‹ Le Juif errant d'aujourd'huiChapitre 18 sur 76 · I.ES KMKMIA.NTS JL'II'S · texte numérisé non relu

I.ES KMKMIA.NTS JL'II'S

Tahlkac xi L'immigration jitii'e an.r Etals-Unis, suivant le sexe des migrateurs

Années

Noinli

re des immigrants

p. 100 immigrants

Total

Moulines

Femmes

Hommes

Femmes

a) Les chiffres de ce tableau nous uiontrent d'abord que, d'une façon gtïnérale, dans l'émigration juive, comme dans celle des autres peuples, aux années de hausse du mouvement migratoire, cest le nombre des ('migrants des deux sexes qui augmente et, aux années de baisse, c'est ce même nombre qui dimimte pour les emigrants des deux sexes.

Ce phénomène n'a certainement rien de surprenant. xMais dans l'émigration des peuples contemporains, on peut constater aussi que le pourcentage des hommes parmi les emigrants, monte et descend on même temps que le nombre des emigrants, tandis que le pourcentage des femmes (et, en général, des éléments moins aptes au travail) monte dans les années de baisse du mouvement migratoire et baisse dans les années de hausse (1). Dans

(1) Voir la constatation de ce fait général dans mon travalL

LE SEXE DES EMIGUA.NTS JLIhS

ses li'ails ^CDéraux, le même phénomèae est présenté par l'émigration juive, ainsi que nous le montre notre tableau. Pourtant, c'est exactement le contraire de celte règle générale qui a lieu dans l'émigration Israélite de 1906, date qui marque l'apogée de cette émigration. En efîet^ le nombre des émigrants juifs atteint alors son iiiaximum absolu, tandis que le pourcentage des hommes parmi les émigrants descend au ininimum de la période tigurant sur le tableau (o2 0/0) et que le pourcentage des femmes atteint un chillre supérieur à ceux de toutes les autres années (48 0/0). Un tel renversement de la règle générale nous paraîtra cependant tout naturel si nous nous rappelons que nous avons allaire à une année tout à fait exceptionnelle : c'était l'époque des pogromes d'octobre, et l'émigranl juif, en ces heures sombres (comme celui qui avait déjà antérieurement immigré en Amérique), craignait de laisser sa femme et ses enfants, sa mère et ses sœurs exposés aux risques de mort et de déshonneur qu'ils couraient au milieu de ces épouvantes. En l!)0(i, le nombre des femmes juives immigrées aux Etats-Unis augmente brusquement de 2r>.000 par rapport au chiffre de l'année précédente et parvient ainsi à son maximum absolu, soit près de 7i.OOO. — Le nombre des Inimmes immigrés des b^tats-Unis avait atteint son maximum Tannée précédente (UI05) et, en U.MIO, il llécbil même un peu (de 2.0(10). La hausse de l'émigralion juivcMMi l'.IOlicst donc duc cxclusivriiimt à la liausse subite cl ('"uormr de i'/'iiiii^ialioM des femmes qui se sauvaient de lUissie devant le-, pogromes.

bj On peut remarqui;r ensuite que, tout en v.irianl dans des sens dillerenls, l<i i>art ri'lalivc prise à Ceuii-

l.'imiitii/ration frmhiiiie nii.r Et(t(^-('iiis, (iiMii'-vo, l'Jl'i ^Kxtrait du Ihdlcliii ili' riiisliliit S,ilitinitl Ccnciois, lotne XII), pp. '.t-l2.

70 LES K.MhJUAMS JUITS

(jrulioii juive par l'rléi/wuC friniitiu (jarile fiuitrlant une certaine tendance générale vers la hausae (et (juc la proportion des hommes tend, par suite, vers la baisse . Pour s'en convaincre, il faut comparer les cinq dernières années de notre tableau avec les 7 premières. On voit que le pourcentage féminin le plus bas qu'on puisse relever au cours de ces 5 dernières années (4;) en 1910) reste <Micore supérieui- au plus haut pourcentage constaté pendant les 7 premières années (ii en 11)01) et que, par contre, le pourcentage masculin le plus bas qu'on puisse noter durant les 7 années de 1809 à 1903 (56 en 1901) est encore supérieur au plus élevé de la période 1906-19 10 (55 en 1910).

c) Etant donné, d'une part, le très fort pourcentage que les femmes constituent dans le mouvement migratoire jui' et, d'autre part, les énormes dimensions de ce mouvement, le nombre des femmes qui émigrent doit donc être, chez les Juifs, tout particulièrement élevé. Si l'on sépare les Italiens du Sud de ceux du Nord (comme le font les statistiques de l'immigration aux Etats-Unis), on arrive à la conclusion que, durant les 12 dernières années^ aucun peuple du monde n'aenvogé aux Etals-Unis autant de femmes que le peuple juif (1). Sur un peu moins de 3 millions (2.914.305) des femmes immigrées dans la grande république transatlantique pendant la période 1899-1910, il y avait près d'un demi-million de Juives. En d'autres termes, sur 0 immigrantes aux Etats- Unis, on peut compter une juive.

(1) Voir les données détaillées à ce sujet, ibidem, tableau II et diagramme B, p. 16 et 22-23.

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