Marc, viii
d'âmes qui achèvent d'expier leurs fautes dans l'autre vie et sont consumées de la faim et « de la soif de posséder le Dieu vivant. » ^
Que cette même compatissante charité nous inspire à tous, N. T. C. F., un grand zèle à profiter des grâces dont le Jubilé de Cluny nous ouvrira les sources, pour venir efficacement en aide à ces âmes, rafraîchir les ardeurs qui les brûlent, leur permettre de s'aller désaltérer aux eaux vives de la sainteté de Dieu et de l'éternelle béatitude.
Dans une inscription célèbre, qui figure parmi les plus précieux trésors de l'épigraphie des premiers siècles et dont se glorifie à juste titre notre antique Église d'Autun, le chrétien Pectorius adressait au Sauveur une supplication dans laquelle se trouvent résumés plusieurs des dogmes fondamentaux de notre sainte foi.
Il nous semble qu'elle s'adaptera singulièrement bien à la célébration du centenaire de Cluny. Nous en rappellerons les pensées principales aux pieux pèlerins qui, dociles à notre appel, s'uniront à nous pour procurer le soulagement et la rédemption des âmes encore retenues dans la douloureuse captivité du Purgatoire.
Avec ce fidèle de notre primitive chrétienté d'Autun, nous nous adresserons à Celui que l'Eglise a toujours
1. QuemadmoJum desiderat cervus ad fontes aquarum, ita desiderat anima mea ad te, Deus. Sitivit anima mea ad Deum fortem, vivum, quando veniam et apparebo ante faciem Dei? ^(Ps. xu, 2-3.)
invoqué comme « la lumière des morts ^ » Puis, nous rappelant que le plus eflîcace de tous les moyens de fléchir le Cœur de Dieu, c'est de lui offrir, avec Tauguste sacrifice de nos autels, la communion même du corps et du sang du divin Rédempteur, nous nous mettrons en état de manger dignement le « divin Poisson 2, l'aliment doux comme le miel. » Nous pratiquerons ainsi la plus secourable des œuvres de miséricorde à l'égard des défunts. En même temps, suivant la simple et touchante formule employée par l'auteur de notre inscription, nous nous ménagerons de la part des chers morts que nous aurons contribué à introduire plus vite dans l'éternelle paix, un souvenir de bienfaisante protection et une reconnaissance dont ils nous donneront le témoignage en priant à leur tour pour nous. ^
f Adolphe-Louis-Albert Cardinal PERRAUD,