CHAPITRE II
Précieux effets du jubilé
4. Le jubilé est d’abord la plus grande et la plus solennelle des indulgences plénières. Notre Saint:Père le Pape, à la suite d’autres papes, l’appelle indulgence ‘‘ très plénière de tous les péchés ”’. C’est donc une amnistie divine
(2) On trouvera une connaissance élémentaire des indulgences dans les Notions partiques sur les indulgences et Calendrier perpétuel d’indulgences plénières, en vente chez les libraires de Montréal (25 sous, 27 sous par la poste), au profit des religieuses du Bon-Pasteur,
complète, un pardon entier de tous les châtiments dus à la justice de Dieu.
Oh! quelle grâce immense quand on la comprend bien. Souvenons-nous que l'Eglise, dans les premiers siècles du christianisme, imposait, pour un seul péché mortel, des mois et des années de pénitences publiques, de jeûnes au pain et à l’eau. Et encore ces pénitences sont peu de chose en comparaison des grandes souffrances qui sont réservées, dans le purgatoire, à ceux qui ne les auraient pas accomplies fidèlement. Eh bien, ces terribles dettes que nous avons contractées par des péchés sans cesse renouvelés, peuvent être facilement acquittées par l’indulgence du jubiké.
5. Mais pour obtenir cette complète rémission des peines temporelles, il faut nécessairement avoir un grand regret du péché lui-même, le confesser avec sincérité, être bien décidé à en éviter avec plus de courage toute occasion prochaine, ce qui exige un amour réel du bon Dieu. Or, c’est au jubilé qu’il faut attribuer ce précieux résultat. Il devient ainsi le grand pardon de Dieu
sé:
offert à tous les pécheurs et pour tous les péchés. C’est pour cela que le pape accorde en ce temps des ponvairs axtraordinaires (chapitre V) aux confesseurs pour pardonner les péchés les plus énormes et dont le pardon est réservé, en temps ordinaire, soit à luimême, soit aux évêques.
6. Enfin tous les actes de vertu qu’on produit pour recevoir avec plus de ferveur les sacrements de pénitence et d’eucharistie, pour assister à des instruetions destinées à produire dans les
âmes de fortes convictions (5), les réso-
(3) Ces convictions doivent se ‘rapporter surtout aux points suivants
10 Qu'il n’y a en ce monde, qu’un mal, à proprement parler. Ce n'est ni la pauvreté, ni la ualadie, mais le péché, parce qu'il nous fait tomber dans la disgrâce de Dieu.
20 Qu'il n’y a qu'un bien, À proprement parler, digne de ce nom, et qui mérite toute notre estime. Ce ne sont ni les richesses, ni les faveurs du monde, mais la grâce de Dieu, parce que sans elle tout le reste n’est rien. ’
30 Qu'après que Dieu nous a pardonné nos fautes, il nous reste À en Jaire pénitence, une pénitence porportionnée À ces fautes, et que, si nous pb'°n faisons pas la pénitence en cette vie, 41
lutions énergiques que l’on prend pour mieux servir Dieu (*), ne procurent-ils pas à Dieu une gloire plus grande qui attire sur les fidèles une pluie bienfaisante de grâces et de faveurs divines?
N'est-ce pas vraiment Le temps favorable au salut, comme dit saint Paul (Epitre 2e aux Corinthiens, ch. VI, v. 2) ?
nous faudra la faire dans l’autre, où les peines sent extrêmes.
40 Qu'ayant reçu de son divin Fondateur le pouvoir de remettre, non seulement les péchés, mais encore les peines dues à ces péchés, l'Eglise use de ce pouvoir, quand elle ouvre à ses enfants ses trésors, et qu'elle leur accorde un jubilé ou remise complète des peines dues à leurs péchés, moyennant quelques pénitences légères.
5o Enfin, qu'après que nous avons obtenu cette insigne faveur, nous devons faire tout notre possible pour nous conserver dans la grâce de Dieu, et dès lors que nous devons éviter avec le plus grand soin le péché qui nous la ferait perdre de nouveau. -
Tele sont quelques-uns des précieux enseignements du jubilé; à nous de les méditer et d’en Jaire notre projit.
(4) Ces résolutions peuvent être les suivantes :
1o De remplir avec plus de fidélité nos devoirs religieux, comme sont: la prière quotidienne (de préférence en famille), l'assistance À la sainte messe le dimanche, la fréquentation des sacrements,
7. Comme ce tribut de gloire n’est pas offert par quelques fidèles isolés, mais s'élève de tout l’univers en même temps, il s'ensuit que Dieu répand en retour avec abondance ses plus grandes miséricordes sur les familles, les diocèses, les pays entiers, comme sur les individus. Aussi un évêque distingué de France, disait-il, en semblable circons-
20 D'éviter avec plus de soin les mauvaises paroles, lectures et fréquentations.
30 D’? ir plus de zèle pour nous corriger des mauvais”: abitudes et résister aux mauvaises inclinatiozs,
40 D'être plus en garde contre les faux plaisirs du monde et les occasions de péché, comme l'oisiveté, les théâtres, les voyages de plaisir le dimanche, etc.
5o De montrer plus de courage pour empêcher les divisions, et détourner les autres du jeu, de l'ivrognerie, ou du libertinage..
6o De contribuer davantage aux bonnes oeuvres, comme : la conversion des pécheurs, le soulagement des âmes du purgatoire, l'assistance des pauvres, les oeuvres de charité entreprises . par les communautés, les collectes demandées par l'évêque, etc.
70 De ne pas différer davantage de faire partie dc quelques pieuses associations qui sont à la fois une sauvegarde et un soutien, telles que : les congrégations de la très sainte Vierge, du Saint- Rosaire, du Mont-Carmel,, de la Ligue du Sacré- Coeur, ete,
tence, à ses diocésains qu’ ‘‘ un jubilé ‘° est une assurance contre de nouveaux ‘* désastres, une garantie contre de nou- ‘* velles catastrophes, puisque c’est une ‘* immense satisfaction offerte à cette ‘“ justice suprême qui nous châtie par ‘* des fléaux temporels. ?