ENSEMBLE
RACHEL. Mon fils! I NOÉMA. Mon bien-aimé!
ISAAC, revenant à lui. Qui êtes-vous ? que me voulez-vous ? ( Reconnaissant Rachel. ) Ali ! ma mère... ( Il l’embrasse. ) Ma , mère! {De même à Npéma.) Et toi , ma compagne chérie, ma femme , ma Noéma! Eloignez-vous, laissez-moi.t. séparez-vous du maudit.
RACHEL. Que dis-tu ?
NOÉMA. Toi, maudit! et par qui? pourquoi?
ISAAC , pleurant et avec désespoir. Laissez-moi , laissez-moi , vous dis-je, l'anathème est prononcé... il faut qu’il s’accomplisse. (.Ve levant.) Il faut que je marche... que je parcoure le monde , traînant sur mes pas la désolation, la misère et kf mort.
NOÉMA. Ton esprit s’égare.
RACHEL. Tes sens 'sont troublés. {Le pressant dans ses bras.) Isa^c , mon (ils , reviens à toi.
>OKMA , l’finliratsanl aussi. Que s’est-il donc passe? qu’as-ln vu dans le court esjMice de teius où nous t’avons laisse seul?
ISAAC. Ne m’interrogez pas. {^ll prend un hàlon,') Adieu.
itACUEL. Tu parles donc sérieusement?
NOÉMA. Je ne puis croire â cela.
RACIIEL. Si tu pars, nous te suivrons. Tu es mon fils , mon unique enfant, je n’ai que toi pour soutenir nies vieux jours.
NOÉMA. La femme doit tout laisser pour suivre son mari ; je ne te quitterai pas. Quoi! tu nous abandonnerais, tu te séparerais de nous, de ton enfant, de ta petite Ëstlier, que tu aimes et dont tu n’as pas vu le premier sourire ?
ISAAC. £mbrassez-moi. Vous ne savez pas quelle destinée s’ouvre jxnir moi, à quels suppbees je s^iis rései^vé. Vous, ma fille, tout ce que j’ai de cher au monde... ( Pleurant atiec rage, ) 11 faut que je vous fuie... ma présence doime la mort... Adieu, adieu...