‹ Le judaisme avant Jésus-Christ [microform]Chapitre 145 sur 198 · Ainsi a dit lahvé · texte numérisé non relu

Ainsi a dit lahvé

c< Au temps de mon bon plaisir je t'exauce, au jour du salut je te secours, je t'ai formé ^m)k. être l'alUiGlce, du p^upl.e, ^ (4).,

(1) Omettre Israël avec Duhm, etc., c'est une glosq comme cejlQ du grec sur xm,, 1.,

(2) En conservant i^h.

(3) Ou « les rejetons », ""l^^* (i4); h^ dernière, pajtle du v. * a traU au tJième d'n ret?our de la captivité qui se contïaue

ensuite, enlacé comme toujours avec le thème du serviteur, mais différent en soi.

LE SERVITBOR 1>E UttViL 37 £

Nous regardons le v. 5 comme une explication qui ne saurait être déplacée, puisqu'elle se rapporte bien à la situation, et met en relief la conscience qu'a le Serviteur de sa mission, auprès de son peuple. Le sensgénéral est clair. Le Serviteur, choisi pour être Alliance du peuple, s'est adonné à sa rude tâche de prédicateur parmi les siens. 11 a échoué. Comment, song-erait-il désormais à embrasser un horizon plus, étendu? Mais Dieu maintient sa promesse. Le Serviteur estime que ses. efforts sont vains; l>ieu le rassure. Sa mission était plus haute que de convertir seulement Israël; le salut s'étendra jusqu'aux extrémités du monde, si bien que le Serviteur méprisé par la populace, tyrannisé par les grands, finira par recevoir l'hommage des rois. Mais il faut attendre le Moment choisi par lahvé .

Il est donc parfaitement clair que le peuple d'Israël auquel le Serviteur était envoyé p^ur le convertir et ainsi détouj'ner le ehâitiment, ne lui a témoigné que mépris et'aversion.

L, 4. Le Seigneur lahvé m'a donné la langne des dîscrples,

pour soutenir par la parole ceux qui sont épuisés (1).

De bon malin [J il éveille mon oreille (2),

pour entendre comme font les disciples, o. et moi j'e n'ai pas résisté,

je ne me suis pas détourné.

6, J'ai tendu le dos à ceux qui me frappaient, et les joues à ceux qui me soufSetaient ; je n'ai point dérobé ma face

aux outrages et anx crachats.

7, Et le Seigneur lahvé me secourt, aussi ne serai-je point confondu .

J'ai fait de ma face un eaillou poli,

et je sais que je n'aurai point à rougir.

8, Il est proche celui qui prononcera mon innocence.

Qui me cherche querelle (3)? Qu'on nous mette en présence ! Qui m'intente un procès criminel?' Qu'il s'approche de moi! 9*. Voici que mon Seigneur lahvé prend ma défense. Qui me convaiHcra d'être coupable (4)?

La situation du Serviteur est devenue plus critique. Ses efforts étaient vains; il se consumait sans résultat. Maintenant ceux qu'ail voulait convertir se redressent contre lui et l'accablent d'outrages. Quoiqu'il leur dise

(1) Conjectures variées : nous effaçons TOlS (rais en marge pour remplacer l'inconuti niïS, auquel Aquila et Jérôme ont donné un sens probablement traditionnel» et qui a pénétré en doublet dans le texte).

(2), Le texte paraît décidément surchargé.

(3) S'il à propos d'une discussion religieuse, Itid,^ vr, 31.

(4), tai fin du verset n'est plus du môme thème, carie Serviteur s'est pas eBCore quitte de ses adversaires.

seulement ce que Dieu lui a inspiré chaque matin, on répond à ses instructions par des soufflets; on le conspue. Lui cependant ne donne aucun signe de maladie : s'achapneràit-on contre un malade, et peut-on seulement supposer qu'un lépreux serait admis en public à donner des leçons? Il demande courag'eusement à être confronté avec ses adversaires qui le traînent en justice, où il se confiera dans le secours de Dieu.

Les traits sont individuels, aussi nettement que possible. Ceux qui accusent le Serviteur sont ceux qu'il voulait réformer, les mêmes que précédemment, puisqu'aucune indication nouvelle n'est donnée, donc ses compatriotes les Israélites. Des païens se seraient débarrassés de lui sans forme de procès. .

D'ailleurs, comme ils étaient au début dans un horizon lointain, les gentils n'apprendront qu'après un certain temps ce qui s'est passé. Ce passage marque le contraste entre l'impression des acteurs du drame et celle des rois des nations :

Lir, 13. Voici que mon Serviteur prospérera,

il s'élèvera, sera porté et exalté très haut. 14. Tandis que beaucoup T'ont (1) vu avec stupeur,

car (2) son apparence défaite (3) n'était plus celle d'un homme,

ses traits n'avaient plus rien d'humain,

désormais 'il fera Tadmiration' (4) de nations nombreuses,

des rois fermeront la bouche devant lui.

Lia, 1. car ils ont constaté ce qu'on ne leur avait pas raconté, ils ont compris ce dont ils n'avaient pas entendu parler.

Celui qui parle est lahvé, dont le regard pénètre aux extrémités du monde et sonde l'avenir. Le parallélisme est parfait entre les deux situations opposées : d'un côté une stupeur dédaigneuse à la vue de l'état misérable du Serviteur, situation déjà passée, par rapport à ce qu'apprendra l'avenir dans les régions éloignées. De cet autre côté, chez les nations (5) et les rois, c'est une stupeur d'admiration lorsqu'on s'aperçoit, c'est-à-dire lorsqu'on acquiert une connaissance certaine des faits d'abord ignorés, et de leurs admirables conséquences. Quels sont donc ces faits, comment ont-ils donné lieu à un grand scandale?

jjif, 1. Qui eût cru à ce que nous avions à faire entendre? Qui eût vu clair dans l'action de lahvé (6) ?

(1) IlSy avee Syr. et Targ.

(2) Lire ''3 au lieu de ]3 du v. suivant qui a tiré l'œil du copiste.

(3) Probablement rin'ffifD, part, hophal.

(4) On convient que mi ne peut avoir le sens d'asperger. Nous lisons d'après 6au(j,dicrovToi des LXX, quel que soit le verbe qu'il faille restituer.

(5) En supprimant « les nations », Gressmann méconnaît la distribution en deux cadres.

(6) Littér. A qui le bras de labvé eût-il été révélé?

LE SERVITEUR DE lAHVÉ. 373

2. Il s'est élevé comme un rejeton devant lui, et comme une racine (sort) d'une terre desséchée.

Il n'avait ni beauté ni éclat pour attirer nos regards, ni un extérieur qui fit naître l'affection.

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