriminée par le Dauphin et son entourage. En effet, Thibaut de NeuchAtel, qui avait pris au sérieux la mission, à lui confiée, de défendre la Bourgogne contre le passage des Écorcheurs, leur avait fermé la vallée du Doubs, en aval de Montbéliard, et les suivait^ en leur faisant autant de mal que possible. Les lettres du Roi et du Dauphin Vj autorisaient au besoin et il agissait suivant les ordres du duc de Bourgogne. Ceci n'empêchait pas Louis de se plaindre du tort fait à ses gens. Le maréchal en prend texte pour accuser le Roi et son fils d'avoir révoqué secrètement, par lettres adressées aux Écorcheurs, l'ordre, qui leur avait été donné publiquement, d'avoir à respecter la Bourgogne- Si cette accusation paraît peu fondée, en ce qui concerne le Roi, on n'en saurait dire autant du Dauphin.

2. Tnetey, I, 325. — Escouchy, I, ch. rv, note. — Pour les horreurs

1445J INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. tvd^

France s'effectua en plusieurs colonnes. Une des principales, composée des garnisons du Nord, traversa, en Alsace, le défilé du Yal-de-Lièvre (48 mars), près de Sainte-Croix-^ux-Mines. Les Écorcheurs y subirent, de la part des habitants postés en embuscade, une défaite sanglante, juste punition de leurs meurtres et de leurs rapines. Une autre colonne, plus heureuse^ évacuant le sud de F Alsace (29 mars), se dirigea sur Montbtiiard et traversa la Franche-Gomté et la Bourgogne * . Montbéliard n'était plus alors sous le commandement de Louis de Bueil : car Escouchy nous apprend que le Dauphin, à son départ, y laissa Joachim Rouhault, avec cinq cents hommes^. L'on sait que le séjour du Roi à Nancy dura jusqu'à la un d'avril 1445. Après avoir réglé l'évacuation de l'Alsace et avoir traité avec Metz ^, Charles YII partit pour Ghâlons, avec le Dauphin et la

et excès sans nombre commis par les Écorcheurs, pendant toute la durée de cette expédition, y., passiro, le remarquable travail de M. Tuetey.

1. Tuetey. — D'après la correspondance des autorités bourguignonnes (Dom Plancher, IV, Preuves, n" 141 et 142), ils étaient, vers le commencement d'avril, en Franche-Comté, au nombre de 7,000 chevaux, entre Vesoul et Langres, vers Jussey, Jonvelle, Port- sur- Saône et Bourbonne. Ils occupèrent ensuite, plus à TO., Percey (Haute-Marne), Lusey (?), Ifontsaugeon (Haute-Saône) et vinrent, dans la nuit du 10 au 11 avril, courir autour de Dijon.

2. Escouchy, I, ch. iv. — • Détachement vraisemblablement tiré d'Âltkirch. — - Selon toute apparence, Louis de Bueil formait, avec la garnison de Montbéliard, l'escorte du Dauphin (2,000 chevaux). — La situation de Montbéliard fut réglée en juillet, à Châlons, par le Roi et la duchesse de Bourgogne. La place devait être remise, fin juillet, au comte de Saint-Pol, qui devait la tenir jusqu'en septembre et ne la rendre au comte de Wurtemberg que contre remise des scellés du Dauphin (Escouchy, I, p. 49, note). C'est le 18 sept. 1445 seulement que l'artillerie du Dauphin quitta Montbéliard. Elle arriva Je 25 à Auxonne. Le trajet de Dijon à Troyes dura du 15 au 23 nov. — Tuetey, II, 113 et s. et 231 et s.

3. Escouchy, I, ch. ra et rv. — Vallet de Vir., III, 31 et 40. — Pendant l'expédition du Dauphin, le Roi avait tenté de soumettre les trois évéchés, Metz, Toul et Verdun, qui, ainsi que Bâle, se considéraient comme villes libres impériales. L'armée, composée de 30,000 hommes, sous le commandement de Brézé, ne réussit qu 'en partie et Metz ne put être pris. Les évéchés et d'autres villes, parmi lesquelles Epinal, se soumirent cependant, tout en conservant leurs privilèges (Traité du 28 février 1445). A ce propos, on reprocha à Brézé et aux autres conseillers de s'être laissé corrompre par les Gros éPor des Messins, frappés tout exprès. Il est curieux de comparer le langage tenu à ces derniers.

aaiY INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. [1445

cour * . La duchesse de Bourgogne nnt de Bruxelles l'y trouver, pour régler les nombreux griefs qui, depuis le traité d'Arras, refroidissaient les relations de son époux avec le Roi '. Pendant ces négociations, les joutes et les réjouissances, déjà commencées à Nancy, reprirent leur cours '.

Les historiens se sont demandé si, dans la pensée de Charles VU et de son fils, la double expédition de 1444 devait conduire à une extension des frontières françaises vers le Rhin^. Ce débat semble reposer, en grande partie, sur un malentendu provenant du vague de l'expression Frontières du Rhifij employée par Jlneas Sylvius '. En effet, la relation déjà citée, dans laquelle le commandeur d'Issenheim raconte Tentrevue du Dauphin et des ambassadeurs impériaux (2 sept.)^ au lendemain de la bataille de Saint-Jacques, nous montre que Louis ne prenait pas toujours la peine de dissimuler ses projets de conquête*. Ce dernier récit, très digne de foi , est en complète concordance avec le témoignage d'iEneas Sylvius, alors secrétaire de Pem* pereur Frédéric III ^

par les gens du Roi, avec le langage tout semblable, tenu aox RâloiSy par les gens du Daupbin (V. p. suiv., note 1).

t. Le 7 mai, d'après M. de Beaucourt (Escouchy, 1, 42), il était à Gommercy et, le 3 juin à Sarry-lès-Châlons, où il demeura jusqu'au mois d'août.

2. Après l'accord avec la France (6 juillet), on régla définitivement l'affaire de la rançon du roi René. — Escouchy, I, ch. y. — Le transport de l'artillerie du Daupbin, de Montbéliard à Troyes, par Âuxonne et Dijon, fit aussi l'objet d'une convention, la Bourgogne se chargeant de l'opération (V. p. précéd., en note).

3. Â Nancy, le Roi avait jouté contre Brézé. — Escouchy (I, p. 50) nomme, parmi les plus brillants cavaliers, Louis de Bneil, c ung gentii escuier de l'ostel du Roy. »

4. A priori, il semble assez naturel que le Roi, appelé à l'étranger, cherchât quelque compensation à ce que lui coûtait cette campagne, ne fût-ce que pour fermer la bouche à ses détracteurs. Parmi ces derniers, le Bourgeois de Paris (éd. Tuetey, p. 374), dans cet esprit d'opposition intraitable qui le caractérise, reproche à Charles d'avoir laissé son royaume, pour s'en aller avec le Dauphin, au dehors, gaspiller son argent et ses hommes.

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