XVIII BIBLIOGRAPHIE
Le Lévilique lui-même eut ses trente-Sffpt homélies (LevR) vers l'an 800^ après ou avant le grand recueil de ]a Pesiqta (appelée aussi de Rab Kahana) comprenant environ trente-deux homélies pour les jours de fête et certains sabbats. •
Nous n'avons pas à prononcer uu jugement sur la valeur de cette oeuvre considérable. Elle est suprême pour le Judaïsme. Il a exercé durant longtemps toutes ses forces intellectuelles à la mettre au jour, et grâce à elle il a survécu aux plus rudes épreuves. Le reste de rhnmanité n'en à jamais tiré rien qui vaille. A force de travail on y découvrirait de belles leçons de religion et de morale, qu'on trouve ailleurs sans tantde peine^ et sous une forme beaucoup plus agréable. Mais nous ne nous en préoccupons ici que pour sa valeur historique, c'est-à-dire pour les renseignements qu'elle peut fournir.
Et cependant nous n'avons pas encore mentionné le seul document qui ait un contenu historique, toujours sous un aspect législatif, et le plusvénérable par son antiquité. Il s'agit de la Megillath Taanith,éc,vi\.G en araméen, peut-être en partie avant l'an 70, terminée après la mort de Trajan (117 ap. J.-C). Les gloses, en hébreu, sont postérieures au Talmud, et n'ont aucune valeur comme document d'histoire.
Que contient donc le précieux rouleau? L'indication de trente-cinq jours dans lesquels il est interdit de jeûner, et qui par conséquent rappellent le plus souvent des souvenirs heureux pour Israël, et ayec l'indication du mois et du jour, mais jamais de Cannée. Encore est-il que beaucoup de ces annotations sont obscures ou insignifiantes. Dira-t-on que c'est beaucoup d'apprendre ainsi le jour précis d'un événement dont l'histoire lious fait connaître seulement l'année? Nous lisons dans la Megillath au mois d'adar (mars-avril) : « Le 12 est le jour de Trajan. » Sûrement le jour de sa mort. Or Trajan est mort le 8 ou le 9 août. Comment résoudre cette contradiction? Voici la solution de M. J. Derenbourg (1) : u II se peut qu'on ait. réuni dans les trois jours des 12 au IV adar les morts de Trajan, de Nicanor et de Ilaman, ces trois persécuteurs des juifs, ou bien, dans la chronique comme dans la glose, on a placé Trajan pour Quiétus, dont l'exécution peut bien avoir eu Jieu six ou sept mois après la mort de Trajan. » Notez que ces explications ne sont pas invraisemblables. Elles confirment ce que nous pouvions supposer, rindifférence des juifs anciens sur la date vraie d'un fuit précis (2).
S'il en est ainsi de la Megillath Ta'unîth, que penser du Talmud? Le
(1) Ksuii... (voh- litre c()ini)li;t, [). suiv.) j). 4(0.
(2) Lo ciMébro rouleau du jeiiuc, monumvnlum acre peremmts{l}, aurait été composé avant 71 av. J.-C, d'aiirè.s M. Solonioii ZeilliiiH, Megillat Taanit as aaource jor jewlsh clironology and hlstory in tlie helleiHsHc and Homan period (Jcwish (piart. Review, N. S. vol. IX (i9I8), 1), 81-102 ei vol. X (lî)l'.)), p. 4U-73.*