‹ Le Jouvencel (volume 4)Chapitre 86 sur 324 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Sommaire. — Réforme de l'armée (1445). — Influence croissante de Brézé et disgrâce de Bueil. — Les mécontents. Bueil prend part aux menées du Dauphin. — Préliminaires de la conspiration (1445). — Ses débuts (avril-sept. 1446). — Dammartin abandonne le Dauphin. Sa déposition (sept.). — Avortement définitif de la conspiration (oct.). — Départ du Dauphin pour l'exil. — Bueil rentre en grâce auprès du Roi (fin de 1446) et rompt avec le Dauphin. — Procès pour la succession de Béraud- Dauphin. — Conclusion et épilogue ; affaire Mariette ; disgrâce et nouvelle faveur de Brézé (1447-1449).

Nous venons de voir que le Dauphin avait été fort mécontent de la réception faite à ses troupes, lors de leur retour d'Allemagne à travers la Bourgogne ^ Si, toujours en quête d'ambitieux projets, il avait compté se faire une clientèle parmi les Écorcheurs, il dut être singulièrement déçu. En effet, les excès de la campagne de 4444 avaient décidé le Roi à introduire une réforme radicale dans Tarmée, réforme dès longtemps réclamée et tentée en vain sous une forme partielle ^. Cette mesure, applicable à la seule cavalerie^, fut discutée et adoptée, à Ghâlons, dans une série de délibérations du conseil, auxquelles Louis prit part en personne^. Sous la direction du connétable, les troupes

1. Pour les dommages faits par les troupes du Dauphin, y. Tuetey, les Écorcheurs sous Charles Vil, et Escouchy, III, 105 et s.

2. Y. plus haut, p. Ixxxj, à la Pragmatique du 2 nov. 1439, et p. Ixxxvij, note. On peut encore citer, pour le rétablissement de la discipline, l'ordonnance du 22 déc. 1438. — RecueU des Ordonnances, XIII, 297.

3. La réforme de l'infanterie, comprenant l'institution de la milice des francs-archers, plusieurs fois réorganisée depuis, ne date que de l'ordonnance du 28 août 1448. Chaque paroisse était tenue de fournir et d'équiper un de ces archers qui recevait quatre francs par mois et était dispensé du payement des impôts.

4. Bueil, malgré sa compétence, n'est pas nommé parmi ceux qui furent consultés. — Pour cette réforme, y. Gruel, Mém. de Richemont, p. 380. — Escouchy, I, ch. vi. — Thomas Basin, 1. IV, ch. m et s. — Aucun de ces auteurs ne donne le nom des quinze capitaines. — V. aussi deux

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ftireni passées en revue, à mesure qu'elles rentraient en France, et les compagnies réduites et purgées de tous leurs mauvais éléments. Le Roi conserva, pour le service permanent qu'il instituait, quinze compagnies de cent lances*, à garnisons fixes, dont le commandement Ait confié aux capitaines les plus fidèles, mandés successivement à dhâlons*.

Dans cette nouvelle répartition de la force armée', Bueil obtint-il une compagnie? Si, d'une part, ses talents militaires, les services* rendus et son zèle pour le maintien de Tordre lui donnaient droit à cette distinction, d'autre part^ il était, déjà alors , trop ami du Dauphin pour être celui du ministre Brézé. U jouissait, il est vrai, d'un de ces grands commandements, dès 4 449 ou 4 450 * \ mais nous avons tout lieu de croire qu'au retour de l'Alsace, il avait été laissé sans emploi

pièces communiquées par M. Lecestre, P, Jtui,, au 14 mai 1451, et ms. fir. 25712, p. 259. — Bibl. de VÉc. des chartes, 2* s., m, 125 et s.

— Vallel de Vir., Il, 401, et III, 56.

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