X. Résumé du cycle de la tradition
Mais avant de passer à l'étude des monuments de la tradition, il convient de résumer en quelques mots le cycle que nous venons de parcourir. Nous avons vu Ezra opérer la reconstitution religieuse. La doctrine d'abord, le culte ensuite, tel est le dernier mot du grand Synode. Nous avons vu, en outre, que ce développement d'instruction et d'enseignement à son instrument dans l'interprétation traditionnelle; en d'autres termes, la liberté d'interprétation réglée et limitée par la raison collective des organes de la tradition. Nous avons pu nous convaincre et de la solidité du principe et de la bonté de l'instrument par la terrible et double épreuve qu'ils eurent à subir, épreuve extérieure de la guerre avec toutes ses horreurs, épreuve intérieure de l'hérésie zaducéenne et des luttes dogmatiques. Nous avons vu la religion sortir triomphante de ces combats gigantesques, et désormais, pleine de confiance dans sa force et dans sa stabilité, assister avec douleur sans doute, mais calme, résignée, presque impassible, au spectacle de la catastrophe nationale, à la ruine de son temple, de son sacerdoce, de ses pontifes, de son culte officiel, de toute cette façade extérieure construite et ornée par la piété humaine. Nous l'avons vue enfin, au milieu de cet écroulement général, préparer les matériaux qui doivent servir, en pleine dispersion, à l'édification d'un sanctuaire nouveau, indestructible, parce que ces matériaux sont : — la parole de Dieu, l'esprit de la révélation prophétique, l'élude constante de la loi.
Ce qu'il importe encore de constater avant d'en finir avec le cycle de la Tradition, c'est le lien, visible pour les moins clair-
voyants, qui l'unit au cycle biblique. Oui, l'unité subsiste entre ces deux grandes périodes : elle est réelle, elle est palpable, le second cycle n'étant, en définitive, pas autre chose que la Bible expliquée, commentée, interprétée par l'exégèse de la tradition.