‹ Le juré; monodrame en cinq actes. FrontChapitre 15 sur 90 · XVIII LE FANTASTIQUE REEL · texte numérisé non relu

XVIII LE FANTASTIQUE REEL

accoutume!^ il faut presque se dire : Rien n'est normal; tout le paraît, mais rien ne l'est; les rapports de causalité ne sont qu'apparents; au fond, rien n'est moins justifié que la succession des événements ; ce qui ar^rive, c'est ce à quoi on ne pense pas ; tout arrive autrement qu'on ne le pensait, sinon complètement, au moins dans les détails.

Pourquoi ? C'est ce pourquoi qui est bi:(arre et en mettant en relief cet universel phénomène, on aboutit à l'effrayant.

Je pense à quelqu'un. Il survient. Pourquoi? — Je vois quelqu'un. Je l'aime invinciblement. Pouî^quoi? — Des malheu?'S, des bonheui^s se suivent, en sétie. « Ils semblent s'appeler les uns les auti^es. » Pourquoi? — Réalité. Mais idéalité bi:(an^e. Et quand elle se répète, réalité effi^ayante.

Du fantastique , donc. Mais non visible pour le premier venu. Ou s'il le voit explicable d'après lui, par des inductions, des rappi'ochements, des ingéniosités. Soit. Pour un autre, inexplicable! et s'il a l'esprit apte à désagréger les 7-elations fictives, matière à fantastique .

Mieux que cela. Des phénomènes évoluant, eux-mêmes étranges et terrifiants, mystérieux

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